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		<title>Olivier Bellin, un grand chef breton</title>
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		<pubDate>Tue, 02 Mar 2010 10:00:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>yann</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Malgré ses deux étoiles au guide Michelin 2010 et les quatre toques octroyées par Gault &#38; Millau, Olivier Bellin n’a rien oublié des étapes délicates qui ont jalonné son parcours, ni de ses ancrages familiaux, au pied du menez Hom, face à la baie de Douarnenez. (Par Gérard Alle) D’après Marie-Noëlle, sa mère, le garçon n’aimait pas ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.armen.net/wp-content/uploads/2009/08/Auberge_Glazicks_Olivier_Bellin_25_1-28.jpg"><br />
</a>Malgré ses deux étoiles au guide Michelin 2010 et les quatre toques octroyées par Gault &amp; Millau, Olivier Bellin n’a rien oublié des étapes délicates qui ont jalonné son parcours, ni de ses ancrages familiaux, au pied du menez Hom, face à la baie de Douarnenez.</strong> (Par Gérard Alle)<strong><br />
</strong></div>
<p style="text-align: justify;"><object style="width: 420px; height: 263px;" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="100" height="100" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowfullscreen" value="true" /><param name="menu" value="false" /><param name="src" value="http://static.issuu.com/webembed/viewers/style1/v1/IssuuViewer.swf?mode=embed&amp;layout=http%3A%2F%2Fskin.issuu.com%2Fv%2Fdark%2Flayout.xml&amp;showFlipBtn=true&amp;documentId=091104170711-230deb163c1d4a7f9864980f013cead3&amp;docName=172-glaziks_36-39-exe&amp;username=yrivallain&amp;loadingInfoText=Olivier%20Belin%2C%20un%20grand%20chef%20breton&amp;et=1257355120400&amp;er=59" /><param name="flashvars" value="mode=embed&amp;layout=http%3A%2F%2Fskin.issuu.com%2Fv%2Fdark%2Flayout.xml&amp;showFlipBtn=true&amp;documentId=091104170711-230deb163c1d4a7f9864980f013cead3&amp;docName=172-glaziks_36-39-exe&amp;username=yrivallain&amp;loadingInfoText=Olivier%20Belin%2C%20un%20grand%20chef%20breton&amp;et=1257355120400&amp;er=59" /><embed style="width: 420px; height: 263px;" type="application/x-shockwave-flash" width="100" height="100" src="http://static.issuu.com/webembed/viewers/style1/v1/IssuuViewer.swf?mode=embed&amp;layout=http%3A%2F%2Fskin.issuu.com%2Fv%2Fdark%2Flayout.xml&amp;showFlipBtn=true&amp;documentId=091104170711-230deb163c1d4a7f9864980f013cead3&amp;docName=172-glaziks_36-39-exe&amp;username=yrivallain&amp;loadingInfoText=Olivier%20Belin%2C%20un%20grand%20chef%20breton&amp;et=1257355120400&amp;er=59" flashvars="mode=embed&amp;layout=http%3A%2F%2Fskin.issuu.com%2Fv%2Fdark%2Flayout.xml&amp;showFlipBtn=true&amp;documentId=091104170711-230deb163c1d4a7f9864980f013cead3&amp;docName=172-glaziks_36-39-exe&amp;username=yrivallain&amp;loadingInfoText=Olivier%20Belin%2C%20un%20grand%20chef%20breton&amp;et=1257355120400&amp;er=59" menu="false" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">D’après Marie-Noëlle, sa mère, le garçon n’aimait pas l’école, mais il était très gourmand. Pourtant, Olivier Bellin ne se voyait pas prendre la suite du restaurant familial, dans le bourg de Plomodiern, même si… “c’est vrai, à la maison, on ne m’a jamais empêché de manger tout ce que je voulais. On utilisait beaucoup de bons produits de la ferme qu’on exploitait : du veau, du cochon, des pommes de terre, des légumes.” Déjà, au xix<sup>e</sup> siècle, les ancêtres de Marie-Noëlle Rospape tenaient une maréchalerie où l’on servait la soupe. Les femmes s’occupaient des fourneaux, comme l’a fait la grand-mère d’Olivier, Anna, jusqu’en 1957. Puis, l’établissement s’est adapté à la prospérité relative du Porzay, durant les “trente glorieuses”, proposant en prime des banquets, des repas de mariage.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>L’élève de Robuchon</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En 1985, Olivier se décide quand même à entrer à l’école hôtelière du Paraclet, à Quimper. “Il y a eu chez les élèves un véritable éveil du goût, surtout grâce à notre professeur, Jean-Pierre Guillaume. Mais je n’étais pas plus doué que les autres. Il a fallu que je travaille beaucoup, pour progresser.” La lecture d’un ouvrage sur Joël Robuchon produit le déclic, et dès lors, Olivier ne rêve plus que de se frotter à ce grand maître qui affirme vouloir prendre sa retraite à cinquante ans. Il fait déjà le calcul des années qui restent… “À partir de là, j’ai pris la vie comme une course contre la montre.” À 18 ans, il gagne le concours du meilleur jeune cuisinier de l’Ouest et décide d’entamer un tour de France. Les chefs sont surpris de voir débarquer ce jeune homme extrêmement déterminé. D’abord commis chez Cousseau, dans les Landes, il s’imprègne de la tradition du Sud-Ouest. “J’ai commencé à me constituer une sorte de bibliothèque de goûts dans ma tête.” Son tour des popotes passera aussi par le Lyonnais, où sa “bibliothèque” s’enrichira des diverses déclinaisons autour du veau, de la crème, des vins. Il choisit parfois de modestes auberges, au plus près du terroir. De retour en Bretagne, Olivier Bellin entre à la Taupinière, la belle table de Pont-Aven. Il y mesure toute l’importance du rapport aux producteurs : “Guy Guilloux pouvait dégoter des langoustines, même quand ça bastonnait en mer. On fréquentait des pêcheurs qui avaient de sacrées gueules ! Et puis, Guy avait son jardin, son vivier.” Un jour, le miracle se produit : Robuchon en personne dîne à la Taupinière. Mais quand le maître visite les cuisines, on ne le présente pas à Olivier, qui en est très frustré. “Au matin, Guy m’a dit : ‘Robuchon a oublié ses lunettes. Il est en train de visiter les chapelles du coin. Tu pourrais les lui rapporter ?”</p>
<p style="text-align: justify;">Après cette rencontre, la course contre la montre devient folle : “Si je voulais être dans les temps, j’ai calculé qu’il me restait trois ans avant de démarrer. Et j’avais encore mon service militaire à effectuer.” Coup de pouce du destin : le soldat Bellin décroche une place à l’hôtel du ministère des Affaires étrangères, dont le chef est un autre Breton, Marcel Le Faou. Et comme le ministère organise un concours, il s’y présente et l’emporte haut la main. La récompense ? Suivre pendant un an Alain Juppé, et cuisiner pour lui et sa famille. Quand l’expérience se termine, le ministre demande à Olivier Bellin ce qui lui ferait plaisir. Évidemment, il répond : “si vous pouviez me trouver une place chez Robuchon…” Un an plus tard, alors qu’il travaille en Suisse, chez un restaurateur très novateur, il reçoit le coup de fil tant attendu. Trois jours après, Olivier Bellin débarque à Paris. “À huit heures du matin, tout le monde était à son poste, dans les cuisines. Mon rêve allait se réaliser, et pourtant, j’ai ressenti comme un malaise.” Pendant deux ans, Olivier travaille comme un fou, jusqu’à dix-sept heures par jour. “C’était jouissif : des produits d’exception, une organisation parfaite. Mais c’était impitoyable. J’étais comme un footballeur qui aurait joué dans l’équipe du roi Pelé, et pourtant, après deux ans là-dedans, j’étais au bout du rouleau.” Olivier Bellin claque la porte de chez Robuchon : “J’ai fait le Breton qui se fâche. J’ai tout déballé sur la pauvreté des relations humaines, dans la maison. Tant pis. Même si j’en ai pleuré, après.” Nouveau retour en Bretagne. Cette fois, chez Jacques Thorel, à La Roche-Bernard. “Là, j’ai découvert une autre réalité, celle des bonnes tables de province, la recherche du meilleur producteur, un personnel plus calme, moins dévoré par la passion.”</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Le retour à Plomodiern</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Olivier a vingt-cinq ans quand il retourne à Plomodiern. “J’ai dit à ma mère : mais comment tu fais avec un seul fourneau et un petit moulin à légumes, pour servir deux cents personnes ?” On est en 1997. Avec sa mère, Olivier Bellin confectionne les repas ouvriers, en semaine, et lance le week-end ce qu’il appelle des “repas-labos”, testant ses plats auprès du milieu médical du Porzay. De passage à Plomodiern, le chef de chez Robuchon vient lui tirer les oreilles : “Ça suffit, maintenant ! Il est temps que tu te mettes à travailler sérieusement !” “D’un autre côté, se souvient-il, j’avais des potes qui me disaient : “Remonte à Paris, tu vas crever à Plomo !” Je me suis rendu compte qu’avec mon sale caractère, je risquais de tout gâcher.”</p>
<p style="text-align: justify;">En 1999, Olivier décide en famille de changer de cap. Il commence à réaménager la grande salle, même si ses moyens financiers ne sont pas tout à fait à la hauteur. Il lui faut se débrouiller avec l’argent de la famille et un emprunt qu’il doit rembourser malgré une fréquentation encore faible. “Quand il a fallu habiller les chaises, les couturières de Plomodiern se sont mobilisées pour me confectionner les housses. Les fleurs étaient fournies par les jardins du village. Aujourd’hui, il faut savoir qu’il est impossible pour un jeune chef d’autofinancer l’installation d’un restaurant gastronomique, quel que soit son talent. C’est très exigeant. Il faut être attentif à tous les détails.” Solidarité et économies de bouts de chandelles lui ont donc sauvé la mise. La première récompense tombe en 2003, avec une étoile au <em>Michelin</em>. En 2005, c’est la distinction de meilleur jeune chef de l’année. Bellin est invité par Ducasse, à Tokyo et par Loiseau à l’île Maurice, pour de prestigieuses démonstrations. À Saint-Jacques-de-Compostelle, il défend la cuisine bretonne devant les plus grands chefs d’Espagne. Enfin reconnue, l’Auberge des Glazicks sort la tête de l’eau et devient une table d’importance régionale. L’amélioration de l’outil se poursuit, année après année, avec par exemple la réfection des cuisines, en 2005. La clientèle se fait plus régulière. “On n’a plus eu de “trous d’air” comme avant, et depuis, les gens qui se proposent à l’embauche ont de bonnes références.” En 2007, l’Auberge des Glazicks devient une sarl, toujours avec des capitaux familiaux. “Dans ce type d’établissement, il faut apporter sans cesse des améliorations, commente Olivier Bellin. On ne peut pas se contenter d’une étoile et d’un 17 au Gault &amp; Millau. Mais nous n’aimons pas gaspiller en achetant des gadgets inutiles. Mon second en cuisine, le responsable de salle et le sommelier sont comme moi. Il n’est pas question d’acheter un vin juste pour faire joli sur la carte, s’il n’y a pas d’accord avec les plats. Cette façon de faire, sans dépense inutile, c’est dans notre culture, c’est l’histoire de l’établissement.”</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Revisiter la cuisine bretonne</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Restait à affirmer une personnalité de chef hors du commun. Sa parfaite connaissance des autres terroirs a donné envie à Olivier Bellin de mettre en œuvre une cuisine enracinée, alliant terre et mer : “Je suis d’ici. Mes amis, ma famille sont ici. Pour choisir de vivre dans ce pays, il faut l’avoir dans les tripes. En 2000, j’ai commencé une démarche autour de l’identité bretonne de ma cuisine. Pendant un an, j’ai étudié le blé noir.” L’équilibre trouvé par ce jeune chef au tempérament chaud-bouillant doit beaucoup à cette prise de conscience. “Maintenant, j’ai envie de revisiter la cuisine bretonne à ma façon. Et j’ai la chance d’avoir une équipe qui adhère à mon projet, qui s’investit à fond.”</p>
<p style="text-align: justify;">Olivier Bellin s’est lancé un nouveau défi pour 2011, avec la construction d’un hôtel. “Parce que la Bretagne mérite ça. Je suis fier d’être Breton et je veux offrir aux visiteurs le meilleur de mon pays. L’évolution des habitudes condamne à terme les restaurants isolés comme le mien s’ils ne disposent pas d’une hôtellerie.” Olivier Bellin a tout pour réussir dans ce domaine, lui qui est déjà entré dans le club très fermé des cinquante plus belles tables de France et à qui ses pairs prédisent le plus grand avenir… à Plomodiern, bien sûr.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">L’Auberge des Glazicks, à Plomodiern. Tél. 02 98 81 52 32</p>
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<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">D’après Marie-Noëlle, sa mère, le garçon n’aimait pas l’école, mais il était très gourmand. Pourtant, Olivier Bellin ne se voyait pas prendre la suite du restaurant familial, dans le bourg de Plomodiern, même si… “c’est vrai, à la maison, on ne m’a jamais empêché de manger tout ce que je voulais. On utilisait beaucoup de bons produits de la ferme qu’on exploitait : du veau, du cochon, des pommes de terre, des légumes.” Déjà, au <span style="font-variant: small-caps;">xix</span><sup>e</sup> siècle, les ancêtres de Marie-Noëlle Rospape tenaient une maréchalerie où l’on servait la soupe. Les femmes s’occupaient des fourneaux, comme l’a fait la grand-mère d’Olivier, Anna, jusqu’en 1957. Puis, l’établissement s’est adapté à la prospérité relative du Porzay, durant les “trente glorieuses”, proposant en prime des banquets, des repas de mariage.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><strong>L’élève de Robuchon</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">En 1985, Olivier se décide quand même à entrer à l’école hôtelière du Paraclet, à Quimper. “Il y a eu chez les élèves un véritable éveil du goût, surtout grâce à notre professeur, Jean-Pierre Guillaume. Mais je n’étais pas plus doué que les autres. Il a fallu que je travaille beaucoup, pour progresser.” La lecture d’un ouvrage sur Joël Robuchon produit le déclic, et dès lors, Olivier ne rêve plus que de se frotter à ce grand maître qui affirme vouloir prendre sa retraite à cinquante ans. Il fait déjà le calcul des années qui restent… “À partir de là, j’ai pris la vie comme une course contre la montre.” À 18 ans, il gagne le concours du meilleur jeune cuisinier de l’Ouest et décide d’entamer un tour de France. Les chefs sont surpris de voir débarquer ce jeune homme extrêmement déterminé. D’abord commis chez Cousseau, dans les Landes, il s’imprègne de la tradition du Sud-Ouest. “J’ai commencé à me constituer une sorte de bibliothèque de goûts dans ma tête.” Son tour des popotes passera aussi par le Lyonnais, où sa “bibliothèque” s’enrichira des diverses déclinaisons autour du veau, de la crème, des vins. Il choisit parfois de modestes auberges, au plus près du terroir. De retour en Bretagne, Olivier Bellin entre à la Taupinière, la belle table de Pont-Aven. Il y mesure toute l’importance du rapport aux producteurs : “Guy Guilloux pouvait dégoter des langoustines, même quand ça bastonnait en mer. On fréquentait des pêcheurs qui avaient de sacrées gueules ! Et puis, Guy avait son jardin, son vivier.” Un jour, le miracle se produit : Robuchon en personne dîne à la Taupinière. Mais quand le maître visite les cuisines, on ne le présente pas à Olivier, qui en est très frustré. “Au matin, Guy m’a dit : ‘Robuchon a oublié ses lunettes. Il est en train de visiter les chapelles du coin. Tu pourrais les lui rapporter ?”</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Après cette rencontre, la course contre la montre devient folle : “Si je voulais être dans les temps, j’ai calculé qu’il me restait trois ans avant de démarrer. Et j’avais encore mon service militaire à effectuer.” Coup de pouce du destin : le soldat Bellin décroche une place à l’hôtel du ministère des Affaires étrangères, dont le chef est un autre Breton, Marcel Le Faou. Et comme le ministère organise un concours, il s’y présente et l’emporte haut la main. La récompense ? Suivre pendant un an Alain Juppé, et cuisiner pour lui et sa famille. Quand l’expérience se termine, le ministre demande à Olivier Bellin ce qui lui ferait plaisir. Évidemment, il répond : “si vous pouviez me trouver une place chez Robuchon…” Un an plus tard, alors qu’il travaille en Suisse, chez un restaurateur très novateur, il reçoit le coup de fil tant attendu. Trois jours après, Olivier Bellin débarque à Paris. “À huit heures du matin, tout le monde était à son poste, dans les cuisines. Mon rêve allait se réaliser, et pourtant, j’ai ressenti comme un malaise.” Pendant deux ans, Olivier travaille comme un fou, jusqu’à dix-sept heures par jour. “C’était jouissif : des produits d’exception, une organisation parfaite. Mais c’était impitoyable. J’étais comme un footballeur qui aurait joué dans l’équipe du roi Pelé, et pourtant, après deux ans là-dedans, j’étais au bout du rouleau.” Olivier Bellin claque la porte de chez Robuchon : “J’ai fait le Breton qui se fâche. J’ai tout déballé sur la pauvreté des relations humaines, dans la maison. Tant pis. Même si j’en ai pleuré, après.” Nouveau retour en Bretagne. Cette fois, chez Jacques Thorel, à La Roche-Bernard. “Là, j’ai découvert une autre réalité, celle des bonnes tables de province, la recherche du meilleur producteur, un personnel plus calme, moins dévoré par la passion.”</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><strong>Le retour à Plomodiern</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Olivier a vingt-cinq ans quand il retourne à Plomodiern. “J’ai dit à ma mère : mais comment tu fais avec un seul fourneau et un petit moulin à légumes, pour servir deux cents personnes ?” On est en 1997. Avec sa mère, Olivier Bellin confectionne les repas ouvriers, en semaine, et lance le week-end ce qu’il appelle des “repas-labos”, testant ses plats auprès du milieu médical du Porzay. De passage à Plomodiern, le chef de chez Robuchon vient lui tirer les oreilles : “Ça suffit, maintenant ! Il est temps que tu te mettes à travailler sérieusement !” “D’un autre côté, se souvient-il, j’avais des potes qui me disaient : “Remonte à Paris, tu vas crever à Plomo !” Je me suis rendu compte qu’avec mon sale caractère, je risquais de tout gâcher.”</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">En 1999, Olivier décide en famille de changer de cap. Il commence à réaménager la grande salle, même si ses moyens financiers ne sont pas tout à fait à la hauteur. Il lui faut se débrouiller avec l’argent de la famille et un emprunt qu’il doit rembourser malgré une fréquentation encore faible. “Quand il a fallu habiller les chaises, les couturières de Plomodiern se sont mobilisées pour me confectionner les housses. Les fleurs étaient fournies par les jardins du village. Aujourd’hui, il faut savoir qu’il est impossible pour un jeune chef d’autofinancer l’installation d’un restaurant gastronomique, quel que soit son talent. C’est très exigeant. Il faut être attentif à tous les détails.” Solidarité et économies de bouts de chandelles lui ont donc sauvé la mise. La première récompense tombe en 2003, avec une étoile au <em>Michelin</em>. En 2005, c’est la distinction de meilleur jeune chef de l’année. Bellin est invité par Ducasse, à Tokyo et par Loiseau à l’île Maurice, pour de prestigieuses démonstrations. À Saint-Jacques-de-Compostelle, il défend la cuisine bretonne devant les plus grands chefs d’Espagne. Enfin reconnue, l’Auberge des Glazicks sort la tête de l’eau et devient une table d’importance régionale. L’amélioration de l’outil se poursuit, année après année, avec par exemple la réfection des cuisines, en 2005. La clientèle se fait plus régulière. “On n’a plus eu de “trous d’air” comme avant, et depuis, les gens qui se proposent à l’embauche ont de bonnes références.” En 2007, l’Auberge des Glazicks devient une <span style="font-variant: small-caps;">sarl</span>, toujours avec des capitaux familiaux. “Dans ce type d’établissement, il faut apporter sans cesse des améliorations, commente Olivier Bellin. On ne peut pas se contenter d’une étoile et d’un 17 au Gault &amp; Millau. Mais nous n’aimons pas gaspiller en achetant des gadgets inutiles. Mon second en cuisine, le responsable de salle et le sommelier sont comme moi. Il n’est pas question d’acheter un vin juste pour faire joli sur la carte, s’il n’y a pas d’accord avec les plats. Cette façon de faire, sans dépense inutile, c’est dans notre culture, c’est l’histoire de l’établissement.”</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><strong>Revisiter la cuisine bretonne</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Restait à affirmer une personnalité de chef hors du commun. Sa parfaite connaissance des autres terroirs a donné envie à Olivier Bellin de mettre en œuvre une cuisine enracinée, alliant terre et mer : “Je suis d’ici. Mes amis, ma famille sont ici. Pour choisir de vivre dans ce pays, il faut l’avoir dans les tripes. En 2000, j’ai commencé une démarche autour de l’identité bretonne de ma cuisine. Pendant un an, j’ai étudié le blé noir.” L’équilibre trouvé par ce jeune chef au tempérament chaud-bouillant doit beaucoup à cette prise de conscience. “Maintenant, j’ai envie de revisiter la cuisine bretonne à ma façon. Et j’ai la chance d’avoir une équipe qui adhère à mon projet, qui s’investit à fond.”</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Olivier Bellin s’est lancé un nouveau défi pour 2011, avec la construction d’un hôtel. “Parce que la Bretagne mérite ça. Je suis fier d’être Breton et je veux offrir aux visiteurs le meilleur de mon pays. L’évolution des habitudes condamne à terme les restaurants isolés comme le mien s’ils ne disposent pas d’une hôtellerie.” Olivier Bellin a tout pour réussir dans ce domaine, lui qui est déjà entré dans le club très fermé des cinquante plus belles tables de France et à qui ses pairs prédisent le plus grand avenir… à Plomodiern, bien sûr.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">L’Auberge des Glazicks, à Plomodiern. Tél. 02 98 81 52 32</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal">encadré : <strong>Tartelette de tripes aux encornets</strong></p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal">Ingrédients (pour 4 personnes) :</p>
<p class="MsoNormal">3 kg de tripes de porc</p>
<p class="MsoNormal">200 g d’encornets</p>
<p class="MsoNormal">1 carotte</p>
<p class="MsoNormal">1 oignon</p>
<p class="MsoNormal">2 tomates</p>
<p class="MsoNormal">Bouquet garni (1/2 poireau, 1 branche de céleri, 2 branches de thym, 1 petit bouquet de persil)</p>
<p class="MsoNormal">1 tête d’ail</p>
<p class="MsoNormal">½ botte d’estragon</p>
<p class="MsoNormal">½ botte de persil plat</p>
<p class="MsoNormal">2 cuillères à soupe de concentré de tomates</p>
<p class="MsoNormal">2 ou 3 macis</p>
<p class="MsoNormal">4 crêpes de blé noir</p>
<p class="MsoNormal">1 l de fond de volaille</p>
<p class="MsoNormal">10 cl de jus de volaille rôtie</p>
<p class="MsoNormal">Huile d’olive</p>
<p class="MsoNormal">Huile de friture</p>
<p class="MsoNormal">Sel et gros sel, poivre en grains</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Mettez les tripes à dégorger dans l’eau froide pendant vingt-quatre heures. Placez les tripes dégorgées dans une grande casserole, mouillez d’eau à hauteur, ajoutez du gros sel. Portez à ébullition puis laissez blanchir cinq minutes, égouttez et rafraîchissez dans l’eau froide, égouttez et taillez en mirepoix. Taillez également en mirepoix la carotte et l’oignon épluchés, coupez la tomate en quatre. Dans une cocotte en fonte ou une casserole à fond épais, versez un bon filet d’huile d’olive. Faites suer les légumes, ajoutez le concentré de tomates et les tripes en mirepoix, faites suer encore cinq à dix minutes, ajoutez le bouquet garni, la tête d’ail détaillée en gousses, deux ou trois macis, salez et poivrez. Mouillez avec le fond de volaille et portez à ébullition puis laissez cuire une heure à une heure et demie sur feu doux ou au four à 150°. À la fin de la cuisson, les tripes doivent être glacées, brillantes du jus qui les a enrobées.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Détaillez les crêpes de blé noir en ronds et moulez-les chacune en forme de tartelette sur le fond d’un verre assez large. Faites sécher au four à 80° pendant une heure à une heure et demie. Parez les encornets, taillez les corps en rouelles. Séchez bien les tentacules et faites-les frire à l’huile d’olive jusqu’à ce qu’ils soient très croustillants. Au moment de servir, faites chauffer très chaud le ragoût de tripes, ajoutez-y les rouelles d’encornets, mélangez juste quelques secondes, les encornets sont à peine cuits. Ajoutez les herbes fraîches, estragon et persil plat, finement hachés, dressez dans les tartelettes. Agrémentez d’un peu de jus de volaille rôtie et ajoutez des tentacules frits.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Extrait de l’ouvrage <em>Olivier Bellin, Saveur blé noir en Finistère, </em>Romain Pages éditions.</p>
<p></mce></div>
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		<title>Dizimez, des vêtements pour célibataires</title>
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		<pubDate>Fri, 11 Dec 2009 15:18:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>yann</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Si Meetic s’est taillée une large réputation en tant que facilitateur de rencontres, dorénavant, il faudra peut-être aussi compter avec Dizimez. Cette jeune entreprise de Batz-sur-Mer, en Loire-Atlantique, entend permettre aux célibataires de se faire connaître grâce à un logo apposé sur des vêtements et accessoires.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.armen.net/wp-content/uploads/2009/12/DIZ1032.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1898 colorbox-1895" title="DIZ1032" src="http://www.armen.net/wp-content/uploads/2009/12/DIZ1032.jpg" alt="DIZ1032" width="189" height="300" /></a>Crée en octobre 2008, la société Dizimez vend une gamme très large de vêtements pour hommes et femmes (tee-shirts, polos, blousons, parkas…) ainsi que des accessoires (cabas, bonnets) sur lesquels est apposé le logo éponyme, qui signifie célibataire en breton. Un clin d’œil qu’Eric Halley, son créateur, affectionne particulièrement : “ce nom est une manière de témoigner mon amour pour la Bretagne, qu’enfant je fréquentais assidument pendant les vacances avec mes parents”. L’idée lui est venue à la suite de la séparation avec son épouse en juin 2006.  “J’ai pensé à un concept dont la vocation serait de permettre à toute personne disponible pour des rencontres de le signaler aux autres. En tant que célibataire, qui n’a jamais rêvé d’un signe, d’une marque qui lui permettrait de reconnaître les autres célibataires, au supermarché ou en discothèque, en promenade ou à la sortie de l’école et de se faire connaître d’eux ?”</p>
<p style="text-align: justify;">Féru d’informatique – une compétence glanée au fil de sept années passées à travailler dans la Silicon Valley - ce breton d’adoption, établi à Batz-sur-Mer depuis 2002, a beaucoup misé sur le commerce en ligne. “Dizimez est une boutique virtuelle uniquement. Les acheteurs passent commande en ligne, puis celle-ci est adressée à une société de Guérande qui se procure les vêtements, uniquement des marques, comme b&amp;c ou Starworld, et les confie à son atelier de sérigraphie qui imprime le logo Dizimez. Le client les reçoit ensuite chez lui dans la semaine”,  indique Eric Halley.</p>
<p><strong>Une alternative aux sites de rencontre</strong></p>
<p style="text-align: justify;">“Dizimez est désireux d’offrir une solution concrète et humaine face aux alternatives virtuelles”, indique Eric Halley. Une allusion à peine voilée aux sites de rencontre tels que Meetic qu’il reconnaît avoir quelque peu fréquenté après sa séparation, sans pour autant y trouver satisfaction. “Les rencontres que l’on peut y faire m’ont toujours donné une  sensation désagréable. Car même après avoir passé plusieurs heures à discuter avec quelqu’un en ligne, la rencontre qui suit a toujours un côté très artificiel”, regrette Eric Halley.</p>
<p style="text-align: justify;">Si ce concept séduit par son aspect très novateur – l’entreprise a reçu le soutien du dispositif Eden (1) sous forme de prêt à taux zéro - pour l’heure, force est de constater que l’entreprise n’a encore réalisé qu’un nombre encore confidentiel de ventes. “Ce n’est pourtant pas faute de communication. J’ai fait imprimer plusieurs milliers de <em>flyers</em> que j’ai distribué dans cent trente établissements susceptibles d’héberger des célibataires : bars, boîtes de nuit, discothèques, bowling, salles de remise en forme… Dizimez a aussi multiplié les parrainages de soirée à thème dans des discothèques de la région de Nantes et St Nazaire.” En espérant que l’été - une saison traditionnellement propice aux rencontres- puisse contribuer à un développement significatif de son activité, le créateur batzien est aujourd’hui à la recherche d’investisseurs souhaitant l’aider à développer sa marque, sur la région Bretagne d’abord et même au-delà.</p>
<p><strong>Jean-Martial Poupeau</strong></p>
<p>(1) Encouragement pour le Développement d’Entreprises  Nouvelles : dispositif public d’aide aux personnes souhaitant créer ou reprendre une entreprise.</p>
<p><strong>Contact : <a href="http://www.dizimez.com/">www.dizimez.com</a>,  Eric Halley : 06 85 75 73 28</strong></p>
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		<title>Staff au pays du spectacle</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Nov 2009 06:00:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>yann</dc:creator>
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		<description><![CDATA[À Nantes, un projet associatif né dans les années 1980 pour former des jeunes non qualifiés aux métiers du spectacle est devenu, en une vingtaine d’années, un organisme reconnu par les professionnels dans toute la Bretagne et au-delà. Zone industrielle de Carquefou. La rue des Petites-industries aligne ateliers, entrepôts, hangars. Électricité, soudure, menuiserie, serrurerie, verrerie : ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>À Nantes, un projet associatif né dans les années 1980 pour former des jeunes non qualifiés aux métiers du spectacle est devenu, en une vingtaine d’années, un organisme reconnu par les professionnels dans toute la Bretagne et au-delà.</strong></p>
<div id="attachment_1565" class="wp-caption alignleft" style="width: 202px"><a href="http://www.armen.net/wp-content/uploads/2009/11/satff21.jpg"><img class="size-full wp-image-1565 colorbox-1545" title="Photo Marc Josse" src="http://www.armen.net/wp-content/uploads/2009/11/satff21.jpg" alt="satff2" width="192" height="274" /></a><p class="wp-caption-text">Photo Marc Josse</p></div>
<p style="text-align: justify;">Zone industrielle de Carquefou. La rue des Petites-industries aligne ateliers, entrepôts, hangars. Électricité, soudure, menuiserie, serrurerie, verrerie : en journée, tous les corps de métiers se bousculent avec fébrilité au cœur de cette véritable ruche artisano-commerciale. Si le n° 7 ne porte aucun signe distinctif, une surprise de taille attend pourtant le visiteur non averti qui franchit le sas de la mystérieuse enseigne Staff. Sommes-nous dans les coulisses d’une salle de théâtre ? Dans la réserve d’un plateau de tournage ? Imaginez un atelier de 800 à 900 m², dont chaque mur et l’ensemble des surfaces ont été repeints de noir. Des dizaines, peut-être des centaines de projecteurs accrochés aux perches ; des câbles, des prises, des guindes ordonnés sur des barres comme autant de rampes et <em>praticables</em> ; des <em>flight cases</em> le long des murs qui paraissent attendre les <em>trucks</em> d’une tournée triomphale.</p>
<p><strong> À l’école du spectacle</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il s’agit effectivement d’un plateau, mais dédié à la formation de futurs techniciens du spectacle. Comme tant de réalisations innovantes, celle-ci est née, sinon du hasard, du moins d’un concours de circonstances, qu’une personne pivot, saura faire basculer de la bricole au projet. Nous sommes en 1983. Le chômage connaît une ascension dramatique dans l’Hexagone et tous les acteurs sociaux ont pointé que les jeunes en étaient les principales victimes. Les premières missions locales viennent d’être créées. Celle de Nantes imagine de confier à l’association Léo Lagrange l’organisation d’un stage, vaguement tourné vers les métiers du spectacle. Un groupe est constitué. Des responsables d’entreprises liées au secteur sont sollicités pour apporter une sorte de caution et, tant qu’à faire, intervenir. Mais dans quel but, sur quel programme, où et avec quels moyens ? Yves Guérin, le directeur de Staff, en rigole encore. L’association cherchait un coordinateur. Il n’avait pas de connaissance particulière et se destinait davantage à l’animation touristique, voire au métier d’éducateur. Recruté, il lui faut tout construire, rechercher des formateurs, mobiliser du matériel, trouver un local. Pour le lieu, ce sera le château de la Pervenchère, à Sucé, propriété de la ville de Nantes, le temps d’un dépannage, puis celui de la Bégraissière, à Saint-Herblain. Pour ce qui est du contenu, il faut tout inventer. Il y a bien des livres techniques, mais tout est en anglais et les jeunes concernés ne sont pas les rescapés d’une scolarité exemplaire. Qu’à cela ne tienne, les professionnels sollicités écriront les premiers contenus de cette formation destinée à former des aides techniques, aussi bien en lumière qu’en son.</p>
<p><strong>Une structure adaptée</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pour ce qui est du “matos”, le sonorisateur du groupe Tri Yann, Jean-Paul Marchandeau, débarque un beau matin au volant du camion du groupe en pleine ascension et met son contenu à disposition des jeunes. Le coup d’envoi est donné ! Quinze jeunes gens vont essuyer les plâtres et effectuer des stages pratiques qu’il faut rechercher un peu partout. Tout est bon pour ces pionniers, du festival du folklore de Gannat, qui deviendra le festival des cultures du monde, aux Francofolies de La Rochelle, en passant par le festival d’Anjou animé par Jean-Claude Brialy et le festival interceltique de Lorient. Yves Guérin aborde alors son premier tour de France de superviseur : ici, le jeune techno ne sait où dormir, là on ne l’attendait pas vraiment, ailleurs c’est l’exploitation éhontée ; et puis il y a des stages fabuleux qui serviront de tremplin et de référence pour les années à venir, afin de réduire les galères. Le résultat est là : la première année, treize jeunes sur quinze décrochent un cdi ! Le succès de la première expérience de ce genre dans l’Hexagone plaide pour une reconduction de la formation. “L’idée a rapidement mûri qu’il fallait créer une structure adaptée à ces métiers, en réunissant les professionnels du spectacle de la région nantaise et les institutions”, se souvient Yves Guérin. C’est ainsi que naît Arts, qui s’installe cette fois à Saint-Sébastien, toujours dans le sillage de Léo Lagrange. Pour dépasser les divergences de vues entre la ville de Nantes, passée à droite en 1983 et les communes environnantes, principalement de gauche, Yves Guérin parie sur la mobilisation des professionnels nantais, essentiellement des prestataires de services, qui ont bien perçu l’intérêt de pouvoir compter sur des jeunes ayant reçu une qualification adaptée à la profession. Les pouvoirs publics s’engagent finalement à leur tour. La Région accepte de financer les premiers achats de matériel, et demande en juste contrepartie qu’on apporte les preuves de résultats tangibles ; autrement dit, que les jeunes formés trouvent du “boulot”. On exige aussi de l’association qu’elle accueille des publics réputés difficiles, ayant connu l’échec scolaire, ou en voie de marginalisation. On récupère ici et là du matériel qui servira à la formation. Le contenu et le déroulement des séquences se précisent, tandis que l’on table aussi sur la fidélisation d’un noyau de formateurs, qui continuent par ailleurs à exercer leur métier. Mais le temps est venu d’envisager la création d’un instrument professionnel.</p>
<p style="text-align: justify;">
<div id="attachment_1566" class="wp-caption alignright" style="width: 341px"><a href="http://www.armen.net/wp-content/uploads/2009/11/Sans-titre-1.jpg"><img class="size-full wp-image-1566  colorbox-1545" title="Sans titre-1" src="http://www.armen.net/wp-content/uploads/2009/11/Sans-titre-1.jpg" alt="Photo Marc Josse" width="331" height="220" /></a><p class="wp-caption-text">Photo Marc Josse</p></div>
<p style="text-align: justify;">Organisme de formation à part entière, Staff voit le jour en 1986. Les responsables de plusieurs entreprises prestataires de service pour le spectacle, mais aussi de structures bien implantées, parfois prestigieuses, comme le Théâtre Graslin, ont en effet convaincu Yves Guérin de poursuivre l’aventure sur une autre échelle. L’agrégation des professionnels, en tant que formateurs, mais aussi passeurs vers les réseaux, devient un axe essentiel de l’activité. Toute initiative de terrain, toute création, auxquelles Staff peut être associé, permettent l’application d’un enseignement théorique, particulièrement en mathématiques et en physique (électricité, optique, etc.). Ainsi la proposition de créer un kiosque à musique mobile, à l’usage des communes qui en sont dépourvues : formateurs et stagiaires vont travailler sous la conduite d’un acousticien de renom, Émile Leipp. Puis, une collaboration se tisse avec l’école d’architecture de Nantes qui planche cette année-là sur des hypothèses scénographiques. Alerté, un carrossier propose son concours et un brevet est déposé. Un prototype voit le jour et sera racheté par la mairie de Saint-Nazaire. Les stagiaires continuent à se disperser chaque été sur les grands rendez-vous théâtraux et musicaux, particulièrement en Bretagne : fêtes de Cornouaille, Interceltique de Lorient, festival du Théâtre de poche d’Hédée, Brest 2004. Des structures illustres comme l’Opéra de Nantes ou des entreprises de service parmi les mieux implantées comme Melpomen et mes. À Nantes, Multiscénique à Saint-Georges de Montaigu, Spectaculaires, à Rennes, Siwa à Châtelaudren, Arthur Music à Guidel, se tournent vers Staff.</p>
<p><strong>Une véritable filière professionnelle</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En 1989, la structure devient le premier organisme habilité à délivrer un titre homologué d’agent technique du spectacle. L’année suivante, s’ouvre, pour une session, une antenne à Morlaix, qui prend appui sur le centre Afpa local. Yves Guérin et son équipe de techniciens-formateurs sont conscients d’abonder les rangs des intermittents du spectacle, sorte de statut précaire qui, pendant quelques années, ne fut pas sans avantages. Mais le vent tourne et le régime d’assurance-chômage va serrer les boulons et le cordon de la bourse, entraînant les mouvements de 2005, au point de contraindre des organisateurs à annuler des manifestations parmi les plus prestigieuses, d’autres étant fortement perturbées. Un secteur offre cependant des emplois plus stables, ce sont les collectivités gestionnaires de théâtres ou de scènes musicales. Pour y accéder, il faut passer des concours, qui requièrent des diplômes. Les responsables de Staff, forts de l’expérience de l’homologation, élaborent aujourd’hui un dossier complexe qui devrait leur permettre de délivrer une certification, équivalente à des diplômes comme le bep ou le bac professionnel. En vingt-deux ans, le centre a formé plus de sept cents jeunes gens, filles et garçons. Plus de 80 % ont trouvé du travail dans la planète spectacle ou en périphérie. Aujourd’hui, on peut trouver les techniciens, formés en région nantaise, aux six coins de l’Hexagone, et bien au-delà. Didier Oble, l’attentif président de Staff, qui en a suivi l’aventure à des titres divers, l’affirme fièrement : “Dans le réseau des “technos”, il existe un esprit Staff. Des anciens ont pris du galon ici ou là et nous renvoient l’ascenseur en recrutant nos stagiaires ou en leur proposant des terrains d’application.”<em> </em></p>
<p style="text-align: justify;">Dans la vaste salle aux murs noirs, sous l’œil vigilant du formateur, filles et garçons s’affairent autour de montages qui paraissent bien compliqués au béotien. Si le centre de formation a fait ses preuves, il se trouve parfois sur la corde raide. Sachant les difficultés rencontrées par les jeunes accueillis, Yves Guérin et ses collaborateurs ont toujours refusé que les stagiaires participent aux frais de la formation. En 2008, Didier Oble a bien cru qu’il signerait la fin de l’odyssée : les comptes étaient dans le rouge. “Nous avions eu la sagesse de protéger une petite réserve. Une nouvelle année négative, on arrêtait, mais proprement”, témoigne-t-il. Un récent bilan l’a convaincu de poursuivre et Staff devrait diversifier son activité en proposant son expertise aux collectivités devant installer et gérer des lieux d’animation. Le bruit court que la région et la ville de Nantes sont attentives à la bonne santé de Staff, tant l’existence de l’outil s’est révélée précieuse.</p>
<p><strong>Jean-Pierre Nedeleg</strong></p>
<p><strong>Contact </strong>: Staff, 7, rue des Petites-industries, 44477 Carquefou. Tél. 02 40 25 28 36. Mail. contact@staff.asso.fr</p>
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		<title>Salaun, voyage au bout du monde</title>
		<link>http://www.armen.net/2009/09/dossiers/voyage/salaun-voyage-au-bout-du-monde/</link>
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		<pubDate>Thu, 24 Sep 2009 22:50:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>yann</dc:creator>
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		<description><![CDATA[SALAUN HOLIDAYS, le groupe de voyage familial basé à Pont-de-Buis en Finistère, dont l'histoire a été retracée dans le numéro 165 d'ArMen, continue sa progression malgré un contexte international difficile. Il vient de présenter ses nouvelles offres de voyages Hiver 2009/Printemps 2010, disponibles dans son réseau d'agences et son site internet. Sur 116 pages, le dernier ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>SALAUN HOLIDAYS, le groupe de voyage familial basé à Pont-de-Buis en Finistère, dont l'histoire a été retracée dans le numéro 165 d'ArMen, continue sa progression malgré un contexte international difficile. Il vient de présenter ses nouvelles offres de voyages Hiver 2009/Printemps 2010, disponibles dans son réseau d'agences et son site internet. </strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<div id="attachment_1295" class="wp-caption alignright" style="width: 160px"><a href="http://www.armen.net/wp-content/uploads/2009/09/salaun.jpg"><img class="size-thumbnail wp-image-1295 colorbox-1291" title="salaun" src="http://www.armen.net/wp-content/uploads/2009/09/salaun-150x150.jpg" alt="Un des bâtiments du siège du groupe Salaun, à Pont-de-Buis, dans le Finistère" width="150" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">Un des bâtiments du siège du groupe Salaun, à Pont-de-Buis, dans le Finistère</p></div>
<p style="text-align: justify;">Sur 116 pages, le dernier catalogue du tour opérateur indépendant breton vous propose de partir à la découverte du Monde, notamment à travers les grands classiques proposés par Salaun : Californie, Egypte,Thaïlande, Maroc, l’Afrique du sud, etc. Une variété de formules est proposée : circuits ou séjours, longs et moyens courriers, voyages en autocar Royal Class de grand confort. Un choix de dates est proposé au départ des aéroports régionaux de Brest, Nantes, Bordeaux, Toulouse, Lyon, Strasbourg, Nice et Marseille. A noter qu'une des forces de l'entreprise est de proposer à ses clients des départs en mini-bus de leur commune d'origine vers les aéroports régionaux. Parmi les nouveautés 2009 : les Emirats Arabes Unis et Dubaï avec un circuit de 11 jours au coeur du Moyen Orient, qui allie découverte des paradis du shopping et du luxe, et lieux chargés d’histoire ; un circuit Java-Bali en 13 jours avec vols aller et retour à bord de l’AIRBUS A380 ; un autotour de 12 jours aux Antilles, un séjour de 5 jours à New York, l’Essentiel de l’Ouest Américain en 10 jours, un circuit de 12 jours au Sri Lanka mais également un réveillon en Ouzbékistan et au Portugal, un combiné Andalousie/Maroc, et des escapades de 2 à 4 jours à Paris.</p>
<p style="text-align: justify;">SALAUN Holidays est le réseau en marque propre du GROUPE SALAUN (CA de 167 millions d’euros en 2008). Il compte 750 collaborateurs, et possède compte à ce jour 44 agences de voyages. En 2008, SALAUN Holidays a fait voyager 80 000 personnes et a affrété 28 000 places d’avions. Ses dix destinations principales en 2008 sont l’Espagne, la Californie, le Canada, l’Italie, le Vietnam, la Croatie, la Scandinavie, l’Egypte, le Portugal et bien sûr la France avec en tête de liste la Corse. La production SALAUN Holidays se répartit de la manière suivante : Longs courriers = 44, 7 % - Moyens courriers = 36,4 %. Cars et Cars/avions = 18,9 % (en volume d’affaires). Le Groupe SALAÜN annonce aussi l’ouverture de nouveau bureaux au 374 rue de Vaugirard, dans le 15ème arrondissement à Paris ; la direction commerciale, la direction des ventes et la production "Scandinavie"’ sont déjà installés dans ces nouveaux locaux.</p>
<p>Pour découvrir les voyages, rendez-vous sur <a href="http://www.salaun-holidays.com">www.salaun-holidays.com</a>. Pour en savoir plus sur l’histoire des voyages Salaün, lire l’article publié dans ArMen n°165 et en PDF en cliquant sur la visionneuse ci-dessous.</p>
<div><object style="width: 420px; height: 263px;" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="100" height="100" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowfullscreen" value="true" /><param name="menu" value="false" /><param name="src" value="http://static.issuu.com/webembed/viewers/style1/v1/IssuuViewer.swf?mode=embed&amp;layout=http%3A%2F%2Fskin.issuu.com%2Fv%2Fcolor%2Flayout.xml&amp;backgroundColor=000000&amp;showFlipBtn=true&amp;pageNumber=2&amp;documentId=090924074926-93b27f28103a491ab4b99c0efc26e916&amp;docName=salaun&amp;username=yrivallain&amp;loadingInfoText=Salaun%2C%20le%20voyage%20au%20bout%20du%20monde&amp;et=1253779024764&amp;er=34" /><param name="flashvars" value="mode=embed&amp;layout=http%3A%2F%2Fskin.issuu.com%2Fv%2Fcolor%2Flayout.xml&amp;backgroundColor=000000&amp;showFlipBtn=true&amp;pageNumber=2&amp;documentId=090924074926-93b27f28103a491ab4b99c0efc26e916&amp;docName=salaun&amp;username=yrivallain&amp;loadingInfoText=Salaun%2C%20le%20voyage%20au%20bout%20du%20monde&amp;et=1253779024764&amp;er=34" /><embed style="width: 420px; height: 263px;" type="application/x-shockwave-flash" width="100" height="100" src="http://static.issuu.com/webembed/viewers/style1/v1/IssuuViewer.swf?mode=embed&amp;layout=http%3A%2F%2Fskin.issuu.com%2Fv%2Fcolor%2Flayout.xml&amp;backgroundColor=000000&amp;showFlipBtn=true&amp;pageNumber=2&amp;documentId=090924074926-93b27f28103a491ab4b99c0efc26e916&amp;docName=salaun&amp;username=yrivallain&amp;loadingInfoText=Salaun%2C%20le%20voyage%20au%20bout%20du%20monde&amp;et=1253779024764&amp;er=34" flashvars="mode=embed&amp;layout=http%3A%2F%2Fskin.issuu.com%2Fv%2Fcolor%2Flayout.xml&amp;backgroundColor=000000&amp;showFlipBtn=true&amp;pageNumber=2&amp;documentId=090924074926-93b27f28103a491ab4b99c0efc26e916&amp;docName=salaun&amp;username=yrivallain&amp;loadingInfoText=Salaun%2C%20le%20voyage%20au%20bout%20du%20monde&amp;et=1253779024764&amp;er=34" menu="false" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
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		<title>Guy Cotten, la marque jaune</title>
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		<pubDate>Thu, 10 Sep 2009 09:19:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ben</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Depuis presque un demi-siècle, Guy Cotten habille les professionnels et les amoureux de la mer. Installée à Trégunc dans le pays de Concarneau, l’entreprise a basé sa réussite sur une image de qualité et de solidité : des vêtements robustes, confortables et qui durent. Lors des régionales de 2004, pour ancrer son image d’homme politique ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Depuis presque un demi-siècle, Guy Cotten habille les professionnels et les amoureux de la mer. Installée à Trégunc dans le pays de Concarneau, l’entreprise a basé sa réussite sur une image de qualité et de solidité : des vêtements robustes, confortables et qui durent.</strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.armen.net/wp-content/uploads/2009/08/1_XDU0019-rtc-brd.jpg"><img class="aligncenter colorbox-1155" title="Guy Cotten, la marque jaune" src="http://www.armen.net/wp-content/uploads/2009/08/1_XDU0019-rtc-brd-300x300.jpg" alt="1_XDU0019-rtc-brd" width="270" height="270" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Lors des régionales de 2004, pour ancrer son image d’homme politique proche du peuple et enraciné en Bretagne, le socialiste Jean-Yves Le Drian avait fait sa campagne en ciré jaune Cotten. Résistants et durables… les vêtements Guy Cotten font parfois figure de symboles. “C’est vrai que quelques personnes célèbres nous ont faits de la pub, sourit Nadine Bertholom-Cotten, l’actuelle dirigeante de l’entreprise. Cela étant, nous ne sommes pas partisans politiquement. Lorsque Nicolas Sarkozy a visité les halles de Rungis avec Carla Bruni, ils étaient aussi vêtus en Guy Cotten…” Il n’empêche, avec des entreprises comme Hénaff, la Trinitaine ou Henriot, l’entreprise de Trégunc appartient à ces marques qui “font” la Bretagne d’aujourd’hui et sont connues bien au-delà des frontières de la péninsule.</p>
<p style="text-align: justify;">Rien ne prédisposait Guy Cotten à monter une entreprise de vêtements marins. Il est né en 1936 dans une famille d’agriculteurs, à Saint-Ivy, dans les terres. Premier garçon de sept enfants, il perd son père alors qu’il n’a que sept ans et doit commencer à travailler très jeune. L’homme est aussi un sportif accompli. Champion de cross-country, il envisage un moment de devenir cyclist</p>
<p style="text-align: justify;">e professionnel. Des qualités de compétiteur et d’endurance qui ont sans aucun doute dû lui servir quelques années plus tard au moment de lancer son entreprise. Le jeune homme ne s’imaginait pas reprendre la ferme familiale. Au début des années 1960, il devient représentant pour une société des Vosges distribuant des vêtements professionnels. Pendant quelques années, il sillonne les routes de Bretagne, de Normandie et du Val de Loire, acquérant une solide expérience de commercial et un précieux carnet d’adresses.</p>
<div class="mceIEcenter">
<dl id="attachment_1039" class="aligncenter" style="width: 310px;">
<dt><a href="http://www.armen.net/wp-content/uploads/2009/08/4-atelier2.JPG"><img class="colorbox-1155"  title="4-atelier2" src="http://www.armen.net/wp-content/uploads/2009/08/4-atelier2-300x203.jpg" alt="4-atelier2" width="300" height="203" /></a></dt>
<dd>L'usine de Trégunc dans les années 1971.</dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le couturier de la mer</strong><br />
En contact avec les professionnels, il a l’intuition qu’il faut utiliser les nouveaux matériaux comme le Nylon et le polyester (PVC), pour confectionner des vêtements professionnels plus robustes. À l’époque, les marins utilisent encore des vestes en coton enduit, la fameuse huile de lin. Elles sont lourdes, peu confortables et laissent passer l’eau. Par exemple, lorsqu’un hameçon croche le coton enduit, il le coupe. Il faut alors multiplier les rapiéçages, synonymes d’humidité supplémentaire…<br />
Avec sa femme Françoise, une Concarnoise qui avait travaillé dans une voilerie et maîtrisait bien la couture, Guy Cotten propose à son employeur de lancer une nouvelle gamme de cirés en polyester. Ce dernier refusant, il décide de créer sa propre affaire en 1964. Le couple choisit naturellement d’ouvrir un atelier et une boutique à Concarneau. “Jamais je ne me serais installé ailleurs qu’ici, déclarait-il à la presse locale, il y a quelques années. Concarneau est un atout compte tenu de notre activité. Quand on fabrique des vêtements de mer, mieux vaut être près des marins, des plaisanciers et qui, dans le milieu maritime, ne connaît pas le port de Concarneau ? Cela nous apporte un plus à l’export.”<br />
Les débuts sont artisanaux. La semaine, le couple confectionne vestes et pantalons à la maison. Lui coupe les pièces qu’elle assemble ensuite. Les coutures sont soudées, en chauffant le polyester qui fond et bouche les trous d’aiguilles. “Plus on fait de trous dans le PVC, précise Nadine Bertholom, plus l’eau rentre. On doit donc faire des points de couture les plus espacés possibles, puis réaliser des soudures à haute fréquence. Il faut que le vêtement reste étanche, tout en ne risquant pas de se découdre.” De même, Guy Cotten a aussi l’idée d’enrober l’élastique dans le tissu des bretelles de ses cotes, ce qui les renforce considérablement.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’habit du marin</strong><br />
À leurs débuts, les Cotten fabriquent une trentaine de vêtements par jour. Le samedi, Guy Cotten arpente les quais des ports de Cornouaille pour présenter ses nouveaux produits qui vont rapidement trouver un public. “Il y avait quarante mille marins à l’époque. Le marché était important. Les vêtements de mer anciens se déchiraient vite et étaient souvent remplacés”, se souvient Guy Cotten. Or, les cirés et vêtements de travail qu’il propose sont fabriqués dans un matériau plus léger, ce qui permet de les doubler, voire de les tripler au niveau des genoux. De plus, ses cirés et ses salopettes sont totalement imperméables. Bon commercial, le fondateur de l’entreprise se rappelle aussi que sa maîtrise du breton lui a permis à de nombreuses reprises de rompre la glace et de convaincre bien des marins.<br />
Grâce au bouche à oreille, les produits Cotten rencontrent un vif succès. Très vite, l’entreprise s’agrandit. Elle emploie une dizaine de personnes à la fin de 1965. En 1971, la société quitte la maison initiale de la rue Adigar à Concarneau pour s’installer dans un entrepôt plus vaste dans la commune voisine de Trégunc, où elle va connaître de nouvelles phases de croissance. Les premiers modèles possédaient quelques défauts que Guy Cotten va s’employer à gommer en écoutant les pêcheurs. “On a réussi parce que, dès les débuts, nous avons misé sur des produits adaptés et que nous avons été à l’écoute des attentes des marins”, commente Nadine Bertholom. Dès les premières années, l’entreprise a en effet mis au point un service après-vente qui est sans doute pour beaucoup dans son succès.<br />
En quelques années, le fameux ciré jaune et la cotte à bretelles deviennent “l’uniforme” des professionnels de la mer. “Ce ne sont pas des vêtements de ville, note Nadine Bertholom-Cotten. Il y a une exigence de qualité. Nous travaillons constamment avec les professionnels. Nos vêtements évoluent suivant leurs conseils, même si le dessin reste globalement le même comme, par exemple, pour les côtes à bretelles. On nous avait dit que le bas des pantalons se dégradait trop vite. Nous avons donc renforcé cette partie avec des soudures.” Basé dans le Goélo, ancien marin-pêcheur, Régis Le Men est aujourd’hui “un capitaine qui a toujours son Cotten”. “C’est un incontournable de la profession, déclare-t-il. On m’a parfois fait essayer d’autres marques, mais elles n’ont pas la même solidité. Un ciré Cotten, c’est une double peau, avec laquelle on n’a pas peur d’affronter le mauvais temps. La mer est un milieu dur, où ça ne plaisante pas. Il faut donc du costaud ! En plus, ils ont fait des efforts en termes de confort et d’ergonomie. Tout aussi important, ils ont développé des éléments adaptés à chaque métier sur l’eau. Il y a des tabliers quand on fait de l’araignée ou des manchons renforcés quand on va “bouéter” les casiers. À la coquille, on travaille à genoux et ils ont renforcé cette partie avec des épaisseurs supplémentaires.”</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La mode du yachting</strong><br />
Les marins ne sont pas les seuls à être séduits par les vêtements Guy Cotten. Nombre de professions en extérieur - ouvriers et paysans notamment -, acquièrent ces produits résistants et étanches. “La chose est moins connue, mais une grosse partie de notre production est destinée au monde agricole, indique Nadine Bertholom-Cotten. Nous réalisons avant tout des vêtements de travail et notre souci est d’assurer la protection et le confort des professionnels, avec des produits qui sont ensuite déclinés pour les loisirs et le grand public.” L’une des formules favorites que l’on prête à Guy Cotten est d’ailleurs “puisque la mer est notre domaine, la pluie l’est aussi”.
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<p style="text-align: center;"><a href="http://www.armen.net/wp-content/uploads/2009/08/8-photogroupe.JPG"><img class="aligncenter colorbox-1155" title="8-photogroupe" src="http://www.armen.net/wp-content/uploads/2009/08/8-photogroupe-300x261.jpg" alt="8-photogroupe" width="300" height="261" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">En effet, si les professionnels plébiscitent les vêtements de Guy Cotten, celui-ci sent bien qu’il ne faut pas mettre tous les œufs dans le même panier et cherche à se diversifier. La démocratisation de la voile et l’explosion de la plaisance à partir des années 1960 (lire ArMen n°144 et 152) vont constituer une belle opportunité. D’autant que, situé presque en face des îles Glénan et de son célèbre centre nautique, l’entreprise est, là encore, idéalement placée pour répondre aux doléances des formateurs de voile. C’est d’ailleurs l’un d’entre eux, Yvon Hemery, le fondateur de l’école de voile de Rosbras, un petit port dans l’Aven, qui donne à Guy Cotten l’occasion de mettre au point un nouveau vêtement emblématique. Il lui signale l’aspect peu pratique des tenues de mer d’alors, limitées à des vestes à bouton-pression qui laissent passer l’eau ou des vareuses qu’on enfile par la tête. Interpellé, Guy Cotten va concevoir un nouveau ciré étanche, fermé par un système à glissière et protégé par une bande Velcro. Cette fois encore, le succès est immédiat et la “Rosbras” devient l’un des produits phares de l’entreprise. Elle l’est encore avec le ciré jaune. “La Rosbras a constitué une grande innovation à l’époque, indique Nadine Bertholom-Cotten. Encore une fois, c’est grâce à la proximité que notre modèle est né.” Copiée sans vergogne par la concurrence, Guy Cotten intente plusieurs procès qu’il remporte. Désormais, toutes les innovations mises au point dans l’entreprise sont brevetées. Chef de bases aux Glénan à la fin des années 1960, André Linard se souvient « être allé acheter du matériel dans le petit atelier de Cotten sur le port de Concarneau. On lui prenait notamment des matelas de bord, qui ont duré des années. À l'époque, au niveau des vêtements de plaisance, on se débrouillait comme on pouvait, en achetant des trucs peu adaptés dans les coopératives maritimes. Je crois que Cotten a été le premier à faire des habits pratiques, utilisables et confortables. Ce qui était chouette, c'est qu'il nous demandait notre avis. C'était très sympathique. »<br />
À noter que les vêtements professionnels restent la priorité, la “crédibilité” de l’entreprise, selon le mot du fondateur. D’ailleurs, au début des années 1970, tout ce qui n’était pas destiné à la pêche était présenté dans la rubrique “fantaisie” du catalogue… Depuis les premières Rosbras, la gamme grand public, ou seawear, de Guy Cotten s’est pourtant largement étoffée : vestes diverses, vareuses, bonneterie, polaires… L’entreprise de Trégunc a aussi lancé des collections femmes et enfants. Enfin, en matière d’accessoires, Guy Cotten a également lancé une gamme de sacs étanches, fort prisés tant des professionnels que du grand public. « J'en ai acheté un en 1970, commente Didier Linard. Il me sert toujours… Je n'ai jamais vu un truc aussi solide ! Je crois que l'intelligence de Cotten a été de faire des choses qui durent. Même si c'est un peu plus cher que la concurrence, on prend parce que c'est du solide. »</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’exigence de la sécurité</strong><br />
Dans les années 1970, l’entreprise s’investit également dans le domaine de la sécurité où les besoins sont importants. La sécurité maritime est d’ailleurs l’un des chevaux de bataille de Guy Cotten, pour qui une vie sauvée en mer vaut toutes les décorations. Un domaine où il ne faut pas non plus lésiner sur la qualité des produits. Guy Cotten a donc élaboré des gilets flottants, puis des dispositifs plus complexes, comme des combinaisons ou les bretelles gonflables à déclenchement automatique, une sorte d’airbag du marin… Pour défendre ses produits, le fondateur de l’entreprise n’hésite d’ailleurs pas à se jeter littéralement à l’eau. Ainsi, il saute en combinaison dans le port de Dieppe devant un parterre d’officiels des autorités maritimes quelque peu interloqués. Une autre fois, il passe plusieurs heures en combinaison dans un bac à glace de l’hôpital de Concarneau pour convaincre les professionnels des qualités de ses équipements de sécurité. La légende veut qu’il en soit sorti sans un éternuement… “Dans ce domaine également, commente Nadine Bertholom-Cotten, le dialogue avec les professionnels nous apparaît primordial, afin d’allier sécurité et fonctionnalité.” L’entreprise a mis au point des combinaisons de sécurité homologuées pour la marine marchande, déclinée en deux variantes, européenne et française, suivant les normes en vigueur. D’une épaisseur de cinq millimètres, les marins peuvent les enfiler rapidement, mais ils ne peuvent pas travailler avec. Cependant, elles permettent d’augmenter considérablement les chances de survie en cas de naufrage.<br />
Guy Cotten commercialise également des combinaisons de survie réalisées pour la voile sportive. Moins épaisses, elles permettent d’effectuer des manœuvres. “Quand les conditions sont trop mauvaises, explique Nadine Bertholom-Cotten, on les enfile. Elles permettent de réchauffer les marins et, en cas de chute dans l’eau, elles flottent.” Ce type d’équipement est d’ailleurs obligatoire sur la plupart des courses au long cours, comme le Vendée Globe. Une course mythique, mais responsable de plusieurs fortunes de mer qui ont mis en évidence la qualité des combinaisons Guy Cotten. En 1996-1997, Thierry Dubois et Raphaël Dinelli n’auraient sans doute pas survécu sans la combinaison TPS (thermal protective survival), créée à base de titanium pour l’isolation thermique et de Néoprène pour la flottabilité. Dans la dernière édition 2008-2009, plusieurs skippers en étaient équipée, dont Jean Le Cam qui la portait lors de son spectaculaire sauvetage par Vincent Riou.<br />
“Nous ne faisons pas de sponsoring sur les courses nautiques, note Nadine Bertholom-Cotten. Mais nous avons des partenariats avec plusieurs skippers. Ils font connaître le logo et la marque et, tout aussi important, ils font progresser les produits que nous fabriquons pour eux. Là encore, nous privilégions le dialogue avec les spécialistes qui nous font part de leurs remarques.” Les vêtements et combinaisons sont ensuite proposés en version grand public. “Lorsqu’un produit a résisté à une course au large durant laquelle il a été mis à rude épreuve, on peut estimer qu’il va tenir dans des conditions de plaisance normales !”<br />
Outre des vêtements de sécurité, Guy Cotten a racheté à Pirelli, en 1988, la marque Piel, spécialisée dans les combinaisons de plongée et de planche à voile. En 1991, Cotten lance d’ailleurs le maillot Otarie, créé en Hot skin, une matière plus souple et légère que le Néoprène classique. Confortable, le maillot permet de se baigner pratiquement toute l’année, ce qui en fait un accessoire particulièrement adapté aux mers “fraîches” comme celles qui bordent la Bretagne. Guy Cotten est d’ailleurs à l’origine du “bain des otaries” à Concarneau, une baignade collective qui a lieu le jour de l’an.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Un style mais pas de stylistes<br />
</strong><br />
Nadine Bertholom-Cotten le reconnaît, les vêtements Guy Cotten restent fidèles à une ligne classique et les plus anciens modèles n’ont guère évolué dans la forme. “Nous ne suivons pas la mode, mais nous réalisons des produits qui durent et sont durables. Les gens achètent du Guy Cotten parce qu’ils savent que cela va tenir dans le temps. Notre identité est fondée sur la qualité. Sinon, nous ne serions d’ailleurs sans doute plus là. Nos produits sont basés sur l’étanchéité, la chaleur, le confort. On n’a pas envie de perdre en efficacité avec des fioritures. Du coup, nos vêtements sont sans doute moins démodables que d’autres.”<br />
Une des particularités de l’entreprise réside d’ailleurs dans le fait qu’elle ne fait pas appel à des stylistes ou à des spécialistes pour mettre au point des produits. “Notre bureau d’études, c’est le bout du quai”, aime à répéter le fondateur. Les produits sont conçus en interne, avec les dirigeants et des membres du personnel. Ils sont ensuite testés avec des professionnels puis, quand ils ont fait leurs preuves, ils sont déclinés sur d’autres lignes plus grand public. “Nous nous basons sur des techniques et des savoir-faire acquis au fil du temps, commente Nadine Bertholom-Cotten. Une expérience qui nous permet de garder une longueur d’avance. Par exemple, nous avons beaucoup travaillé sur les problèmes de respiration. Le PVC est en effet étanche, ce qui crée des problèmes de condensation. Nous avons donc mis au point un système de double paroi pour les atténuer. Il y a deux ans, nous avons également mis en place de nouveaux produits, dont la marque Isolatec que nous avons déposée.” Le fondateur continue à participer à l’élaboration de nouveaux produits dans l’entreprise. Il est ainsi à l’origine de la récente mise au point de la “capuche magique”, qui tourne avec la tête. Elle permet ainsi une meilleure vision, ce qui est primordial en termes de sécurité, tout en développant le confort. Conformément à la méthode Cotten, elle a d’abord été adaptée pour les vêtements marins et agricoles, avant d’être commercialisée pour le grand public. “Si on se détournait de nos principes, affirme Nadine Bertholom-Cotten, nous aurions disparu. Si nous faisions dans la mode pour vendre plus, je pense que l’entreprise ne perdurait pas dans un monde où la concurrence est aussi forte.”</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Coupé en Bretagne<br />
</strong><br />
Car le niveau de qualité des produits Cotten a un coût qui se répercute évidemment sur le prix des vêtements. Comme l’ensemble du textile européen, Cotten a souffert de la globalisation économique de la dernière décennie. Nombre d’usines européennes de confection ont été délocalisées vers la Chine ou d’autres pays émergents. Mais, comme ses cirés, l’entreprise Guy Cotten semble taillée pour affronter bien des tempêtes. “Il y a un léger retour vers l’Europe, estime Nadine Bertholom-Cotten, en raison des délais d’approvisionnement et du suivi des articles. Mais je ne pense pas que nous allons assister à un renversement de situation. Même si les coûts augmentent aussi en Chine, il faudra du temps pour réduire les écarts. Il faut aussi savoir que beaucoup de marques qui se disent européennes ne sont plus que des bureaux d’études et de stylistes, la production s’effectuant ailleurs. Ce qui n’est évidemment pas notre cas.”<br />
L’entreprise Guy Cotten a cependant délocalisé une petite partie de sa production de sportswear. “Nous travaillons avec une usine à Madagascar, qui ne produit que pour nous, avec des matériaux coupés en Bretagne et qui sont assemblés là-bas. Nous avons également envoyé des machines. En cas de problème à Madagascar, nous pouvons d’ailleurs les assembler ici. Cela nous laisse une marge de manœuvre pour répondre à des demandes urgentes.” L’entreprise a conservé une bonne partie de sa production et des savoir-faire les plus techniques en Bretagne. En plus de quarante ans, l’entreprise a en effet développé des procédés techniques complexes, notamment en matière de couture et de soudure, qu’elle entend bien conserver.<br />
Guy Cotten pèse un poids non négligeable dans l’économie du pays de Concarneau. Son chiffre d’affaires s’élève actuellement à douze millions d’euros. L’entreprise emploie près de cent cinquante personnes en Bretagne, dont la majorité à l’usine de Trégunc. “Le succès de Cotten s’est fait d’abord dans les ports du sud Bretagne, explique Nadine Bertholom. Nous restons très attachés à cette région. Certains peuvent penser que nous sommes loin de tout, ce qui est bien évidemment faux. Nous sommes ici au cœur du monde de la mer, mais également du monde agricole qui constitue notre second marché.” Chaque année, entre quatre cents et cinq cent mille pièces sont confectionnées en Bretagne.<br />
Guy Cotten est également impliqué dans la vie locale. Si l’entreprise ne sponsorise guère de manifestations culturelles - à l’exception de la fête des filets bleus à Concarneau -, elle aide les associations locales en leur confectionnant des banderoles - ornées du fameux logo - au prix du tissu. “Nous ne sommes qu’une PME aux ressources réduites, explique la dirigeante. Nous préférons proposer cette forme de partenariat, afin de donner un coup de pousse aux associations locales, tout en faisant connaître la marque.”
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<p style="text-align: center;"><a href="http://www.armen.net/wp-content/uploads/2009/08/10-BD-filevent_filet_cl_009.jpg"><img class="size-medium wp-image-1041 aligncenter colorbox-1155" title="10-BD-filevent_filet_cl_009" src="http://www.armen.net/wp-content/uploads/2009/08/10-BD-filevent_filet_cl_009-300x297.jpg" alt="10-BD-filevent_filet_cl_009" width="300" height="297" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.armen.net/wp-content/uploads/2009/08/10-BD-filevent_filet_cl_009.jpg"></a><strong>Un succès international</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Outre la qualité des produits, plusieurs facteurs peuvent expliquer les raisons du succès de la marque. Guy Cotten s’appuie ainsi sur un solide réseau de distribution. En plus des coopératives maritimes et des commerces spécialisés, il a ouvert un magasin d’usine à Trégunc, où sont commercialisées les fins de série. Guy Cotten possède également deux boutiques, à Concarneau bien sûr et à Paris, dans le quartier de Montparnasse. Récemment, un magasin franchisé vient d’ouvrir dans le centre-ville de Quimper. En revanche, Guy Cotten n’est pas distribué en grande surface, par souci de conserver son réseau de détaillants et sa clientèle.<br />
Guy Cotten est aujourd’hui leader pour les vêtements de mer professionnels avec 95 % des parts de marché. Il représente également un tiers des vêtements de travail agricole et un tiers des vêtements de nautisme vendu dans l’Hexagone. Cotten est également l’un des leaders européens du vêtement de mer. Dès les années 1970, l’entreprise s’est développée à l’export. Elle possède des représentants dans une vingtaine de pays. La marque est ainsi bien implantée dans les îles Britanniques depuis 1979. L’organisation des sauveteurs en mer britanniques vient par exemple de s’équiper en Guy Cotten. Les vêtements bretons se vendent également bien en Amérique du nord, en Scandinavie, en Espagne et en Italie. Elle équipe nombre de pêcheurs sur toutes les mers du monde, dont l’Afrique de l’ouest où Guy Cotten est présent depuis 1972. “Nous réalisons aujourd’hui un quart du chiffre d’affaires à l’export”, explique Nadine Bertholom-Cotten qui affiche une certaine sérénité quant à l’avenir d’une entreprise restée à taille humaine et familiale. “Mon mari et ma sœur travaillent ici et ma fille va bientôt nous rejoindre. L’implication de la famille est une force. Nous ne sommes pas dans le court terme, mais pour que l’entreprise fonctionne, sans la presser. Nos actions, c’est notre travail ! Sinon, nous ne serions plus en Bretagne.”<br />
Fondée au milieu des années 1960, l’entreprise Guy Cotten a une belle histoire et un avenir. Ses dirigeants maintiennent donc le cap, celui de vêtements de qualité et de haute technicité, adaptés à des mondes rudes comme celui de la mer. Son inoxydable logo, inventé par le graphiste Alain Le Quernec en 1974, est désormais internationalement connu et véhicule l’image d’une Bretagne tonique, maritime. Quand ils sont ancrés à une identité forte, les marques bretonnes ont décidément du savoir-faire et du faire-valoir !</p>
<p>Erwan Chartier-Le Floch<br />
Photos : Guy Cotten et Xavier Dubois.</p>
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		<title>Produit pour la Bretagne</title>
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		<pubDate>Thu, 23 Jul 2009 14:00:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>yann</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
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		<description><![CDATA[Après quinze ans d’existence, le très reconnaissable phare blanc sur fond jaune et bleu estampille près de trois mille articles et services “Produit en Bretagne”. Au-delà du macaron, l’association éponyme fondée en 1995 a lancé une multitude d’initiatives collectives visant à promouvoir l’emploi et le développement de la Bretagne. Chaque année, l’association mène une campagne ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align:justify"><strong>Après quinze ans d’existence, le très reconnaissable phare blanc sur fond jaune et bleu estampille près de trois mille articles et services “Produit en Bretagne”. Au-delà du macaron, l’association éponyme fondée en 1995 a lancé une multitude d’initiatives collectives visant à promouvoir l’emploi et le développement de la Bretagne.<br />
</strong></p>
<div id="attachment_780" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.armen.net/wp-content/uploads/2009/07/imagespeb_Page_1_Image_0001.jpg"><img class="size-medium wp-image-780 colorbox-775" style="margin: 1px;" title="Affiche de la campagne 2009 de Produit en Bretagne" src="http://www.armen.net/wp-content/uploads/2009/07/imagespeb_Page_1_Image_0001-300x225.jpg" alt="Affiche de la campagne 2009 de Produit en Bretagne" width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">Affiche de la campagne 2009 de Produit en Bretagne</p></div>
<p>Chaque année, l’association mène une campagne de communication. Celle de 2009 re?ète sa stratégie pour les années à venir, axée sur la promotion d’un développement territorial durable. Née pour soutenir l’économie régionale, pénalisée par des logiques européennes qui mettent à mal les périphéries, Produit en Bretagne ne s’inscrit pas dans une logique de concurrence territoriale ou de protectionnisme local. Ce réseau se veut “collectif solidaire et citoyen”, et ambitionne de dépasser les simples notions de concurrence ou d’intérêt personnel. Les enquêtes sont formelles : pour une majorité de personnes, il est tout à fait naturel d’identifier les produits bretons par un logo spécifique. Les uns estiment que les produits qui arborent le petit phare font partie de notre culture, et qu’il faut donc les faire connaître au plus grand nombre, d’autres les choisissent en priorité, car ce sont de bons produits ou encore pour soutenir l’emploi régional (1). Une jeune femme interrogée par l’association devant les caisses d’un hypermarché répond même avec un large sourire qu’il est tout à fait normal de choisir ces produits, car ils sont “bretons et qu’il faut bien défendre la cause bretonne !” Lorsqu’au début des années 1990, l’idée germe lors de conversations entre Jean-Claude Simon, directeur <em>marketing</em> de la coopértive Even et quelques amis, dont Jean-Yves Chalm, du Télégramme, d’autres pays, comme l’Irlande ou le Québec, font déjà appel à la fibre patriotique pour favoriser leurs produits sur des marchés de plus en plus concurrentiels.<br />
Quelques années plus tôt, Danièle Floc’hlay, qui créera par la suite le concept d’hôtellerie bretonne Celtia, avait déjà tenté l’expérience avec plusieurs industriels, en lançant le label <em>made in Breizh, </em>qui n’a pas perduré. En France, une multitude d’appellations et de labels mettaient déjà en avant la qualité, certains savoir-faire et certains terroirs, mais en aucun cas une région et son économie. Dès le lancement de Produit en Bretagne – et c’est à cela que tient une partie de son succès –, c’est bien l’emploi qui est mis en avant. “À l’époque, le miracle breton avait porté ses fruits, se souvient Jean-Claude Simon. Le monde devenait un village, et il fallait tout miser sur l’export… Pourtant, nous étions quelques-uns à nous inquiéter de la concurrence émergente dans les pays de l’Est et surtout de la popularité des théories sur le croissant fertile européen, dont le développement, de Londres à Milan, mettait hors jeu les régions périphériques. Avec Jean-Marie Le Gall, de Savéol et un peu à l’image de l’action du Celib dans les années 1950 et 1960, en tant que dirigeants, nous pensions pouvoir intervenir pour favoriser l’emploi, à une époque où il n’était bien sûr plus question de procéder à des décentralisations autoritaires pour créer de l’activité. Nous souhaitions faire quelque chose de concret, mais sans moyens financiers. On a émis l’hypothèse qu’on pouvait favoriser l’emploi régional en proposant aux consommateurs d’acheter, à qualité et prix égaux, des produits fabriqués en Bretagne et signalés par un logo.” De nombreuses inconnues demeuraient pourtant. Quelle serait, par exemple, la réaction de la grande distribution, souvent inflexible face à des producteurs qui n’avaient, pour leur part, pas davantage l’habitude de travailler en concertation avec leurs concurrents directs ? “Nous ne savions pas non plus comment répondraient les consommateurs bretons, témoigne Jean-Claude Simon. Nous craignions que certains perçoivent cette initiative comme un repli sur soi.”<br />
En 1994, l’idée est présentée à cinq cadres de la Scarmor, la centrale d’achat de Leclerc, qui se montrent convaincus par l’argumentaire des fondateurs. Dans la foulée, ils parviennent à persuader une douzaine d’entreprises d’apposer un logo “Certifié Bretagne” à certains de leurs produits, pour tester la viabilité du projet. D’emblée, tous prennent l’engagement d’ouvrir le cercle initial à leurs “pires concurrents” si l’expérience s’avérait positive. Après trois mois de test, côté chiffre d’affaires, les résultats sont concluants. Les sondages réalisés durant l’été pour tester la réaction du grand public recueillent, par ailleurs, entre 75 et 87 % d’opinions positives. Seul bémol, la direction de la répression des fraudes épingle les participants sur l’appellation retenue. Pour utiliser l’expression “Certifié Bretagne”, il aurait fallu que 100 % des matières premières utilisées pour fabriquer ces produits soient bretonnes. “Les principaux responsables des fraudes étaient des Bretons, poursuit avec malice l’exdirigeant d’Even, ils nous ont donc aidés en nous suggérant d’utiliser la formulation “Produit en Bretagne”. En 1995, lors de l’assemblée constitutive, trente membres forment le noyau dur de cette “entreprise associative” d’un genre nouveau.</p>
<h4>Une organisation collégiale</h4>
<div id="attachment_785" class="wp-caption alignright" style="width: 306px"><a href="http://www.armen.net/wp-content/uploads/2009/07/imagespeb_Page_4_Image_0002.jpg"><img class="size-full wp-image-785 colorbox-775" title="Le Calvez-Produit en Bretagne" src="http://www.armen.net/wp-content/uploads/2009/07/imagespeb_Page_4_Image_0002.jpg" alt="Le Calvez-Produit en Bretagne" width="296" height="176" /></a><p class="wp-caption-text">Un camion des transports Le Calvez arborant le logo Produit en Bretagne</p></div>
<p>Logiquement, les deux premiers collèges créés sont ceux des biens de consommation courante (agroalimentaire, textile, végétal) et des distributeurs. Bien qu’il était prévu dès l’origine d’ouvrir l’association à d’autres secteurs, et notamment à la culture, Produit en Bretagne va d’emblée être fortement associée au monde de l’agroalimentaire, dont la puissance fascine les uns et inquiète les autres. D’autant que son siège est basé à l’Institut de Locarn, autre lieu de rencontres des hauts dirigeants bretons. On y retrouve en effet des personnalités assez semblables, à la démarche à la fois entrepreneuriale et militante, au service du développement et du rayonnement de la Bretagne. Ce qui les différencie d’autres milieux n’est pas tant les moyens dont ils disposent ou une vision particulière de l’avenir de ce pays – il y a ici la même profusion de conceptions du développement économique, institutionnel ou culturel de la Bretagne que dans d’autres cénacles – que leur volonté d’appliquer les méthodes de l’entreprise à leurs actions collectives. Dans le cas de Produit en Bretagne, cela se traduit aussi par une volonté de s’autofinancer dans une très large mesure, même si la région et les collectivités locales contribuent à son budget (2). Aujourd’hui encore, le collège “agroalimentaire” représente 55 % des adhérents, avec cent dix entreprises de tailles très variables, parmi lesquelles on trouve bon nombre d’enseignes emblématiques, comme Hénaff, Coreff, Britt, Larzul, Plancoët, Loïc Raison, Petit navire, Sill, Connétable, Savéol, Larzul ou Triballat. Ensemble, elles mettent au point des campagnes de promotion, participent à des missions à l’export ou à des salons d’acheteurs en dehors de Bretagne, organisent un concours de la meilleure nouveauté (3) et se réunissent au sein différents groupes de travail. En nombre de salariés dans les entreprises membres – plus de trente mille –, de chiffre d’affaires, mais aussi de contribution au budget de l’association, il devance les cinq autres collèges.</p>
<div id="attachment_784" class="wp-caption alignleft" style="width: 305px"><a href="http://www.armen.net/wp-content/uploads/2009/07/imagespeb_Page_4_Image_0001.jpg"><img class="size-full wp-image-784 colorbox-775" title="imagespeb_Page_4_Image_0001" src="http://www.armen.net/wp-content/uploads/2009/07/imagespeb_Page_4_Image_0001.jpg" alt="Un rayonnage produit en Bretagne" width="295" height="197" /></a><p class="wp-caption-text">Un rayonnage produit en Bretagne</p></div>
<p>Second pilier historique, le collège distributeurs” rassemble quatorze membres, dont les douze poids lourds de la grande distribution en Bretagne et dans l’Hexagone, un nombre sans rapport avec son importance stratégique pour la réalisation des objectifs de l’association. On y trouve aussi bien Leclerc qu’Intermarché, Système U, Auchan, Carrefour, Champion ou Cora. En nombre de salariés, ils pèsent autant que l’agroalimentaire, soit trente mille emplois bretons. Leur contribution individuelle au budget de l’association, calculée selon leur part de marché, peut aller jusqu’à quatorze mille euros ! Pour bien des responsables, il y a une vingtaine d’années, constituer un tel collège était absolument impensable, tant les rivalités et la concurrence étaient vives. Jean-Claude Le Gall, qui succédera plus tard à Jean-Claude Simon à la présidence, se souvient du retentissement dans les milieux dirigeants de la première réunion des longs couteaux de la gms (Grandes et moyennes surfaces) : “On a vu les gens de Système U ou d’Intermarché entrer pour la première fois au coeur du fief des Leclerc, c’était impensable ! Des personnes qui ne s’adressaient pas la parole se sont mises autour d’une table pour imaginer des actions communes. Même les non-Bretons ont joué le jeu !” Pour certaines entreprises, notamment les petites, la véritable révolution sera de voir les portes de la grande distribution s’ouvrir de manière inespérée, grâce à l’entremise du petit logo jaune et bleu. Guy Le Lay, le créateur du Eddu, le fameux whisky de blé noir, explique d’ailleurs sans détour que Produit en Bretagne a eu un impact considérable sur les ventes de l’entreprise. On peut aussi citer l’exemple des confitures les 4 saisons au Huelgoat ou de la brasserie Britt, de Trégunc, dont l’un des dirigeants, Jean-François Istin, reconnaît que “la forte implication de la brasserie dans l’association a largement porté ses fruits”. D’une seule voix, les administrateurs de Produit en Bretagne expliquent en effet que les retombées pour les membres sont proportionnelles à leur degré d’implication dans les travaux collectifs. “C’est une question de ressenti plutôt que de chiffres, estime Frédérick Bourget, directeur de l’association depuis 2005. Lorsque le courant passe, les carnets d’adresses s’ouvrent, les idées fusent, et l’on en ressort gagnant. Rien n’est cependant automatique, adhérer sans participer n’a aucun intérêt”.</p>
<h4>Le réseau avant le business</h4>
<p>Selon lui, les membres se répartissent en trois catégories : “Il y a premièrement ceux qui sont avant tout intéressés par les objectifs commerciaux de l’association. Ensuite viennent les entreprises dont les dirigeants sont attachés au développement de l’emploi et de la Bretagne, pour qui le business potentiel n’est pas la priorité. Ils adhèrent dans l’objectif de communiquer certaines valeurs à leurs salariés ou encore à leur clientèle. Il y a enfin ceux qui ne sont pas là pour le business, mais pour le réseau lui-même. Pour eux, travailler collectivement pour la Bretagne est une évidence. 95 % de nos membres sont dans ces deux dernières catégories.” En 1996, c’est en lisant le Télégramme du matin que Jean-Yves Le Calvez, pdg de l’entreprise de transport éponyme, basée à Guipavas, découvre Produit en Bretagne. Il décroche son téléphone et appelle Jean-Claude Simon, son ancien professeur à l’École supérieure de commerce de Brest pour lui témoigner son intérêt et offrir ses services. Produit en Bretagne s’apprêtait alors à lancer un collège “Banques”, un autre grand pilier de l’activité économique régionale, autour du cmb, du Crédit Agricole ou encore du cio. Au pied levé, Jean-Jacques Le Calvez participe à la première réunion de création de ce nouveau collège qui est d’emblée élargi aux services. Il en prend d’ailleurs aussitôt la présidence. Au fil des mois, les fondateurs du collège font entrer des entreprises avec qui ils travaillent ou partagent des valeurs communes, comme l’assureur Verlingue, mais aussi des imprimeurs comme Cloître ou des entreprises hôtelières comme Brit Hôtel. En tout, une trentaine d’entreprises proposant des services aux sociétés et aux particuliers composent ce collège, soit 16 % des membres et plus de vingt mille salariés. Au-delà de sa contribution financière importante à l’association, ce collège a la particularité d’y avoir insufflé une énergie nouvelle en dépassant le cadre plus étroit de la seule promotion des produits.<br />
Jean-Jacques Le Calvez reconnaît que pour un transporteur, les retombées directes de l’utilisation du logo sur un camion sont loin d’être celles qu’on peut attendre sur un paquet de galettes, par exemple. “Puisque notre rôle risquait d’être un peu virtuel, nous avons imaginé des actions d’accompagnement, poursuit le dirigeant de Guipavas. On a, par exemple, monté des groupes de travail sur la gestion de crise, la sécurité dans l’entreprise ou plus récemment les thèmes de la santé, de la nutrition et du bien-être. À chaque fois, nous faisons appel à une expertise extérieure dont nous faisons profiter les entreprises membres. Pour la santé et la nutrition, par exemple, nous travaillons conjointement avec des organismes et associations spécialisées, comme le Critt, l’association Bleu banc coeur ou Valorial.” De la même manière, un groupe de travail “développement territorial durable” vient d’être monté. Jakez Bernard, de la maison de production quimpéroise Label Prod etvice-président très actif de l’association, considère que “Produit en Bretagne est un des rares endroits où des personnes de métiers aussi différents se rencontrent, échangent, prennent des initiatives communes. Cela aboutit à créer une sorte de culture générale de la Bretagne qui est extrêmement enrichissante.” Jean-Jacques Le Calvez reconnaîtavec humilité s’être ouvert l’esprit en fréquentant pour la premièrefois le monde des artistes et descréateurs bretons que son activité quotidienne ne lui permettait pas d'aborder.</p>
<h4>Une économie de la culture</h4>
<div id="attachment_783" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.armen.net/wp-content/uploads/2009/07/imagespeb_Page_3_Image_0001.jpg"><img class="size-medium wp-image-783 colorbox-775" title="imagespeb_Page_3_Image_0001" src="http://www.armen.net/wp-content/uploads/2009/07/imagespeb_Page_3_Image_0001-300x200.jpg" alt="Le Conseil d'administration de Produit en Bretagne en mars 2009" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">Le Conseil d&#39;administration de Produit en Bretagne en mars 2009. Au centre, Jacques Bernard, son président actuel</p></div>
<p>Selon son premier président, Jean-Claude Simon, il était dès l'origine prévu que Produit en Bretagne s’ouvre à la culture et ne se cantonne pas à l’agroalimentaire. Membre du bureau de Produit en Bretagne, Jean-Jacques Goasdoué, cadre aux Transports frigorifiques européens (tfe), travaillait déjà sur les notions d’économie et de culture au moment de la création du collège. “Nous étions d’avis que la source d’énergie d’un pays était sa culture et que de celle-ci dépendait de son dynamisme économique, explique-t-il. Quelques années plus tôt, sur France 3, Xavier Grall avait très justement fait remarquer qu’un paysqui perdait son âme perdait aussi son économie.” Lancé autour d’un petit groupe d’entreprises, comme Coop Breizh, la Scarmor – Leclerc développait alors ses espaces culturels –, le Chasse-Marée ou encore les Éditions Ouest-France, le collège s’est lui aussi progressivement étendu. “La création du collège culture avait cependant fait débat à l’assemblée générale de Tréguier”, précise-t-il . L’ouverture de Produit en Bretagne aux “produits” culturels répondait, certes, également à des préoccupations économiques à l’heure où les libraires et disquaires détaillants cédaient le pas aux rayons culture de la grande distribution. Certains responsables ne voyaient cependant pas l’intérêt d’élargir le cercle initial à un monde qu’ils connaissaient mal et qui pesait bien peu en termes économiques. À l’inverse, certains acteurs culturels étaient méfiants. Jakez Bernard, lui-même issu du monde de la musique et de l’audiovisuel breton, reconnaît que l’image qu’il avait des patrons de l’agroalimentaire était bien différente de celle qu’il en a aujourd’hui. “J’ai découvert des gens courageux, gonflés, prêts à s’engager. J’ai été bluffé par le niveau d’investissement, la recherche permanente de qualité et le niveau de réflexion de ces industriels, explique-t-il. J’ai vu tous les présidents, mais aussi de nombreux dirigeants se positionner en faveur de la culture bretonne.” Côté artistes, tout le monde n’était pas non plus disposé à recevoir la lumière du petit phare. Un flûtiste breton a même refusé de recevoir le grand prix produit en Bretagne attribué à son disque par un jury mandaté par l’association. Une manière de rappeler, sans doute, qu’au-delà des dirigeants, il y a des salariés et un environnement naturel pour qui le monde de l’agroalimentaire n’est pas toujours synonyme de bien-être et de développement. Ces questions sont d’ailleurs aujourd’hui au coeur des travaux de l’association.<br />
Un autre pas important dans l’ouverture au monde de la culture est franchi en 2001, lorsque l’association intègre Création Bretagne, un regroupement d’entreprises et de créateurs du domaine des arts de la table, de la broderie ou du vêtement, à qui l’on devait plusieurs opérations de promotions conjointes en Bretagne et à Paris. On y trouvait par exemple des entreprises comme Henriot ou Armor-Lux. Négociée avec doigté après un <em>round</em> d’observation, leur adhésion a modifié la philosophie du collège qui est devenu “culture et création.” Cette évolution s’est notamment traduite par la création d’un logo spécifique, portant la mention “Sélection culture et création”, qui peut être utilisé en dehors de la grande distribution, à la différence du macaron d’origine. Aujourd’hui, le collège culture et création regroupe de nombreuses entreprises culturelles emblématiques, dont la prospérité profite, en contribuant à donner une image positive de la Bretagne, aux membres des autres collèges (4). Sa représentativité s’est d’autant plus accrue qu’il vient se s’ouvrir aux membres de l’ancien collège “Membres partenaires”, qui regroupait jusqu’alors les associations et structures dont les activités ou les équipements concourent à l’activité culturelle régionale. On y trouve donc désormais l’Office de la langue bretonne, Océanopolis, le festival interceltique, les fêtes maritimes de Douarnenez, ou encore Le Quartier, centre d’art contemporain de Quimper. C’est au sein de ce collège élargi qu’a été mis en place un groupe de travail sur le mécénat, qui avec l’Admical (5)<em>,</em> réfléchit sur la manière de le développer au sein du réseau. Rendez-vous est pris avec tous les acteurs intéressés le 15 mai prochain au Palais des arts à Vannes, pour une conférence sur le thème “Mécénat-entreprise et vitalité culturelle, pour un développement territorial responsable”.</p>
<div id="attachment_787" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.armen.net/wp-content/uploads/2009/07/imagespeb_Page_5_Image_0002.jpg"><img class="size-medium wp-image-787 colorbox-775" title="prix produit en bretagne" src="http://www.armen.net/wp-content/uploads/2009/07/imagespeb_Page_5_Image_0002-300x166.jpg" alt="Remise des prix Produit en Bretagne à Vannes" width="300" height="166" /></a><p class="wp-caption-text">Remise des prix Produit en Bretagne à Vannes</p></div>
<p>La culture bretonne, c’est aussi la langue et certains symboles d’appartenance, comme le Gwenn ha du. En 2007, Produit en Bretagne frappe fort en lançant une campagne qui prône sans complexe “l’achat militant pour l’emploi en Bretagne”. Pour bien marquer leur appartenance collective, les produits présentés sur l’affiche ont  “tombé” leurs marques et étiquettes habituelles pour arborer le drapeau breton. Unité et appartenance : il fallait oser retenir la proposition d’Alain Le Quernec. Au même moment, dans le métro parisien, c’est en langue bretonne que les produits au phare promettent un plaisir total, <em>plijadur penn da benn</em>. C’est probablement la première fois dans l’Histoire que la langue bretonne est utilisée comme vecteur de communication de masse, qui plus est, en dehors de Bretagne. Au conseil d’administration de Produit en Bretagne, l’utilisation du drapeau et de la langue a été débattue de manière approfondie. Si tous les membres n’ont pas le même attachement à la langue, ceux qui favorisent son utilisation depuis les origines ne le font assurément pas dans un esprit mercantile. Pour certains piliers de Produit en Bretagne, comme Jean-Claude Le Gall, le breton est non seulement une langue maternelle, mais elle est aussi au cœur de l’identité bretonne et de ce qui rend ce pays spécifique. “En 1999 et 2000, c’est en breton, et à Nantes que j’ai ouvert l’assemblée générale de Produit en Bretagne”, rappelle-t-il. On peut également citer Georges Premel-Cabig, directeur de l’Intermarché de Plouguerneau, qui a été le premier à installer une signalisation entièrement bilingue. “Le regard sur la langue a évolué progressivement, explique Jakez Bernard. Au début, il n’y avait pas franchement de rejet, mais certains se demandaient quoi ça pouvait “servir”. Au fil du temps, nous avons expliqué, horde tout contexte militant, l’importance de la langue. Aujourd’hui, tout le monde s’est rallié à l’idée, sans état d’âme”. Seize ans après sa création, le cercle d’une quinzaine d’entreprises fondatrices s’est ouvert à deux cents autres qui emploient, ensemble, plus de cent mille salariés. On estime le chiffre d’affaires des deux mille sept cents produits portant le logo à quinze milliards d’euros ! L’entreprise associative emploie cinq personnes et n’organise pas moins de cent vingt réunions de travail par an. Le logo jouit d'un taux de notoriété plus élevé que jamais, atteignant 90 % en Bretagne et 20 % en région parisienne. Et l’emploi dans tout ça ? Difficile de dire ce qui se serait passé si le petit macaron n’avait pas vu le jour, mais on peut constater que la Bretagne a connu un taux de chômage inférieur à la moyenne nationale tout au long des années 2000. Quand on sait l’importance qu’occupe l’emploi agroalimentaire dans l’économie régionale, on peut sans prendre trop de risques avancer que l’impact de l’association est loin d’être négligeable sur l’emploi.<br />
Au-delà des chiffres, c’est par sa contribution à l’émergence d’une conscience collective chez les dirigeants bretons que le bilan de Produit en Bretagne est le plus spectaculaire. L’universitaire Jean Ollivro n’hésite pas à avancer que Produit en Bretagne “a démontré la capacité des Bretons à concilier des intérêts économiques à un véritable projet social et humain”. Jean-Claude Le Gall n’a pas oublié la remarque d’un correspondant de la région de Toulouse qui avait songé développer un projet similaire dans sa région : “Ce serait impossible chez nous, expliqua-t-il, car il n’y a pas de conscience collective des enjeux, nous n’avons que la somme des intérêts et des préoccupations individuelles”. Des exemples comme celui du Pays basque sud (lire <em>ArMen</em> 148) montre que les modèles économiques basés sur une ambition collective, comme celui des coopératives ou des fameux “<em>clusters</em>”, ne fonctionnent jamais aussi bien que là où les hommes ont la capacité à mettre une partie de leurs rivalités de côté et à travailler, comme le formule un autre acteur historique, Jean-Michel Bordais, du groupe Leclerc, “dans l’intérêt supérieur de leur région”. ¦<br />
<strong>Yann Rivallain</strong></p>
<p><em>(1) L’étude TMO-CSA réalisée en juin 2007 a révélé que 80 % des consommateurs considèrent que les “produits au phare” sont des produits de qualité.<br />
(2) En 2008, le budget de l’association s’est élevé à 1,2 million d’euros, dont 83 % en provenance des adhérents. Le reste étant couvert par les subventions de la région et des cinq départements bretons, l’association ayant choisi dès l’origine de travailler sur la Bretagne dite historique.<br />
(3) Parmi les lauréats de 2009, on trouve un sirop de cassis artisanal commercialisé par les confitures les 4 saisons de Huelgoat, un coffret de rillettes de Groix et nature, un yaourt bio par Bio Nat, un coffret gros sel et moulin par les Salines de Guérande.</em></p>
<p>Visitez le site de Produit en Bretagne : <a href="http://www.produitenbretagne.com/" target="_blank">http://www.produitenbretagne.com</a></div>
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