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	<title>Armen.net &#187; Disques et DVD</title>
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	<description>La Bretagne un monde à découvrir</description>
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		<title>Les livres de fin d&#8217;année</title>
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		<pubDate>Mon, 13 Dec 2010 04:42:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>yann</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Denise Le Dantec, partitions pour l’estran et les lisières “Je suis venue ici pour me promener au bord de la mer et il n’y a sans doute pas pour cela meilleur endroit sur toute cette côte. Je ne sais pas où sur ce rivage de la Manche européenne on pourrait trouver un estran si plein ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align: justify;"><strong><img class="alignleft size-full wp-image-3958" title="ledantec" src="http://www.armen.net/wp-content/uploads/2010/12/ledantec.jpg" alt="" width="165" height="249" />Denise Le Dantec, partitions pour l’estran et les lisières</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">“Je suis venue ici pour me promener au bord de la mer et il n’y a sans doute pas pour cela meilleur endroit sur toute cette côte. Je ne sais pas où sur ce rivage de la Manche européenne on pourrait trouver un estran si plein d’humanité, même si son nom n’a pas acquis une grande réputation.” Ce lieu mal arrimé sans réputation, c’est l’île Grande, ou plutôt “Île Grande” comme il faut l’appeler. C’est là que Denise Le Dantec aime marcher, sur cette côte de granit rose plus connue pour ses rochers et ses stations balnéaires, entre arméries et cri des mouettes. Ce que nous donne cette “grande dame”, avec ce livre, c’est sa “partition pour une île”, partition faite de notes limpides, de barres de mesure mouvantes, dans l’air tonifiant de l’automne ou de l’hiver, avec “l’Europe entière derrière soi”. Ce livre relève du genre des “mélanges” : à la fois poème, document, réflexions, observations botaniques et ornithologiques. Autant d’approches conjuguées, modestes, pour se sentir appartenir à un monde que nous éloignons de nous. Une dizaine d’années de promenades se trouvent serrées dans ces pages qui, par notes délicates, recueillent les éclats éparpillés d’un univers mouvant : “A Park-ar-Baron, la régularité de l’ordre cosmique se manifeste dans sa loyauté splendide”. Et le mysticisme des méditations, l’hypnose des affûts, la fatigue des activités jardinières, la patience de l’écriture, tous ces moments de vie semblent ici se résoudre dans une seule expérience, celle de la présence au monde. L’ouvrage, qui paraît sans vacarme aux éditions de La Part Commune, parenthèse d’oxygène dans le bruit de la rentrée littéraire, impressionne par l’absence de “pose” littéraire, de concession, de complaisance. Denise Le Dantec observe puis s’efface dans des intervalles de recueillement. Elle place au-dessus de tout le fait de parler du temps qu’il fait, de dire la couleur rose bonbon des pattes d’un oiseau, de décrire un cristal de neige, de se laisser hanter par l’île d’Aval… Avec de superbes moments d’écriture, comme cette transcription des cris et appels d’oiseaux, ou ce contrepoint “mimologique” d’observations à la jumelle et de notations musicales : “Roche du fort, parmi les prunelliers, 7 mai, 11 h du matin. Indice de luminosité : 6,6… Grive draine : tilip. Nombreux gazouillis de moineaux : tui, tui.” Un bonheur ne venant jamais seul, Apogée publie, du même auteur, l’Homme et les herbes. Le titre vient d’une réflexion d’un professeur : “L’espèce humaine, isolée des autres vivants par son cerveau hypertrophié, a besoin du moindre brin d’herbe pour se rappeler qu’elle n’est pas seule au monde.” Denise Le Dantec met ici son érudition de botaniste au service d’une morale du brin d’herbe, mêlant un inventaire des plantes et une philosophie personnelle : “L’herbe ouvre à tous nos mondes, à tous nos temps, comme à toutes nos nécessités. Sa verdeur est le gage de notre existence.” Le sommaire encyclopédique laisse à lui seul deviner au lecteur qu’avec ce livre, il ne dispose pas seulement d’un traité subjectif de botanique mais aussi d’une compagnie curieuse de tout, cueillant une vaste moisson de savoir. Et la Bretagne est présente à chaque page.<br />
Daniel Morvan</p>
<h6>Journal de l’estran (Île Grande), Denise Le Dantec, La Part Commune, 300 pages, 17 e. L’Homme et les herbes, Denise Le Dantec, Apogée, 528 pages, 23 e.</h6>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<h2 style="text-align: justify;">Archéologie celtique et bretonne</h2>
<p style="text-align: justify;">Deux livres viennent de paraître touchant à l’archéologie celtique ou bretonne. Le premier, dirigé par Pierre Ouzoulias et Laurence Tranoy, regroupe les contributions d’un récent colloque sur la romanisation des Gaules. L’archéologie a en effet permis de renouveler nos connaissances sur la Gaule d’avant la conquête, démontrant son ouverture sur la Méditerranée et le reste de l’Europe. Une étude sur la consommation de vin en Gaule illustre les relations économiques poussées avec l’Italie. Le livre aborde également la conquête et les difficultés qu’ont pu rencontrer les Romains pour soumettre durablement ce vaste territoire. Richement illustré, le second livre est une synthèse des découvertes archéologiques effectuées en Bretagne depuis une trentaine d’années. Il couvre toutes les périodes, du Paléolithique jusqu’au Moyen Âge et recense les grands chantiers menés ces dernières années. De nombreuses reconstitutions de site, souvent inédites, renforcent l’attrait de ce livre très complet.<br />
Erwan Chartier-Le Floch</p>
<h6>Comment les Gaules devinrent romaines, sous la direction de Pierre Ouzoulias et Laurence Tranoy, Éditions La Découverte / Inrap, 320 pages, 24 e. Fouilles et découvertes en Bretagne, Yves Menez, Stéphane Hinguant, Ouest-France, 144 pages, 17,90 e.</h6>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<h2 style="text-align: justify;">Le gallo en poche</h2>
<p style="text-align: justify;">Après une Grammaire du gallo, Patrik Deriano, publie aujourd’hui, chez le même éditeur, un dictionnaire bilingue, le Motier de pouchette. Dictionnaire de poche, donc, mais comprenant quatorze mille entrées réparties sur sept cent quarante-six pages. Rédigé en priorité “pour ceux qui apprennent le gallo”, son utilité est certaine et son succès assuré. Si dans toutes classes et bibliothèques, sur toutes les tables de travail, on rencontre déjà l’imposant et indispensable Petit Matao de Régis Auffray, ce nouveau dictionnaire au format 12,5x18 sera, sinon dans toutes les poches, entre toutes les mains. Fruit d’une collaboration approfondie entre l’auteur et son éditeur, la structuration des entrées et la typographie sont d’une clarté exemplaire. À chaque entrée est associée une transcription phonétique. L’auteur revendique, au risque de la critique, l’usage de formes standardisées. C’est une évidence : si le gallo veut survivre, il doit être enseigné, et son enseignement, comme pour toute langue, implique une standardisation. Bien sûr, les formes retenues comme standard dans ce nouveau Motier seront discutées. Pour la phonétique, l’auteur dit avoir retenu, en règle générale, la prononciation “la plus attestée”. Une telle mesure ne va pas de soi et il faudra encore certainement bien des échanges entre spécialistes, bien des usages, pour s’accorder sur les prononciations standards. Plus surprenantes sont certaines des graphies conservées, souvent éloignées, sans explications, de la graphie dite abcd revendiquée par l’auteur. Pourquoi charriot avec deux “r” ? Pourquoi un “r” final à chantour et même à dessour ? Pourquoi bonjourn plutôt que bonjour ? Un gallo standard, issu d’un travail collectif, est encore à venir.<br />
Jean-Pierre Angoujard</p>
<h6 style="text-align: justify;">Dictionnaire de poche gallo-français-français-gallo, Patrik Deriano. Éditions Label ln, 746 pages, 25 e.</h6>
<h2 style="text-align: justify;">Histoires d’oiseaux</h2>
<p style="text-align: justify;">L’alouette des champs fait-elle partie des oiseaux visibles à la plage ? En tout cas, Serge Kergoat la fait figurer sans hésiter en tête de ses “ugent labous an aod” (vingt oiseaux de la plage). Pour prolonger l’observation, on ne saurait trop recommander la nouvelle édition du Guide ornitho, de Lars Svensson, Killian Mullarney et Dan Zetterström, un guide des plus complets, avec neuf cents espèces décrites dans le détail. Et pour s’envoler sur les ailes de la poésie, Maya Mémin (gravures) et Marc Le Gros (poèmes) nous entraînent à la rencontre de trois oiseaux, le moineau, le cygne et le rouge-gorge, “picorant le temps bref, parmi l’odeur acide et tiède, et fraîche du crottin”. Chez Corti, Fabienne Raphoz nous offre une merveilleuse (et très sérieuse) anthologie des contes et mythes de tradition orale relatifs aux oiseaux. Gascons, creeks ou mongols, mais aussi bretons (le Corps sans âme, les Miracles de Saint-Georges), les contes où figurent des oiseaux sont vieux comme le monde. Et, suggère Fabienne Raphoz, il n’existe pas de “conte d’explication” (c’est-à-dire répondant aux “pourquoi” les plus élémentaires) sans la présence d’oiseaux, alors que les mammifères sont rares : l’oiseau est le messager de tous nos points d’interrogation.<br />
D.M.</p>
<h6>Vingt oiseaux de la plage, Serge Kergoat, Éditions Ouest-France, 24 pages, 4,50 e. Trois lointains avec oiseaux, Marc Le Gros et Maya Mémin, Éditions Apogée, 30 pages, 9 e. Le Guide ornitho, Lars Svensson, Éditions Delachaux et Niestlé, 446 pages, 30 e. L’Aile bleue des contes : l’oiseau, Fabienne Raphoz, Éditions José-Corti. 474 pages, 25 e.</h6>
<p style="text-align: justify;">
<h2 style="text-align: justify;">Moisson romanesque dans une veine réaliste</h2>
<p style="text-align: justify;">La rentrée littéraire 2010 a été marquée par trois livres d’auteurs de Loire-Atlantique : Éric Pessan (Incident de personne, Albin Michel), Philippe Forest (le Siècle des nuages, Gallimard) et Gaëlle Bantégnie (France 80, Gallimard). Mais, en marge de l’événement annuel, on relève une abondante moisson de romans situés dans une veine réaliste ou historique. Tous ne sont pas nécessairement des chefs-d’œuvre, mais ils ont pour point commun de traiter de ce que la littérature française refoule chez elle pour mieux l’admirer dans le roman américain : la terre, le paysage, la mer, la réalité des métiers. Nathalie de Broc signe une romance maritime avec Fleur de sable (nom d’un fier langoustier mauritanien), quand Daniel Cario poursuit la saga du Sonneur des halles avec les Habits de lumière, dans la Cornouaille du xixe siècle. L’époque de la Ligue est aussi celle du brigand Guy Eder de la Fontenelle, dont le surnom, le “loup”, donne son titre au livre de la Bigoudène Elisabeth de Sainte Foy, qui signe ici son premier roman. Pour la Finistérienne, Colette Vlérick, prix Bretagne pour la Fille du goémonier, c’est l’heure de l’exil au Canada en compagnie de ses héroïnes de Plougastel qui se lancent dans l’aventure de la fraise outre-Atlantique. Autre destin historique : Danuta Le Hénaff, polonaise jetée par le destin vers les rivages malgaches et bretons, dont Anne Marcus a recueilli l’étonnant témoignage. Aux éditions 10/18, Yves Josso a choisi pour héroïne une jeune artiste, Clémence, qui enquête après le sac de la cathédrale de Quimper. Une enquête (inédite, paraissant en poche) qui commence à Pont-Aven, au temps de Gauguin, et se poursuit dans la pègre parisienne. Nous terminerons par Hervé Jaouen qui se distingue par l’absence de tonalité mélodramatique autant que par la noirceur de ses fictions. Les Sœurs Gwenan (avec une intrigue située au cap Sizun) poursuit le cycle des Filles de Roz-Kelenn et de Ceux de Ker-Askol.    D.M.</p>
<h6>Fleur de sable, Nathalie de Broc, Presses de la Cité, 314 pages, 19,90 e. Les Habits de lumière, Daniel Cario, Coop Breizh, 384 pages, 19,50 e. Le Loup, Elisabeth de Sainte Foy, Coop Breizh, 320 pages, 19,50 e. Les Terres chaudes, Colette Vlérick, Presses de la Cité, 278 pages, 19 e. Danuta Le Hénaff, Anne Marcus, Éditions Ouest-France, 190 pages, 14,90 e. L’Assassin des cathédrales, Yves Josso, 10/18 (collection Grands détectives), 350 pages. Les Sœurs Gwenan, Hervé Jaouen, Presses de la Cité, 454 pages, 21 e.</h6>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<h2 style="text-align: justify;">Bretagne, lol</h2>
<p style="text-align: justify;">Déjà une seconde édition des Histoires d’en rire en Bretagne, preuve que la danse n’est pas la seule contribution bretonne au patrimoine mondial. À défaut de déguster les blagues toutes fumantes, à fleur de comptoir, on lira Yvon Étienne et sa nouvelle édition de persiflages douarnenistes et de sarcasmes léonards, que l’on panachera avec la Drôle d’histoire du Morbihan, dans une nouvelle édition illustrée. Des Vénètes aux joueurs du fc Lorient, chacun a droit à sa page dessinée. Chassant sur les terres des miscellanées bretonnes de Yann Lukas, et d’Erwan Vallerie, Hervé Bellec réunit un florilège d’expressions et citations sur toutes sortes de sujets désopilants ou pas, du pardon des motards aux prononciations différentes de Rostrenen et Poullaouen. On poursuivra ce voyage en moquerie avec les surnoms bretons. On y retrouve le goût de la raillerie dans une sélection de surnoms parmi les dix-sept mille collectés par Mikael Madeg, du diskrouger anduill (dépendeur d’andouilles) à jamai tekateka, onomatopée forgée sur le bruit d’une machine à coudre, et rare surnom sans acidité de ce florilège d’amabilités. Les poètes bretons ont-ils de l’humour ? Lourd dossier, ironiseront les amateurs du genre. La question n’est pas sans fondement, à en juger par le pétillant opuscule de Chan Lagatu, composé de petits vers corrosifs : “Goutte à goutte la pluie dissout les crottes de chien” ; “le courlis sur l’eau : ne lui collez pas de poème au derrière”. Ou encore, définitivement : “J’aimerais qu’on écrive sur ma tombe : He Loved Potatoes.”                   D.M.</p>
<h6>Histoire d’en rire en Bretagne, Yvon Étienne, Éditions La Ligne Pourpre, 144 pages, 15 e. La Drôle d’histoire du Morbihan, Trinka, La Ligne Pourpre, 160 pages, 17 e. Brèves de Bretagne, Hervé Bellec, Edicité, 174 pages, 17 e. Le Grand livre des surnoms bretons, Mikael Madeg, Emgleo Breiz. 318 pages, 22,90 e. Journal d’un voyage à pied le long de la rive sud de la rade de Brest en hiver, Chan Lagatu, Wigwam (14, boulevard Oscar-Leroux, 35200 Rennes), 12 pages, 5 e.</h6>
<p style="text-align: justify;">
<h2 style="text-align: justify;">Saint-Coulomb, une commune à découvrir</h2>
<p style="text-align: justify;">Rarement citée, Saint-Coulomb (entre Saint-Malo et Cancale) mérite plus qu’un détour. Plusieurs noms y sont attachés : Léo Ferré pour l’îlot du Guesclin, sa maison (vendue en 1969) et une célèbre chanson ; Colette pour la villa Primerose dont le décor se retrouve dans le Blé en herbe. Saint-Coulomb recèle un patrimoine culturel remarquable (malouinières de la Grande Gâtinais et de la Villes es Offrans, l’étonnant château “vénitien” de la Fosse-Hingant, son moulin à marée, ses vestiges féodaux) et naturel (littoral, pointes comme celle du Meinga, bords de Rance).    D.M.</p>
<h6>Saint-Coulomb, pas à pas, Annie Gillaizeau, 30 pages, 12,50 e (s’adresser en mairie ; contact@saintcoulomb.com).</h6>
<p style="text-align: justify;">
<h2 style="text-align: justify;">Nantes ne fête  pas Demy à moitié</h2>
<p style="text-align: justify;">Nantes fête le cinquantième anniversaire du tournage de Lola, et le vingtième anniversaire de la disparition de Jacques Demy. Dès son premier film, Lola (1960), Jacques Demy s’est imposé comme l’un des meilleurs talents de la “nouvelle vague” aux côtés de Godard, Truffaut, Chabrol, Rivette, Varda. Soutenu par la complicité du décorateur Bernard Evein, du compositeur Michel Legrand et de la productrice Mag Bodard, il prend tous les risques et séduit le public du monde entier avec le film musical les Parapluies de Cherbourg. À l’occasion de cet anniversaire, un ouvrage majeur paraît aux éditions de La Martinière, sous la signature de Marie Colmant et Olivier Père. Principale originalité, il présente tous les films, courts, moyens et longs, avec fiche technique, résumé et analyse. Occasion de rendre justice aux films des tout débuts, notamment le Sabotier du Val-de-Loire, admirable documentaire inspiré par le Farrebique de Georges Rouquier. Lola, les Parapluies de Cherbourg, les Demoiselles de Rochefort : sous le paravent du mélodrame et de la féerie, le cinéaste nantais laisse une œuvre audacieuse et passionnée.<br />
D.M.</p>
<h6>Jacques Demy tout entier, Olivier Père et Marie Colmant, La Martinière, 280 pages, 45 e.</h6>
<p style="text-align: justify;">
<h2 style="text-align: justify;">Aquarellistes de Bretagne</h2>
<p style="text-align: justify;">Un premier ouvrage de peintres nous invite à visiter Bénodet avec pour guides l’œil et le pinceau de seize artistes. Tous peintres de la Marine, et l’on admire particulièrement le rendu d’un pastel sec de Christiane Rosset, dont le Minaret se détache sur un ciel d’ardoise pulvérisée ; la précision plus que photographique des perspectives de chantier naval (Chantier Stagnol) de Stéphane Ruais ou les tumultes atmosphériques de Jean-Gabriel Montador (Lois du temps), à conjuguer avec les dimanches intemporels de Patrick Camus (la Plage du Trez).<br />
Avec Batz, mémoires d’une île, Jean-William Hanoteau nous livre davantage qu’une série d’aquarelles. C’est le récit d’une longue amitié, d’une acclimatation étendue sur plusieurs décennies : en 1977, “estourbi par un deuil et un divorce”, l’artiste découvrait “le Caillou” et lui dédie ce bel album. La touche s’affermit sans jamais abandonner cette prudence méticuleuse, ce tact qui semble être la plus belle caractéristique, à la fois humaine et artistique, de cet aquarelliste. L’ouvrage que consacre Jean Urvoy à la Rance est, lui aussi, l’histoire d’un coup de foudre qui ne s’éteindrait jamais, comme s’il avait lui aussi découvert “la formule éternellement vraie, à jamais féconde, d’une joie inconnue”. L’auteur raconte un estuaire qu’il connaît bien, et le lecteur prendra le temps d’évaluer la justesse de ses observations. Mais ses aquarelles, pour précautionneuses qu’elles soient parfois, restituent avec justesse la vision intérieure d’un amoureux de ces paysages.    D.M.<br />
Les peintres officiels de la Marine : En escale à Bénodet. Éditions Le Télégramme, 120 pages, 28,50 e. Jean-William Hanoteau : Batz, mémoires d’une île. Textes de Alain Soularue, Éditions nsa, 104 pages, 19,50 e. Jean Urvoy : Lumières de Rance, Éditions nc (Saint-Suliac), 104 pages, 35 e.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.armen.net/wp-content/uploads/2010/12/bdvd.pdf"><br />
</a></p>
<h2 style="text-align: justify;"><a href="http://www.armen.net/wp-content/uploads/2010/12/bdvd.pdf">Lire les chroniques de livres en breton et de DVD/BD au format PDF en ligne</a></h2>
<h2>En bref</h2>
<p style="text-align: justify;">
<h3>L’ange et la bête</h3>
<p style="text-align: justify;">Patrick Malrieu livre une passionnante enquête sur la gwerz de Yann  Girin qui l’entraîne ensuite à la recherche d’un mythe commun autour des  hommes velus, de la Catalogne aux rives de l’Indus. ArMen présentera  prochainement ces travaux plus en détail.    E.C.L.F<br />
Qui veut faire l’ange, fait la bête !, Patrick Malrieu, Éditions tir (Rennes 2), 142 pages, 25 e.</p>
<h3>Images de mémoire</h3>
<p style="text-align: justify;">Les fonds cartophiliques constituent souvent de véritables reportages  qui, réunis en volume, racontent la chronique d’antan : on découvrira  celles de Carantec et de la pointe du Raz à travers deux parutions  nouvelles.    D.M.</p>
<h6>La Pointe du Raz et l’île de Sein. Mémoire en images, Cédric Gourin,  Éditions Alan Sutton, 98 pages, 20 e. Carantec d’antan à travers la  carte postale ancienne, Jean-François Cavellat, hc Éditions, 98 pages,  18,50 e.</h6>
<p style="text-align: justify;">
<h3>Cimetières de bateaux</h3>
<p style="text-align: justify;">À l’heure où le grand nettoyage sévit sur les rivages, les cimetières de  bateaux sont des sépultures vouées à la disparition : cela fait tout le  prix du livre de Klaod Roparz.            D.M.</p>
<h6>Cimetières de bateaux, Klaod Roparz, Éditions Galodé, 110 pages, 24,90 e.</h6>
<h3 style="text-align: justify;">Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne</h3>
<p>Les actes du congrès de 2009 de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne sont parus. Cet événement s’est tenu à Saint-Nazaire, aussi plusieurs articles portent sur l’estuaire de la Loire. L’autre thème était “la Bretagne et la guerre”, plusieurs contributions évoquent notamment les différents conflits qui ont touché la péninsule au Moyen Âge.    E.C.L.F</p>
<h6>Actes du congrès de Saint-Nazaire, Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne (1, rue Jacques-Léonard, 35000 Rennes), 752 pages, 35 e.</h6>
<h3>Pêches</h3>
<p>De belles photos en noir et blanc de bateaux en pêche. Des commentaires brefs, émus, parfois inutiles, parfois modestes, comme ceux d’Alain Souchon ou Jean Failler.    D.M.</p>
<h6>Pêche en mots salés, Catherine Le Goff, Husson Éditions (Bruxelles), 108 pages, 20 e.</h6>
<h3>Carrières de champions</h3>
<p>Né dans le bassin granitier du Hinglé, berceau des Miletto, Corvellec et Beghetti, Georges Le Meur rend hommage aux belles carrières de cyclistes propulsés “de la poussière à la lumière”.    D.M.</p>
<h6>Tailleurs de pierre, carrières de champions, Georges Le Meur, Éditions Avipret, (7, rue du Moulin-au-Duc, Dinan), 244 pages, 18 e.</h6>
<h3>Anicet Le Pors</h3>
<p>L’ancien ministre de la Fonction publique, originaire de Plouvien, se confie à l’éditorialiste de Sud-Ouest. Son enfance catholique, sa découverte de Marx, son amitié avec Georges Marchais, sa rupture avec le Parti communiste…    D.M.</p>
<h6>Les Racines et le rêve, Anicet Le Pors, Éditions Le Télégramme, 190 pages, 18 e.</h6>
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		<title>Les disques de Noël</title>
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		<pubDate>Thu, 09 Dec 2010 15:43:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>yann</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Roland Becker, la Bretagne sur grand écran C’est une fois de plus en Technicolor que Roland Becker livre sa Bretagne rêvée. Rythmes asymétriques, échelles anciennes et sonorités primales se télescopent pour créer un univers à nul autre pareil. Ce monde sans cesse en mouvement engendre une musique inventive où chaque son, chaque note trouve leur ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><img class="alignleft size-full wp-image-3923" title="becker" src="http://www.armen.net/wp-content/uploads/2010/12/becker.jpg" alt="" width="283" height="197" />Roland Becker, la Bretagne sur grand écran</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est une fois de plus en Technicolor que Roland Becker livre sa Bretagne rêvée. Rythmes asymétriques, échelles anciennes et sonorités primales se télescopent pour créer un univers à nul autre pareil. Ce monde sans cesse en mouvement engendre une musique inventive où chaque son, chaque note trouve leur place sur une partition extrêmement bien écrite. Le compositeur part du matériau populaire pour aboutir à des tableaux où la bombarde, la vielle à roue, le biniou, les percussions dessinent des arabesques qui viennent se superposer sur la toile. Évidemment, avec un musicien de la trempe de Roland Becker, rien n’est laissé au hasard. Les compositions révèlent des subtilités rythmiques et chaque lieu investi dans ces douze morceaux possède sa part de mystère, sans pour autant paraître abscons. L’énergie s’accumule pour exploser dans de brillants crescendos. Ainsi, la bombarde soliste est reprise par d’autres bombardes qui présentent l’extrême finesse de n’être pas accordées au quart de poil pour introduire la toute légère dissonance qui attirera l’oreille bien plus que l’accord ultraparfait souvent trop consensuel pour être honnête. L’écriture crée également de l’inattendu par des choix de timbres éloignés des conventions : coquillages frottés, rhombes, crécelle ou encore la roue à carillons de Confort-Meilars contribuent à cette tension sonore. Autre particularité de cet <em>opus</em>, l’utilisation d’enregistrements de chanteurs de référence, ici Marcel Jaffré et Joseph Le Menac’h. Le “<em>Kanamb Noel”</em> du premier nommé est appuyé par des traits de clarinette joués sur une rythmique différente de celle du thème, ce qui n’est pas sans rappeler des procédés utilisés par Arvo Pärt. C’est là aussi une des constantes des travaux de Roland Becker : le contemporain interpelle le traditionnel en permanence, sans qu’aucun de ces deux aspects n’apparaisse comme prioritaire. Le patrimoine populaire, pour peu qu’on n’en ait pas écrêté les caractéristiques profondes devient à son tour intrinsèquement porteur de modernité, c’est un peu ce que Roland Becker parvient à signifier grâce à l’habileté qu’on lui connaît. Une somptueuse jaquette, illustrée d’une étonnante peinture du xiv<sup>e</sup> siècle, résume fort bien cette démarche. Roland Becker, le Georges Méliès de la musique bretonne, nous surprend encore une fois !              <strong>Michel Toutous</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Roland Becker, Immrama,</strong> cd Oyoun Muzik om004, Distribution Coop Breizh db 10.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Hiks, de l’électricité dans les airs</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Avec Plantec et David Pasquet group, les Hiks représentent une des nouvelles écoles de la musique à danser en Bretagne. Dans cette mouvance, on ne craint pas d’envoyer de grosses doses d’électricité, des basses de plomb et des programmations électroniques. En fait, ce sont ces attributs qui prennent le pas sur les mélodies, cela de manière délibérée. Ceux qui attendent une formule basée sur le sempiternel trio bombarde-accordéon-guitare passeront leur chemin, à moins que leur curiosité ne les emmène vers ces chemins autrement moins tranquilles. Chez Hiks, on attaque directement dans le dur avec du gros son, de la grosse rythmique en évitant soigneusement les timbres les plus feutrés. Mais au sein de la mouvance évoquée plus haut, Hiks représente sans doute la formation la plus innovante notamment grâce à une technique redoutable, une précision de jeu qui ne l’est pas moins ainsi qu’une inspiration débridée. Les machines et les programmations lorgnent vers un <em>drum’n’bass</em> (ou plutôt le <em>drum’n’breizh</em>) qui, malgré cette puissance et cette radicalité, laisse une belle place aux mélodies que portent le violon de Pierre Droual et la bombarde de Gaël Lefevere. Ces derniers mettent à profit l’appui de cette rythmique en acier trempé pour jouer d’une certaine virtuosité et d’une certaine originalité dans les thèmes. Certes, les puristes de l’<em>andro</em> ou du rond de Saint-Vincent se sentiront un peu perdus dans un tel monde, mais plus loin qu’un simple groupe consacré exclusivement à la danse, les Hiks peuvent se situer sur une scène clairement rock où les repères sont totalement différents. Pour preuve “Antipéristaltique”, le morceau le plus intéressant de ce <em>Fig.2, </em>thème à cinq temps qui n’a rien à voir avec une quelconque danse de fest-noz. La voix de Lors Landat et l’harmonica de Gurvan Leray viennent renforcer l’atmosphère inquiétante engendrée par des bruits et improvisations du meilleur effet. Certainement la piste à explorer pour Hiks, mais ce ne sera sans doute plus pour le public des festoù-noz !        <strong>M.T.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Hiks, Fig.2, </strong>cd Aztec Musique cm2280, Diffusion Coop Breizh.</p>
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<p style="text-align: justify;"><strong>Les chansons multicolores de Gérard Delahaye</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Quand Gérard Delahaye prend sa plume pour écrire aux enfants, on est à peu près certain que ce seront des chansons en couleurs. Son dernier <em>opus</em> ne déroge pas à la règle avec son style toujours très personnel. Les mélodies sont limpides pour être aisément apprises dans les cours de récréation, et pourquoi pas dans les salles de classe. Les paroles portent aussi la même signature : les subtilités textuelles affleurent sous une naïveté qui n’est que de surface. Mais on sait l’intérêt que l’auteur-compositeur-interprète porte à la signification profonde des mots. Rien n’est réellement innocent. Ainsi “Roméo et Julia” va bien plus loin qu’une banale histoire d’amour. Cette belle chanson dénonce, mine de rien, les murs, les frontières et les armes que les hommes dressent pour empêcher les relations, qu’elles soient amoureuses ou sociales. À l’heure des questionnements incessants sur l’immigration, ce type de texte vient à point nommé pour susciter la réflexion, surtout chez le jeune public. C’est aussi Yvon Le Men qui vient à la rescousse pour une version pacifiée d’une <em>Marseillaise</em> qui prône véritablement la liberté, l’égalité et la fraternité que la France aurait tendance à négliger. Du côté de la musique et des arrangements, beaucoup de savoir-faire également pour dessiner une ambiance. On se retrouve au Mali grâce à un <em>groove</em> subtilement distillé dans la “Danse de la pluie”, au Liban dans “À Nabatiyeh”, de bien agréables voyages ! Ce très joli disque se conclut par une ballade-berceuse faite de mots très doux. « Rêveurs, il est temps de rêver » chuchote Delahaye, n’est-ce pas là la plus belle des manières d’accompagner son enfant dans les bras de Morphée ?                                                  <strong>M.T.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Gérard Delahaye, 1000 chansons de…,</strong> cd Dylie productions, dy 310, Distribution Coop Breizh, db 11.</p>
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<p style="text-align: justify;"><strong>Bayati, à la croisée des mondes</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Si la Kreiz Breizh Akademi était l’université, <em>Foñs ar Bed</em> pourrait être considéré comme un mémoire de fin d’études. On connaît les choix esthétiques du directeur Erik Marchand. Ses élèves marchent allègrement dans ses empreintes. Musique modale donc au menu de ces jeunes gens, intervalles non tempérés et <em>tutti quanti</em>. On sait également qu’un tel parti pris oblige quasiment à une écriture horizontale, les règles de l’harmonie étant caduques en la circonstance. L’instrumentation déployée par Bayati fait la part belle aux couleurs orientales : <em>oud, derbouka, zarb</em>, autant de timbres qui viennent s’allier à la voix de Faustine Audebert, avec également un violon et une flûte qui adoptent les mêmes échelles exotiques, ce qui est moins habituel pour eux. D’aucuns pourraient trouver des limites à ce langage. Elles existent certes, mais le tout est de manifester de la liberté dans la contrainte, de montrer du talent dans un registre obligé. Avec les jeunes musiciens de Bayati, il est clair que ces leçons de maître Marchand ont porté : on s’empare des thèmes et des développements mélodiques les habillent d’unissons puissants. Cette démarche autorise aussi des solos de toute beauté : dans “Ar Gwinn<em>”</em>, le violon (Gabriel Faure) puis la flûte (Gurvant Le Gac) les prennent successivement avant de laisser le devant de la scène au chant. Toutefois, un peu comme la Kreiz Breizh Akademi, il subsiste ce léger décalage entre les modes de la voix et des instruments. Ceux-ci sont très clairement orientalisants alors que la voix reste proche du chant traditionnel breton. Même si on peut trouver des parentés entre ces mondes musicaux, on y note une certaine dichotomie qui peut dérouter les oreilles non initiées. L’accompagnement, on s’en doute, doit aussi trouver des chemins de traverse que la modalité impose. C’est là que le rôle des percussions prend toute son importance. Pour ce faire, crescendos et decrescendos sont habilement mis en œuvre. Ils viennent appuyer la voix et les instruments mélodiques avant que les <em>tutti</em> se ménagent des finales explosifs. L’ouverture sur le monde se traduit également par les textes, de Abû Nuwas, grand poète arabe, à Pierre-Jakez Hélias, les mots joliment choisis disent le vin, l’amour et la mort… Avec sa collection de timbres et l’utilisation qui en est faite, Bayati représente une voie originale sur la nouvelle scène bretonne.      <strong>M.T.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Bayati, Foñs ar Bed,</strong> cd Bayati01, Distribution Coop Breizh, db 12.</p>
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<p style="text-align: justify;"><strong>Gweltaz, le revenant</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Après un long silence, voici venu le temps du retour pour Gweltaz Ar Fur (lire <em>ArMen</em> 178). Fidèle au folk-rock qui l’a vu pointer au <em>hit-parade</em> dans les années 1970, il retrouve le chemin des studios en compagnie de vieux routiers dont Patrice Marzin et Jakez Moreau qui assurent la direction artistique de ce petit dernier. Les thèmes chers à Gweltaz sont évoqués, en particulier cet attachement quasiment tripal à la langue bretonne. Chansons traditionnelles, avec une prédilection pour le pays vannetais ou compositions récentes, c’est une identité que le temps passé n’aura guère modifiée. À la manière d’un chanteur <em>country</em>, Gweltaz décline des ballades avec un accompagnement presque exclusivement acoustique. Les thèmes traditionnels comme le fameux “Ar soudarded a zo gwisket e ruz<em>” </em>sont réappropriés par le chanteur pour être restitués sur un registre éloigné des phrasés populaires. Le trait est d’ailleurs parfois un peu forcé, à vouloir trop donner une tonalité “folk” à des chansons qui ne le sont pas véritablement. Mais on éprouve toutefois un certain plaisir à réentendre une voix bretonne qui avait marqué une époque nettement plus revendicative que la nôtre. On notera au passage que la puissance de cette voix n’était pas plus un argument que le message qu’elle voulait passer. Effectivement Gweltaz n’était et n’est toujours pas un chanteur haut en gueule comme l’était par exemple le Glenmor tonitruant, mais peu importe ! De l’eau a coulé sous les ponts de l’Odet en quarante ans, et on a gardé la même sympathie à l’égard de quelqu’un qui a beaucoup œuvré pour la culture en langue bretonne. Ce retour au disque, c’est un peu comme lorsqu’on rencontre un vieux copain pas vu depuis des années, on ne se souvient que des bonnes choses et on oublie ensemble qu’on a vieilli…              <strong>M.T.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Gweltaz, Mebay ’vo glaw…</strong> cd Ar Bed Keltiek, abk 01, Distribution Coop Breizh, db 5x2.</p>
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<p style="text-align: justify;"><strong>Chansons de Bretagne, publiées à Paris</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Dans la grande tradition du petit séminaire de Sainte-Anne-d’Auray, l’abbé François Cadic (1864-1929) a porté sa part de labeur comme les chanoines Larboulette, Mahé et bien d’autres ecclésiastiques, soucieux de sauvegarder un patrimoine oral qu’ils estimaient déjà menacé. L’originalité de Cadic sera de publier les résultats de ses collectes, ainsi qu’une sélection de celles réalisées par ses amis prêtres, dans le mensuel <em>la Paroisse Bretonne de Paris</em> de 1899 à 1929. C’est l’ensemble de ces publications qui a été repris dans ce monumental ouvrage, comprenant les paroles, les partitions et les commentaires de l’abbé Cadic, introduits par des explications historiques et musicales, ainsi qu’un cd reprenant trente-deux des deux cent quinze chansons du livre.</p>
<p style="text-align: justify;">La plupart de ces chansons viennent du terroir vannetais, terroir d’une richesse incommensurable, on s’en aperçoit au fur et à mesure des éditions de collectes. Originaire de Noyal-Pontivy, l’abbé Cadic est lui-même allé sur le terrain à la rencontre des informateurs dès les années 1890. Le xix<sup>e</sup> siècle finissant garde encore des traces de la Révolution et nombre de chansons se font l’écho de ces luttes sanglantes. À cet égard, les commentaires de l’abbé dénotent une certaine sympathie de sa part pour la chouannerie et son mépris pour cet « immense massacre » que fut la Révolution. Les historiens trouveront d’ailleurs dans les chansons à visée historique matière à étude entre des personnages que la légende embellira (Marion du Faouët, Mandart, Isidore Le Dévéhat) et la narration de faits remontant au xvi<sup>e</sup> siècle, car la tradition populaire a vite fait de s’en emparer pour tisser sa propre toile. Mais l’histoire n’est pas l’unique objet de ces chansons, nombre d’entre elles relatent la vie sociale, les métiers, les amours, sans oublier bien entendu la vie religieuse avec quelques cantiques encore en vigueur de nos jours dans les pardons.</p>
<p style="text-align: justify;">On remarquera au passage le style ampoulé de l’abbé Cadic dans ses écrits, sans doute le style des lettrés de l’époque. Quelques succulents aphorismes et autres leçons de morale viennent ponctuer ses commentaires comme ce délicieux “Beaux usages du pays de nos pères, faut-il que le vent de l’oubli les emporte avec lui !” On y perçoit l’attachement de l’ecclésiastique à un catholicisme qui n’a pas encore vraiment rompu avec l’Ancien Régime, dont la paysannerie constitue le gros des troupes. C’est une Bretagne rurale idéalisée que dessinent ces écrits. Les valeurs comme le travail, la religion, le mariage sont naturellement mises en exergue tandis que sont vilipendées l’ivrognerie et la coquetterie… Collecte de patrimoine certes, mais il ne faut pas oublier le lectorat breton de Paris qui pourrait être tenté par les plaisirs de la capitale ! L’abbé se sent en terre de mission et souhaite manifestement empêcher ses ouailles de dévier du droit chemin de la foi et de l’amour de son pays natal.</p>
<p style="text-align: justify;">Le cd qui accompagne l’ouvrage donne à entendre des interprètes sélectionnés avec soin par Dastum, accompagnés de quelques perles anonymes. L’écoute, partition en main, permet de constater que ces chansons ne suivent pas forcément des métriques régulières, et on s’aperçoit également que les versions chantées sont parfois très différentes des versions notées dans le livre, tant du point de vue du texte que de celui de la musique. Cela dit, cette édition satisfera les chercheurs tout comme les amoureux de patrimoine populaire, car ces chansons viennent de très loin !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>François Cadic, Chansons populaires de Bretagne, </strong>livre+cd 625 pages, Presses Universitaires de Rennes, Dastum et crbc, 29 e.</p>
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<p style="text-align: justify;"><strong>Bagad Kemper, live au Cornouaille</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il y a aujourd’hui deux grandes catégories de cd de bagad : d’une part, les reprises de prestations de concours, et d’autre part la captation de spectacles de circonstance. Celui-ci appartient à la seconde catégorie. En 2009, à l’occasion de ses soixante ans, le bagad Kemper s’est vu remettre au festival de Cornouaille, une carte blanche. Elle s’est concrétisée par une soirée faite de la reprise de quelques-uns des grands moments des principales rencontres musicales bretonnes, galiciennes ou autres, de ces dix dernières années. Cette soirée estivale revêtit donc la forme d’un <em>best of</em> d’une quinzaine de morceaux pour lequel se retrouvèrent sur la grande scène du festival, en compagnie des musiciens de l’ensemble, nombre de compagnons de route du bagad : Marthe Vassallo, Erwan Volant, Dan Ar Braz, Gilles Le Bigot, Bernard Le Dréau. Le bagad retrouva même, l’espace d’une soirée, Erwan Ropars, son <em>penn soner</em> historique pendant près de trente ans. Le bagad n’a pas oublié non plus que l’histoire d’un ensemble instrumental est aussi celle de destins personnels, et nos musiciens n’ont pas manqué de rendre hommage à deux personnalités qui ont marqué le bagad : Michel Nodé, ancien penn-batteur et Hervé Le Meur, qui en fut longtemps le président <em>hep diskrog</em>, sans jamais décrocher. Voici un cd sans véritable surprise qui permet toutefois de réaliser à quel point l’ensemble quimpérois maîtrise désormais l’art de la scène.            <strong>A.M.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Bagad Kemper, Live au Cornouaille</strong>, Keltia Musique kmcd 520.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Yann-Fañch Kemener, Laurent Audemard, François Fava, Renat Sette, Si je savais voler, chants de Bretagne et d’Occitanie, </strong>Buda Musique 3018165, Distribution Universal.</p>
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<p style="text-align: justify;"><strong>Loup d’Irden</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les membres du quatuor que l’on trouve ici et qui exercent leurs talents dans la région de Dinan, méritent qu’on s’y attarde. Jean-Luc Revault, formé à l’école de La Bouèze, est une figure éminente du renouveau du violon en haute Bretagne, émule de John Wright ce qui ne l’empêche pas, parallèlement, de pratiquer l’accordéon diatonique. Professeur à l’école de musique de Dinan, il a longtemps collecté dans toute la région nord du pays gallo. Nelly Poidevin, ici au violoncelle, est quant à elle établie à Dinan, où elle exerce la profession d’archetière, une archetière très en vue, distinguée il n’y a peu par un prix décerné à l’occasion du salon Musicora. Olivier Pont joue également du violon, un instrument qu’il fabrique également à Dinan, en même temps qu’il redonne vie à quelques instruments plus ou moins oubliés. Le quatrième membre de l’Amuzette est Jean-Denis Toumit, hautboïste et veuzou. Le titre de leur premier cd, <em>Loup d’Irden</em>, paraît quelque peu mystérieux à première vue. Il fait référence à un morceau collecté il y a quelques années lors d’une fête à Saint-Julien-d’Irden. C’est principalement le terroir qui va de Fréhel à Bazouges-la-Pérouse en passant par Ploeuc-sur-Lié que nos compères explorent ici. Mais le sous-titre précisant « Musique à danser de Bretagne », quoi de plus naturel que de retrouver ici gavotte et <em>hanter-dro</em> ? Ce répertoire de danses se voit agrémenté d’une très belle complainte, “Lisa”<em>.</em> On avait déjà pu entendre Jean-Luc Revault dans diverses anthologies. Ce cd est le premier conçu autour de sa personnalité : pour ceux qui ne le connaissent pas encore, ce cd est une occasion idéale pour découvrir ce grand nom du violon de haute Bretagne.      <strong>A.M.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Jean-Luc Revault, Loup d’Irden</strong>, Association du Logis, LdI 001.</p>
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<p style="text-align: justify;"><strong>Jean Cras : mélodies avec orchestre</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’Orchestre de Bretagne retrouve ici à sa tête Claude Schnitzler, qui des années durant fut son chef attitré. C’est sous le signe de Jean Cras que se font ces retrouvailles, avec une nouvelle fois un programme inédit au disque concocté par Stéphane Topakian, fondateur directeur de Timpani, qui poursuit avec ténacité la publication des œuvres de l’amiral compositeur : les mélodies avec orchestre ou avec quatuor à cordes. On retrouvera deux cycles déjà enregistrés par la même maison, il y a une vingtaine d’années, mais alors dans une version pour piano : les quatre <em>Élégies</em>, sur des poèmes d’Albert Samain, et <em>l’Offrande lyrique</em>, inspirée de Rabîndranâth Tagore. Complétant le programme, on entendra les <em>Fontaines </em>de Lucien Jacques, des poèmes d’Édouard Schneider et de Verlaine. C’est pour l’interprétation des <em>Trois Noëls</em> de Léon Chancerel, dialogue façon pastorale, que l’orchestre se réduit à un quatuor à cordes, de même que pour les <em>Trois mélodies</em> de Georges Rodenbach, auteur crépusculaire très prisé des surréalistes. Redécouverte littéraire également : si quelques-uns de ces auteurs continuent à être lus, d’autres ne sont plus désormais connus que des amateurs et des spécialistes de la littérature poétique des premières années du xx<sup>e </sup>siècle. À qui les noms cités parlent-ils vraiment ? C’est à trois belles voix de la jeune génération que Stéphane Topakian, manifestement inspiré par la Bretagne, a confié la redécouverte de ces mélodies : la soprano Ingrid Perruche (Victoire de la Musique 2005), le ténor Philippe Do et le baryton Lionel Peintre.                   <strong>A.M.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Jean Cras, les Mélodies avec orchestre</strong>, Timpani 1c1160, Distribution Naïve.</p>
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		<title>Les chroniques disques de l&#8217;été</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Sep 2010 16:01:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>yann</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Ces quelques chroniques musicales estivales sont tirées du numéro 177 d'ArMen, en vente en kiosque jusque début septembre. Dès la rentrée, retrouvez les nouvelles parutions dans le numéro 178.</strong></p>
<p><a href="http://www.armen.net/wp-content/uploads/2010/09/nkorbell.jpg" rel="shadowbox[sbpost-3398];player=img;"><img class="alignright size-full wp-image-3390" title="nkorbell" src="http://www.armen.net/wp-content/uploads/2010/09/nkorbell.jpg" alt="" width="240" height="238" /></a></p>
<p><strong>Nolwenn Korbell, sans détour</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Noazh, nue, il fallait oser une telle pochette ! C’est fait, fort bien fait, et cela témoigne du souci de la chanteuse de se montrer à fleur de peau, dans sa belle quarantaine. L’auteur-compositrice-interprète douarneniste se livre sans détour, comme une épure qui laisse apparaître l’essentiel, le trait ultime, celui qui émeut plus que l’accessoire décoratif. Quatre langues, breton, anglais, français et russe sont employées dans ce quatrième album avec autant de sources d’inspiration pour des textes sensibles et riches de rimes qui claquent ou qui caressent. On y sent une réelle présence d’artiste. La technique vocale est à son apogée : Nolwenn Korbell passe de la voix de poitrine à la voix de tête avec un naturel confondant et c’est ce qui procure ce timbre unique, loin des minauderies des chanteuses à la mode cathodique. La voix est ici un outil artistique qui façonne les chansons, comme le pinceau d’un peintre. Tantôt elle leur donne un aspect satiné qui chante l’amour, tantôt elle leur laisse une rugosité qui peut chanter la douleur, comme dans “Anna”, magnifique hommage à la journaliste russe Anna Politovskaïa, assassinée pour avoir trop aimé la vérité. Le registre peut aussi se faire plus léger, mais avec toujours de la musique dans les mots. Aux côtés de la chanteuse, on ne saurait oublier ceux qui apportent leur pierre à cet édifice. Didier Dréo aux guitares et Jean-Christophe Boccou à la batterie, ainsi qu’aux programmations, respectent tous deux la voix et les textes. Ils se fondent en toute simplicité dans le monde de Nolwenn Korbell et l’on sent, chez eux aussi, ce sens de l’épure et de l’essentiel. Les longues notes bleues de la guitare étirent la mélodie pour lui donner encore plus de force et dessinent de belles volutes autour de la voix, la batterie donnant la pulsation du cœur des chansons. Nolwenn Korbell signe avec Noazh le plus bel album de sa discographie, le genre de disque qu’un critique réécoute… juste pour le plaisir.	Michel Toutous</p>
<p><em>Nolwenn Korbell, Noazh, cd Coop Breizh, cd 1029 – db5x2.</em></p>
<p><strong>Le retour des ramoneurs</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Après le grand succès de leur premier enregistrement, les Ramoneurs de Menhirs se doivent de battre le fer tant qu’il est chaud. Voici donc Amzer an Dispac’h, le temps de la révolte, avec la même énergie, la même fureur qui animent le quatuor emblématique d’une certaine contre-culture. Toutes guitares hurlantes, le leader, Lor’ann de Bretagne, ex-Loran des Bérurier Noir, lance son message tonitruant aux foules. Révolte, résistance, liberté – toujours ces maîtres mots qui animent les Ramoneurs et réunissent un public aussi turbulent que fidèle. C’est bien évidemment en breton, langue de résistance à l’uniformisation, que Momo Jouanno entonne les laridés et autres kas a barh qui voient s’entremêler allègrement public des festoù-noz et punks déjantés, une cohabitation sans soucis. Forcément, on ne s’attendra pas dans un tel discours à des finesses mélodiques ou rythmiques : on va droit au but, d’une manière binaire complètement assumée. La guitare se contente d’accords basiques agrémentés d’une boîte à rythmes sommaire, on ne s’embarrasse pas de détails esthétisants ni d’effets racoleurs, le contraire aurait surpris. Plus que du chant, c’est avant tout un cri de révolte mis en musique ! On note toutefois dans les partitions des sonneurs Eric Gorce et Richard Bévillon quelques soucis d’écriture inexistants sur le premier album. Entre autres curiosités de cet opus, une version punkisante de “La Blanche Hermine”, avec le concours de Gilles Servat, lui-même. Voilà qui nous change des versions militaires, voire fascisantes, de ce monument de la chanson bretonne ! Louise Ebrel, compagne de longue date des Ramoneurs, mais aussi Les mangeuses d’oreilles viennent également prêter leurs voix, la première pour une “trash-gavotte” au tempo d’enfer et les secondes pour “Marijanig”, une ronde de Loudéac qui défend la légalisation de certains végétaux illicites… Quelques morceaux de street punk et un hommage à Leonard Peltier, prisonnier politique américain, complètent ce concentré de révolte. Le succès des Ramoneurs de Menhirs n’a pas changé d’un iota leur démarche musicale ni son contenu idéologique. Cette constance dans la radicalité leur va comme un gant et à vrai dire, on ne les imagine guère autrement !	M.T</p>
<p><em>Les Ramoneurs de Menhirs, Amzer an Dispac’h, cd Produksion Du-mañ Ha du-hont, distribution fzm et Coop Breizh, cddmdh 03- cd 10.</em></p>
<p><strong>Didier Squiban en trio à Mexico</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Après ses expériences symphoniques et en quintet, Didier Squiban revient au disque sous une forme plus réduite, en trio avec Pascal Vandenbulke aux flûtes et Jérôme Kerihuel aux percussions. Loin des studios feutrés de l’Oz, c’est à Mexico, en public, qu’il a été enregistré fin 2008. On retrouve les constantes de l’œuvre du pianiste finistérien. Entre Keith Jarrett et kan ha diskan, de thèmes traditionnels en compositions, c’est toujours ce jazz élégant dans sa forme qui fait ce succès jamais démenti d’année en année. Dans cette formule en trio, le propos est plus resserré et cela autorise les percussions et surtout la flûte à partir dans des chorus extrêmement travaillés et brillants, où on joue à la fois sur la sonorité, notamment les superbes harmoniques de la flûte, et sur les modulations qui sont l’ordinaire des jazzmen. Précisément, c’est dans le domaine des timbres que Didier Squiban se démarque nettement des pratiques jazzistiques courantes. La flûte se faisant plutôt rare dans le monde du jazz, il s’agit d’une originalité bienvenue ! Ce concert de Mexico se conclut sur une version swing du “Bro gozh ma zadoù” qui rompt avec la grandiloquence souvent en vigueur dans son interprétation, une manière comme une autre d’ouvrir un patrimoine à l’universel.	M.T.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Didier Squiban Trio, Concert Mexico, cd L’Oz Productions, l’Oz 59, distribution Coop Breizh.</em></p>
<p style="text-align: justify;">
<p><strong>Le rock lumineux des Red Cardell</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Décidément, Red Cardell est sans doute le groupe le plus prolixe du rock breton ! Treize albums en dix-huit ans de carrière, ça n’est pas rien ! Le trio quimpérois, toujours adepte du rock lyrique qui a fait sa réputation, conserve également sa signature sonore. L’accordéon de Jean-Mich’ Moal trace les lignes mélodiques appuyées par la batterie de Manu Masko et la guitare de Jean-Pierre Riou, voilà pour la marque de fabrique quasi immuable des Red Cardell, qui n’oublient pas leur habituelle pincée de bombarde. Comme sur la plupart de leurs derniers enregistrements, quelques invités viennent enrichir le propos, comme cette section de cuivres qui vient donner une allure de combo aux chansons. D’ailleurs, si Red Cardell conserve depuis ses débuts cette forme de trio rock, l’apport de ces invités ainsi que l’évolution des thèmes dénote une sorte d’apaisement qui s’éloigne très progressivement du rock purement binaire et très électrique des débuts. On commence à adopter des rythmes nettement plus ternaires, voire swing, jusqu’à nous entraîner dans ce tourbillon irrésistible de “la Plume” ou dans la “Valse des Apaches”. Mais s’il est une caractéristique qui marque sa constance, c’est bien la voix de Jean-Pierre Riou, qui ne change guère au fil de la carrière de Red Cardell. Chaude, puissante et nettement timbrée, c’est une voix qui a vécu et est aussi pour beaucoup dans la personnalité du groupe. Les textes dessinent toujours un univers en phase avec les musiques. Entre petits riens de la vie quotidienne et autres préoccupations qui apparaissent en filigrane, ils participent de la densité de Red Cardell. Le dernier Red Cardell est un “bon” Red Cardell, qu’on se le dise !	M.T.</p>
<address>Red Cardell, Soleil blanc, cd Keltia musique, kmcd 517 m 319, distribution Keltia.</address>
<p><strong>De Langonnet à Bamako</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Jacky Molard, violoniste rodé de longue date aux expériences plurielles, devait bien un jour aller puiser son inspiration dans la chaleur de l’Afrique subsaharienne. Bamako, ville phare dans le domaine musical, a fourni le lieu et l’occasion à son quartet (Janick Martin, accordéon, Hélène Labarrière, contrebasse et Jeannot Jory, saxophone) d’aller se frotter à une culture qui n’est peut-être pas si éloignée des autres traditions qui inspirent le violoniste. Foune Diarra, chanteuse au tempérament affirmé et à la voix chaloupée, Allasa Sissoko et Kassim Sidibé ont rencontré les musiciens bretons pour un disque chaleureux. Dès les premières notes, le groove lancé par les instruments africains installe un climat très particulier où la polyrythmie sert de passeport à l’expérience. Le chant s’élève, le violon lui répond, avec la sonorité de Jacky Molard reconnaissable entre mille, et la fusion s’opère sans qu’on ne ressente l’impression d’un énième copié-collé coutumier dans l’industrie du disque, ni d’une “world-soup” à la sauce synthétiseurs. Il s’agit ici d’un réel dialogue entre des diversités acoustiques qui savent se rejoindre pour une proposition pertinente. Si les thèmes de l’album sont pour la plupart des compositions du trio malien, on reconnaît ici où là des traditionnels bretons ou irlandais qui viennent les entourer, rond de Saint-Vincent, kas a barh ou jig. Mais peu importe, en réalité, car l’essentiel est de trouver le langage commun qui engendrera à un moment ou un autre la fusion de ces musiques en toute simplicité pour aller vers une forme universelle. Les percussions maliennes forment un écrin rythmique dans lequel la voix et les instruments se glissent spontanément. Jacky Molard nous gratifie au passage d’un beau solo d’alto. Au fil de sa carrière, il se révèle de plus en plus comme un improvisateur, cela pour notre plus grand bonheur. Le disque se complète d’une vidéo tournée en Afrique par Sylvain Boutet. Ces dix dernières minutes nous éclairent sur la genèse de cette très belle rencontre, que l’on pourra retrouver tout au long de l’été en concert en Bretagne et dans les deux grands festivals que sont les Vieilles Charrues et le Bout du Monde.    M.T.</p>
<address>Jacky Molard Quartet &amp; Foune Diarra Trio, N’Diale, cd Innacor, inna11010, Distribution l’Autre Distribution.</address>
<p><strong>Iwan B, le nouveau son breton ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est sur le mode du rap qu’Iwan B, jeune musicien né en Seine-Saint-Denis, a choisi de s’exprimer. Dès les premiers morceaux, l’atmosphère est installée : cornemuses, violon, machines et guitares forment l’enveloppe de cette quête sonore. D’un simple point de vue instrumental, ce tout premier disque d’un jeune musicien se montre novateur, même si on n’atteint pas le niveau de défricheurs comme Stivell ou Denez Prigent. Parolier et arrangeur doublé d’un excellent pianiste, Iwan B utilise tous ses talents pour concocter des chansons à coloration celtique. Le pianiste se met en évidence sur un long solo, “A day in Heaven”, qui clôt ce disque et qui contraste sérieusement avec tout le reste, à tel point qu’on y a l’impression d’entendre un pianiste lisztien de salon venu se perdre dans le monde de la technologie ! Inutile de chercher ici du rap de banlieue avec vociférations furieuses et textes incendiaires. Le registre reste plutôt sage, à la limite de la bluette pour collégiens, sauf quand Iwan B lâche les chevaux et c’est là que le propos devient nettement plus intéressant. “Marc’hadourien Avel” et “Ma Doare” peuvent faire figure de manifeste pour une école de rap breton, avec utilisation de vocoder, de sonorités lourdes, et une voix qui prend enfin une ampleur absente sur d’autres chansons. Il est symptomatique de constater que c’est sur les morceaux en langue bretonne qu’Iwan B semble le plus à l’aise, dans les musiques comme dans les textes. En tout cas, ce premier album d’Iwan B représente une voie que d’aucuns ont déjà explorée avec plus ou moins de bonheur, mais où les jeunes bretonnants pourraient se plonger en masse, et pourquoi pas, créer un mouvement. En poursuivant sa quête et en recentrant son cheminement vers une forme plus radicale, en délaissant le côté fourre-tout de ce premier disque, Iwan B pourrait en être un des chefs de file. Il en a assurément les moyens.    M.T.<br />
Iwan B, La Quête (Ar C’hlask), cd Buzz Dispar, cdiwanb01 distribution Coop Breizh, db 10.</p>
<p><strong>Nouvelle voix pour Darhaou</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Avec l’arrivée du chanteur Christo-phe Le Menn, formé à la Kreiz Breizh Akademi d’Erik Marchand c’est le timbre de Darhaou qui se trouve singulièrement transformé. Cette voix jeune et initiée aux subtilités du kan ha diskan est particulièrement mise en évidence dans le répertoire de basse Bretagne, gavotte ou dañs plinn et apporte une nouvelle fraîcheur à un groupe qui s’est installé tranquillement sur les affiches des festoù-noz, monde où les réputations se font sur la durée. Christophe Le Menn se voit secondé par un Jean-Pierre Quéré des grands jours pour une gavotte tonique. Les amples variations du couple de chanteurs sont appuyées par des accompagnateurs efficaces. La guitare, le saxophone et la contrebasse apportent les ponctuations rythmiques, l’accordéon renforce la mélodie et tout ce joli monde laisse à l’occasion le champ libre aux voix a capela qui savent mettre à profit cette liberté. Les morceaux instrumentaux révèlent également un savoir-faire qui ne sacrifie pas au “m’as-tu vu”. Les thèmes sont bien choisis, entre traditionnels et compositions, le tempo est posé, et les couleurs sont variées, avec l’apport d’un biniou ou d’une treujenn gaol qui procure un grain sauvage bienvenu et salutaire pour les danseurs. Regrettons toutefois une certaine langueur dans le tempo et le phrasé de la dañs plinn, qui gagnerait à manifester plus de percussion. Mais à une époque où les groupes de fest-noz peinent à se renouveler, ce troisième album de Darhaou, s’il ne révolutionne pas le genre, apporte son agréable personnalité musicale.    M.T.<br />
Darhaou, An Deirved, cd Tous à l’asso, cd tal’a 0210/2 Distribution Coop Breizh db 10.</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Rendez-vous des fêtes et festivals adhérents à Gouelioù Breizh en août 2010.</title>
		<link>http://www.armen.net/2010/07/chroniques/rendez-vous-des-fetes-et-festivals-adherents-a-goueliou-breizh-en-aout-2010/</link>
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		<pubDate>Thu, 29 Jul 2010 08:31:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>jacques</dc:creator>
				<category><![CDATA[Aktus web]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Disques et DVD]]></category>
		<category><![CDATA[festivals]]></category>
		<category><![CDATA[fêtes bretonnes]]></category>
		<category><![CDATA[gouelioù breizh]]></category>

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		<description><![CDATA[Noce Bretonne / Festival du Monde PLUNERET (56) 01 août 2010 Tél. Festival : 02.97.24.16.57 Tél. OTSI : 02.97.24.01.06 www.pluneret.fr Reconstitution festive d'une noce à l'ancienne en pays vannetais. Festival Mouezh ar Gelted PONT-CROIX (29) 04 et 05 août 2010 Tél. Festival : 02.98.70.58.77 Tél. OTSI : 02.98.70.40.38 http://war-raok.ifrance.com Mariage entre culture bretonne et foire à l'ancienne. 40ème Festival ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- 		@page { size: 21cm 29.7cm; margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } 		A:link { color: #0000ff } --><strong>Noce Bretonne / Festival du Monde</strong></p>
<p>PLUNERET (56)</p>
<p>01 août 2010</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Tél. Festival :</span> 02.97.24.16.57</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Tél. OTSI :</span> 02.97.24.01.06</p>
<p><span style="color: #0000ff;"><span style="text-decoration: underline;"><a href="http://www.warleur29.com/">www.pluneret.fr</a></span></span></p>
<p><em>Reconstitution festive d'une noce à l'ancienne en pays vannetais.</em></p>
<p><strong>Festival Mouezh ar Gelted</strong></p>
<p>PONT-CROIX (29)</p>
<p>04 et 05 août 2010</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Tél. Festival :</span> 02.98.70.58.77</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Tél. OTSI :</span> 02.98.70.40.38</p>
<p>http://war-raok.ifrance.com</p>
<p><em>Mariage entre culture bretonne et foire à l'ancienne.</em></p>
<p><strong>40<sup>ème</sup> Festival Interceltique de LORIENT</strong></p>
<p>LORIENT (56)</p>
<p>Du 06 au 15 août 2010</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Tél. Festival :</span> 02.97.21.24.29</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Tél. OTSI :</span> 02.97.847.800</p>
<p>www.festival-interceltique.com</p>
<p><em>Un des principaux Festivals bretons, autour de ses 4500 artistes, et qui a comme pays hôte cette année…. la Bretagne !</em></p>
<p><strong>Festival des Hortensias</strong></p>
<p>PERROS-GUIREC (22)</p>
<p>07 et 08 août 2010</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Tél. Festival :</span> 06.62.92.21.12</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Tél. OTSI :</span> 02.96.23.21.15</p>
<p>www.festivaldeshortensais.com</p>
<p><em>Concerts, spectacles, chants, danses au pays trégorrois</em></p>
<p><strong>Fête des Bruyères</strong></p>
<p>BEUZEC-CAP-SIZUN (29)</p>
<p>08 août 2010</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Tél. OTSI :</span> 02.98.70.55.51</p>
<p>www.beuzec-cap-sizun.fr</p>
<p><em>Rencontre festive autour de la danse et de la musique bretonnes</em></p>
<p><strong>Breizh Omega</strong></p>
<p>LORIENT (56)</p>
<p>08 août 2010</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Tél. Festival :</span> 02.97.53.31.35</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Tél. OTSI :</span> 02.97.847.800</p>
<p>www.kendalch.com</p>
<p><em>Création de danse pour les 60 ans de la Confédération Kendalc’h</em></p>
<p lang="en-GB"><strong>Festival Gouel an Eost</strong></p>
<p lang="en-GB">PLOUGOULM (29)</p>
<p>08 août 2010</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Tél. Festival :</span> 06.63.97.91.78</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Tél. OTSI :</span> 02.98.29.90.76</p>
<p>www.festival-gouelaneost.com</p>
<p><em>Fête axée sur le battage à l'ancienne et le travail des moissonneurs</em></p>
<p><strong>Les Celtiques de Guérande</strong></p>
<p>GUERANDE (44)</p>
<p>Du 10 au 15 août 2010</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Tél. Festival :</span> 02.40.24.88.46</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Tél. OTSI :</span> 02.40.24.96.71</p>
<p>www.bro-gwenrann.org</p>
<p><em>Valorisation de la culture bretonne, sous toutes ses formes, en Loire-Atlantique.</em></p>
<p><strong>Festival du Ménez-Hom</strong></p>
<p>PLOMODIERN (29)</p>
<p>Du 12 au 15 août 2010</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Tél. Festival :</span> 02.98.81.52.51</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Tél. OTSI :</span> 02.98.81.27.37</p>
<p>www.festival-menez-hom.fr</p>
<p><em>Festival de musique et de danse au pays du Ménez-Hom</em></p>
<p><strong>Fêtes d’Arvor</strong></p>
<p>VANNES (56)</p>
<p>Du 13 au 15 août 2010</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Tél. Festival :</span> 02.97.01.60.00</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Tél. OTSI :</span> 0.825.13.56.10</p>
<p>www.fettes-arvor.org</p>
<p><em>Rencontre autour de la danse et de la musique en pays vannetais</em></p>
<p><strong>Festival des Genêts d’Or / Noces Bretonnes</strong></p>
<p>BANNALEC (29)</p>
<p>14 et 15 août 2010</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Tél. Festival :</span> 02.98.39.43.96</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Tél. OTSI :</span> 02.98.39.43.34</p>
<p>Jeanlouis.jaouen@orange.fr</p>
<p><em>Reconstitution festive d'une noce à l'ancienne en pays de l'Aven</em></p>
<p><strong>Festival de la Danse Bretonne et de la Saint-Loup</strong></p>
<p>GUINGAMP (22)</p>
<p>Du 14 au 22 août 2010</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Tél. OTSI :</span> 02.96.43.73.89</p>
<p>www.dansebretonne.com</p>
<p><em>Un des principaux rendez-vous de la danse bretonne en Bretagne</em></p>
<p><strong>Festival Traditionnel des Côtes d’Armor</strong></p>
<p>GUINGAMP (22)</p>
<p>15 août 2010</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Tél. OTSI :</span> 02.96.43.73.89</p>
<p>www.dansebretonne.com</p>
<p><em>Rassemblement des ensembles de danse et de musique des Côtes d'Armor</em></p>
<p><strong>Festival des Filets Bleus</strong></p>
<p>CONCARNEAU (29)</p>
<p>15, 20, 21 et 22 août 2010</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Tél. Festival :</span> 02.98.97.09.09</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Tél. OTSI :</span> 02.98.97.01.44</p>
<p>www.festivaldesfiletsbleus.com</p>
<p><em>Valorisation de la culture bretonne sous toutes ses formes</em></p>
<p><strong>Journées Culturelles Bretonnes / Pardon de La Baule</strong></p>
<p>LA BAULE-ESCOUBLAC (44)</p>
<p>Du 17 au 22 août 2010</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Tél. Festival :</span> 06.88.56.38.34</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Tél. OTSI :</span> 02.40.24.34.44</p>
<p>http://pagesperso-orange.fr/pardon-de-la-baule/</p>
<p><em>Fête valorisant la culture bretonne en Loire-Atlantique</em></p>
<p><strong>Mondial’Folk de PLOZEVET</strong></p>
<p>PLOZEVET (29)</p>
<p>Du 19 au 24 août 2010</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Tél. Festival :</span> 02.98.91.45.45</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Tél. OTSI :</span> 02.98.91.45.15</p>
<p>www.mondialfolk.org</p>
<p><em>Vaste ouverture sur les traditions culturelles du monde</em></p>
<p><strong>Championnat de Bretagne de danses traditionnelles</strong></p>
<p>GUINGAMP (22)</p>
<p>21 et 22 août 2010</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Tél. Festival :</span> 02.97.53.31.35</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Tél. OTSI :</span> 02.96.43.73.89</p>
<p>roger.leguenic@orange.fr</p>
<p><em>Finale de la Catégorie Excellence des cercles de Kendac'h</em></p>
<p lang="en-GB"><strong>Festival Penn ar Bed</strong></p>
<p lang="en-GB">PLOUGONVELIN (29)</p>
<p>21 et 22 août 2010</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Tél. Festival :</span> 02.98.48.35.84</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Tél. OTSI :</span> 02.98.48.30.18</p>
<p>roger.leguenic@orange.fr</p>
<p><em>Fête de partage culturel autour de la danse et de la musique</em></p>
<p><strong>Festival du Sillon de Bretagne</strong></p>
<p>MALVILLE (44)</p>
<p>Du 26 au 29 août 2010</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Tél. Festival :</span> 02.40.56.07.45</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Tél. OTSI :</span> 02.28.01.60.16</p>
<p>www.cercle-celtique-malville.com<em> </em></p>
<p><em>Fête valorisant la culture bretonne en Loire-Atlantique</em></p>
<p><strong>Festival Fisel</strong></p>
<p>ROSTRENEN (22)</p>
<p>Du 26 au 29 août 2010</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Tél. OTSI :</span> 02.96.29.02.72</p>
<p>www.fisel.org</p>
<p><em>Festival des musiques et danses traditionnelles et du terroir fisel</em></p>
<p><strong>Fête de la Saint-Gilles</strong></p>
<p>PORNIC (44)</p>
<p>28 et 29 août 2010</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Tél. Festival :</span> 02.40.82.66.50</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Tél. OTSI :</span> 02.40.82.04.40</p>
<p>http://cccpornic.free.fr</p>
<p><em>Fête bretonne axée autour de la Saint-Gilles</em></p>
<p><span style="font-size: medium;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Septembre / Gwengolo</strong></span></span></p>
<p><strong>Championnat de Bretagne de Musique Traditionnelle</strong></p>
<p>GOURIN (56)</p>
<p>Du 03 au 05 septembre 2010</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Tél. Festival :</span> 02.97.23.55.81</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Tél. OTSI :</span> 02.97.23.66.33</p>
<p>www.championnatdessonneurs.com</p>
<p><em>Promouvoir la musique traditionnelle par concours, suite aux qualificatifs régionaux.</em></p>
<p><strong>Kendalc’h Noz</strong></p>
<p>MÛR-DE-BRETAGNE (22)</p>
<p>25 septembre 2010</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Tél. Festival :</span> 02.97.53.31.35</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Tél. OTSI :</span> 02.96.28.51.41</p>
<p>www.kendalch.com</p>
<p><em>Evènement lié à la fête des 60 ans de la Confédération Kendalc’h.</em></p>
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		<title>Les disques du printemps</title>
		<link>http://www.armen.net/2010/04/chroniques/les-disques-du-printemps/</link>
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		<pubDate>Thu, 01 Apr 2010 07:30:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>yann</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Culture]]></category>
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		<description><![CDATA[Découvrez les dernières chroniques musicales d'ArMen, tout aussi appréciées pour leur profondeur que  redoutées pour leur liberté de ton ! Pour les visionnez en ligne, cliquez sur l'image ci-dessous. Bonne lecture !]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Découvrez les dernières chroniques musicales d'ArMen, tout aussi  appréciées pour leur profondeur que  redoutées pour leur liberté de ton !  Pour les visionnez en ligne, cliquez sur l'image ci-dessous. Bonne  lecture !</p>
<p><a href="http://www.armen.net/wp-content/uploads/2010/03/musiquesprintemps.pdf"></a></p>
<p><a href="http://www.armen.net/wp-content/uploads/2010/03/musiquesprintemps.pdf"><img class="alignright size-full wp-image-2610" title="Musique ArMen 176" src="http://www.armen.net/wp-content/uploads/2010/03/mus.jpg" alt="" width="374" height="468" /></a></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Raggalendo : à l&#8217;aise dans leurs coiffes !</title>
		<link>http://www.armen.net/2010/02/chroniques/raggalendo-a-laise-dans-leurs-coiffes/</link>
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		<pubDate>Sun, 14 Feb 2010 06:00:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>yann</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Disques et DVD]]></category>
		<category><![CDATA[michel toutous]]></category>
		<category><![CDATA[musique bretonne]]></category>
		<category><![CDATA[raggalendo]]></category>

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		<description><![CDATA[Coiffées de leurs toukenn du Trégor-Goëlo, parées de leurs costumes étonnants, les musiciennes des Raggalendo détonnent sur une scène bretonne qu’elles chamboulent allègrement. Michel Toutous nous dresse le portrait de ce véritable phénomène musical. Ce quatuor de jeunes femmes originaires de la région de Lanvollon est l’une des sensations de la scène bretonne de ces ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.armen.net/wp-content/uploads/2010/02/raggalendo.jpg" rel="shadowbox[sbpost-2304];player=img;"><img class="alignleft size-full wp-image-2305" title="raggalendo" src="http://www.armen.net/wp-content/uploads/2010/02/raggalendo.jpg" alt="" width="485" height="350" /></a>Coiffées de leurs </strong><em><strong>toukenn</strong></em><strong> du Trégor-Goëlo, parées de leurs costumes étonnants, les musiciennes des Raggalendo détonnent sur une scène bretonne qu’elles chamboulent allègrement. Michel Toutous nous dresse le portrait de ce véritable phénomène musical.</strong></p>
<table style="text-align: justify;" cellspacing="0" cellpadding="0">
<tbody>
<tr>
<td align="left" valign="top">C<span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">e quatuor de jeunes femmes originaires de la région de Lanvollon est l’une des sensations de la scène bretonne de ces dernières années. Quatre véritables cousines alimentées des mêmes souvenirs d’enfance, de la même grand-mère, bref de quoi se constituer déjà un joli patrimoine ! Avec elles, c’est la valse… des étiquettes : rap, hip-hop, chanson française ou musique traditionnelle ? De quoi s’arracher les cheveux pour ceux qui rangent leurs disques dans les bacs des magasins de musique.</span></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p style="text-align: justify;"><strong>La voix de grand-mère</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est en entendant parler sa grand-mère lorsqu’elle rentrait au pays qu’Aude Le Moigne, alias mc Rose, eut l’idée de mettre en musique ses expressions venues tout droit de la langue bretonne. Poésie intuitive ou maladresse, qu’importe, puisque les mots trouvent immédiatement une saveur originale. En fait, le hip-hop s’avère l’écrin idéal pour mettre ces textes au goût de beurre salé. Il est vrai que ces tournures idiomatiques portent en elles une sorte de rythmique interne, finalement très proche du hip-hop, et qui ne demandait qu’à être mise en musique. Le savoir-faire d’Aude Le Moigne, par ailleurs guitariste très sollicitée dans les milieux de la variété (elle accompagne notamment Patricia Kaas), a fait le reste, ce qui a donné lieu à deux disques et un nombre conséquent de concerts, surtout en Bretagne. Le bouche-à-oreille, les clips “faits maison” visibles sur Internet, quelques coups de main notoires (Nolwenn Korbell et Iwan B., entre autres) et l’affaire était dans le sac.</p>
<p style="text-align: justify;">D’aucuns pourraient trouver dans cette démarche une forme de mépris à l’égard de cette façon de parler, entre langue bretonne et français mal maîtrisé. mc Rose lève très vite le doute : “Nous ne sommes pas bretonnantes, mais nous prenons toutes les quatre des cours de breton”. Voilà qui est clair et sans la moindre ambiguïté ! “J’ai baigné très tôt dans la musique bretonne, car mon père jouait du biniou et la bombarde dans un groupe de fest-noz, poursuit Aude Le Moigne. Ma mère pratique l’accordéon diatonique. Je n’ai pas eu à apprendre.” A l’image des rappeurs marseillais d’iam, les Raggalendo utilisent leur accent pour en extraire la musicalité, voire la poésie. “D’ailleurs, rap signifie <em>“rythm and poetry”</em>, ce qui cadre bien avec ce qu’on fait”, assure mc Rose, qui avoue également admirer le travail des Black Fire, Indiens d’Amérique au rock revendicatif.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em> </em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Femmes, mais pas féministes</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Lorsqu’on interroge mc Rose sur la féminité des Raggalendo, elle affirme tout de go : “Nous sommes des femmes, le revendiquons, mais nous ne sommes pas féministes. Nous voulons surtout donner un point de vue de femmes.” <em>Don’t act !</em> L’un des clips, tourné dans le pays du Goëlo, avec des figurants locaux, l’illustre avec à propos et humour : ce sont des hommes en caleçons, enduits d’huile, qui jouent les <em>chippendales</em>… Une manière comme une autre de retourner les clichés du rap ou du hip-hop qui ne sont pas toujours tendres avec la gent féminine. Il suffit de regarder les clips de ntm ou de 50 Cent pour se rendre à cette évidence : les femmes n’y sont pas à la fête !</p>
<p style="text-align: justify;">Une harpiste-sonneuse de cornemuse, Dorothée Pinsard, rejoint régulièrement le groupe en concert ou au disque et de là, s’est tramé le projet d’un mini-bagad exclusivement féminin pour accompagner Raggalendo, à l’occasion.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’esthétique Raggalendo</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Aude Le Moigne n’hésite pas à faire le parallèle entre l’uniforme jogging-casquette du rappeur de banlieue avec la tenue des Raggalendo sur scène. Elle ne considère pas la<em> toukenn</em> ou le tablier comme un déguisement. “Nous voulons sortir ces habits du placard et surtout pas pour entrer dans une forme de vulgarité”, affirme mc Rose. Là encore, le processus est créatif car à côté de la coiffe de grand-mère authentique ou du châle du xix<sup>e</sup> siècle, nos quatre goélettes portent des costumes différents chaque année, créés par Eva Montfort, alias mc Trouille, par ailleurs bassiste du groupe. Elle les conceptualise, puis les fait coudre par des amis de Bréhec, ce qui procure une touche de “Breizh pop art”. Et mc Rose de résumer : “comme si hier s’habillait en demain”. Autres éléments du décor, la guitare <em>Kemper</em>, qu’on croirait tout droit sortie des faïenceries cornouaillaises, ainsi que des panneaux peints qui représentent un vaisselier ou un lit clos, sans oublier le “cublier” (contraction de cubi et de tablier) ou le “cubiniou<em>”</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais l’écriture reste sans doute le vecteur privilégié de mc Rose et ses cousines. Si le premier disque faisait la part belle au regard qu’elles portaient sur la grand-mère, le second est plus centré sur elles-mêmes, comme en témoigne la chanson “la Honte”, d’un prime abord humoristique, mais qui n’en porte pas moins son petit poids d’humanité. L’écologie fait également partie des préoccupations de Raggalendo, mais sans que le message soit appuyé à la manière des politiciens. “Nous n’avons de leçons à donner à personne, explique mc Rose. Simplement, la nature nous tient à cœur. Nous donnons du plaisir, mais il reste les coups de gueule !” Par exemple, voir les sacs plastique joncher les plages l’horripile.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em> </em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Solidarité</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Nos quatre jeunes musiciennes ne sauraient se contenter d’un seul projet. Chacune d’entre elles participe à d’autres expériences, musicales ou autres. Mimi Hendrix est mathématicienne, mc Trouille est une bassiste recherchée et dj Ricane aide à domicile. Cette dernière est aussi la cheville ouvrière d’une association qui vient en aide à un village du Burkina-Faso. Elle fournit du matériel scolaire pour trois cents enfants et a participé à la création d’un petit dispensaire. “Nous, petits Européens, pouvons contribuer à aider ce village. Et nous organisons un ou deux concerts par an dont le produit va directement vers ce village, ainsi que quelques droits d’auteur.” Comme quoi, ces jeunes femmes, toutes orphelines de père, savent que sans solidarité, il n’est pas de monde vivable.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Michel Toutous</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
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		<title>Visualisez nos chroniques disques en ligne !</title>
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		<pubDate>Sat, 21 Nov 2009 07:00:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>yann</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Découvrez les dernières chroniques musicales d'ArMen, tout aussi appréciées pour leur profondeur que  redoutées pour leur liberté de ton ! Pour les visionnez en ligne, cliquez sur l'image ci-dessous. Bonne lecture !]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Découvrez les dernières chroniques musicales d'ArMen, tout aussi appréciées pour leur profondeur que  redoutées pour leur liberté de ton ! Pour les visionnez en ligne, cliquez sur l'image ci-dessous. Bonne lecture !</p>
<p><object style="width: 420px; height: 263px;" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="100" height="100" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowfullscreen" value="true" /><param name="menu" value="false" /><param name="src" value="http://static.issuu.com/webembed/viewers/style1/v1/IssuuViewer.swf?mode=embed&amp;layout=http%3A%2F%2Fskin.issuu.com%2Fv%2Fcolor%2Flayout.xml&amp;backgroundColor=000000&amp;showFlipBtn=true&amp;documentId=091116172626-99e02a391a774184a9be2500fca9e4e4&amp;docName=173-rub_56-78&amp;username=yrivallain&amp;loadingInfoText=Chroniques%20musique%20ArMen%20173&amp;et=1258392456423&amp;er=55" /><param name="flashvars" value="mode=embed&amp;layout=http%3A%2F%2Fskin.issuu.com%2Fv%2Fcolor%2Flayout.xml&amp;backgroundColor=000000&amp;showFlipBtn=true&amp;documentId=091116172626-99e02a391a774184a9be2500fca9e4e4&amp;docName=173-rub_56-78&amp;username=yrivallain&amp;loadingInfoText=Chroniques%20musique%20ArMen%20173&amp;et=1258392456423&amp;er=55" /><embed style="width: 420px; height: 263px;" type="application/x-shockwave-flash" width="100" height="100" src="http://static.issuu.com/webembed/viewers/style1/v1/IssuuViewer.swf?mode=embed&amp;layout=http%3A%2F%2Fskin.issuu.com%2Fv%2Fcolor%2Flayout.xml&amp;backgroundColor=000000&amp;showFlipBtn=true&amp;documentId=091116172626-99e02a391a774184a9be2500fca9e4e4&amp;docName=173-rub_56-78&amp;username=yrivallain&amp;loadingInfoText=Chroniques%20musique%20ArMen%20173&amp;et=1258392456423&amp;er=55" flashvars="mode=embed&amp;layout=http%3A%2F%2Fskin.issuu.com%2Fv%2Fcolor%2Flayout.xml&amp;backgroundColor=000000&amp;showFlipBtn=true&amp;documentId=091116172626-99e02a391a774184a9be2500fca9e4e4&amp;docName=173-rub_56-78&amp;username=yrivallain&amp;loadingInfoText=Chroniques%20musique%20ArMen%20173&amp;et=1258392456423&amp;er=55" menu="false" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
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		<title>Dans les bacs, disques et DVD</title>
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		<pubDate>Fri, 11 Sep 2009 09:25:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>erwan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Fest-noz artisanal À l’exact opposé des festoù-noz de type “grande surface”, Tribuil se singularise en adoptant une attitude quasi-artisanale. Ici, pas de tête de gondole d’origine industrielle, rien que du fait main où tous les produits sont soigneusement élaborés. Le modeste trio du premier disque s’est étoffé avec l’arrivée du contrebassiste Yann Le Bozec, ce ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Fest-noz artisanal</strong></p>
<p>À l’exact opposé des festoù-noz de type “grande surface”, Tribuil se singularise en adoptant une attitude quasi-artisanale. Ici, pas de tête de gondole d’origine industrielle, rien que du fait main où tous les produits sont soigneusement élaborés. Le modeste trio du premier disque s’est étoffé avec l’arrivée du contrebassiste Yann Le Bozec, ce qui apporte une connotation <em>jazzy</em>. Cela n’entraîne pas de changement fondamental, mais la rythmique s’en trouve mieux assise. Au menu de ce bal, des danses de basse et haute Bretagne, menées tambour battant par un duo plutôt insolite dans le milieu : bombarde et trompette qui se répondent à la manière d’un couple de sonneurs. Il se dégage de ces sonorités une couleur nostalgique de kiosque à musique. Au fil du répertoire, le quatuor affiche l’aisance des routiers au métier longuement rôdé. Si la suite <em>plinn</em> comporte quelques maladresses, en revanche la suite de Loudéac ravira les danseurs : tempo idoine, fermeté des impulsions, style binaire bien marqué sur des arrangements discrets. Il est vrai qu’avec Patrick Lancien et Claude Le Baron aux manettes, nous avons affaire à des spécialistes de haut vol. Ce temps d’un bal aura atteint une ambition respectable, donner l’envie de rejoindre le parquet.</p>
<p><strong>Michel Toutous</strong></p>
<p><strong>Tribuil, </strong>le temps d’un bal, cd Autoproduction, trib 02/1 Diffusion Coop Breizh db 12.</p>
<p><strong>Ridée six temps et boule à facettes<em> </em></strong></p>
<p>Les Baragouineurs, dans ce troisième disque, poursuivent un virage amorcé lorsqu’ils ont chargé Nicolas Moreau des <em>samples</em> et des programmations. Cette fois, les références traditionnelles s’estompent de plus en plus pour donner place à un langage clairement disco. Finies les boucles à deux sous disponibles en magasin d’informatique, les programmations se jouent à présent sur un registre plus sophistiqué. Évidemment, l’humour reste le fil rouge des Baragouineurs dont le propos reste l’adaptation de danses de haute Bretagne sur des rythmes portés par des machines. On est certainement plus proche de Brice de Nice que de Raymond Devos, mais chacun appréciera en fonction de ses goûts en la matière. Claude Darmor et Gilles Evilaine restent avant tout des iconoclastes qui ne font pas dans la dentelle textuelle, les illustrations <em>flashy</em> de la jaquette en sont la première manifestation. Reste à trouver un Travolta des festoù-noz capable de danser la ridée six temps ou le rond Saint-Vincent sur la musique des Baragouineurs. On lui souhaite bonne chance, car il lui faudra aussi dénicher une Olivia Newton-John à la hauteur ! Et pour se reposer, ce charmant couple pourra s’enlacer au rythme du <em>slow</em> langoureux et sensuel, car chez les Baragouineurs on a des cœurs d’artichaut…</p>
<p><strong>M.T.</strong></p>
<p><strong>Les Baragouineurs, Discoz, </strong>cd Coop Breizh, cd 1019- db 11.</p>
<p><strong><em>Gwerzioù</em></strong></p>
<p>Il aurait été sans nul doute regrettable que Gwerzioù ne bénéficie pas d’une diffusion commerciale. À l’origine, ce cd n’aurait en effet dû être diffusé que de façon confidentielle, dans le cadre du réseau du Théâtre de Cornouaille. Car ce fut avant tout un spectacle monté à l’automne dernier sur la scène nationale de Quimper. Dans la mesure où plus grande part de la substance d’une <em>gwerz</em> ne peut aujourd’hui qu’échapper à l’auditeur moyen, comment lui faire entendre quelques grandes pièces du répertoire ? C’est de cette interrogation qu’a germée l’idée de réunir en un même spectacle trois interprètes de renom et un traducteur non moins chevronné pour un spectacle original. À Annie Ebrel, à Nolùen Le Buhé et à Marthe Vassallo reviennent la tâche d’interpréter alternativement, <em>a cappella</em>, six grands textes ("ar Priñs yeuvank", "ar Sorserez", "an Aotrou Liskildri ha Fantik Pikard", "ar Breur hag ar c’hoar", "ar Jaouis, Renean ar Glas"). À André Markowicz, véritable passeur de parole, passionné de <em>gwerzioù</em> et instigateur du projet, celle de livrer la traduction de chacun de ces chants, ponctuellement, en prenant place entre deux couplets. La démarche, on le voit, peut dérouter. À ne la considérer qu’en son principe, on pourrait craindre le trop plein didactique. Il n’en est rien. Cette dimension ne nuit en tout cas jamais au poétique.</p>
<p><strong>Armel Morgant</strong></p>
<p><strong>Nolùen Le Buhé, Annie Ebrel, Marthe Vassallo, André Markowicz : Gwerzioù</strong>, Théâtre de Cornouaille ccm 001/1, distribution Keltia Musique.</p>
<p><strong>Régis Huiban, conteur musical</strong></p>
<p>C’est à partir de deux thèmes de sa région que Régis Huiban a bâti sa nouvelle proposition artistique : l’assassinat de Loeiz Ar Ravaleu en 1732, crime jamais élucidé, et le “sonneur des halles”. Carrefour de plusieurs terroirs et lieu de rencontres picturales, ce pays du Faouët se voit ainsi décliné au travers du conte, du chant et de la musique instrumentale. Bien sûr l’accordéon, subtil et élégant, du maître d’ouvrage se taille la part du lion. Au fil de ses multiples expériences, Régis Huiban a su se construire une personnalité musicale où se mêlent la gavotte et le jazz avec une recherche permanente en matière harmonique et surtout, une faculté à composer de fort belles mélodies sans lesquelles il n’est guère de projet intéressant. Il dépasse la tradition, bien aidé par ses trois camarades de scène qui savent mettre en lumière la musique du soliste. La présence du chanteur-conteur-saxophoniste Gildas Le Buhé apporte une tonalité vannetaise fleurie ; cette alliance voix-quartet fait office de révélateur du projet. On ne dira jamais assez l’importance que revêt une voix bien stylée et bien timbrée dans ce genre de réalisation. Autre présence de poids, l’orchestre de Jazz de Bretagne mené par Didier Ropers. Le groupe de Régis Huiban se voit gonflé par un véritable <em>big band</em>, une belle idée installée avec à-propos. Et la gavotte Pourlet, jadis menée par ces fameux sonneurs des halles, devient un prétexte à des jeux harmoniques et mélodiques du plus bel effet.</p>
<p><strong>M.T.</strong></p>
<p><strong>Régis Huiban</strong>, 1732, cd Coop Breizh, cd 1007- db 5x2.</p>
<p><strong>Le beau chant de Mairéad Ni Mhaonaigh</strong></p>
<p><em>Imeall</em>, premier projet solo de Mairéad Ni Mhaonaigh, vient ponctuer une carrière en groupe riche de belles expériences, parmi lesquelles les délicieuses String Sisters ou Altan, groupe phare de la scène irlandaise. Avec Mairéad Ni Mhaonaigh, c’est tout le style caractéristique du chant gaélique qui se manifeste. Chaque syllabe est ourlée d’ornementations qu’aucune partition ne parviendra jamais à restituer. Elle se révèle une digne héritière ! Au <em>fiddle</em>, elle démontre aussi une grande aisance, avec un coup d’archet précis et nerveux, typique de son Donegal natal, comme en témoigne une suite de <em>reels</em> de bonne facture. Mais ce qui pourrait n’être qu’un disque irlandais de plus, prend une dimension plus personnelle. Mairéad Ni Mhaonaigh s’appuie sur son acquis de chanteuse traditionnelle pour venir à son tour apporter sa pierre à l’édifice. Ses compositions, chansons ou instrumentaux, prouvent à la fois son enracinement et un subtil talent de mélodiste. Quelques curiosités parsèment <em>Imeall,</em> entre autres le <em>hardanger fiddle, </em>violon norvégien à cordes sympathiques, joué par l’emblématique Annbjorg Lien, ou encore un <em>andro</em> irlandisant, destiné peut-être à un public breton qui lui préférera pourtant certainement le reste du disque.</p>
<p><strong>M.T.</strong></p>
<p><strong>Mhairéad Ni Mhaonaigh</strong>, Imeall, cd Naiade moon 1.</p>
<p><strong>Didier Squiban en sextet</strong></p>
<p>Entre piano solo et symphonie, Didier Squiban vient à présent explorer le sextet, une formule sans doute plus proche de son univers d’origine. La démarche dévie également de ses récentes trajectoires, avec une orientation nettement plus <em>jazzy</em>. Pour autant, la référence au traditionnel reste prégnante, surtout dans l’écriture des thèmes, reflets de l’acquis accumulé au fil de diverses collaborations. C’est dans les variations que s’exprime l’inspiration du pianiste finistérien avec des procédés qui emprunte autant à Bach qu’à Keith Jarrett et des orchestrations qui ne sont pas sans rappeler Gil Evans. Cette nouvelle approche semble mieux correspondre à la personnalité musicale de Didier Squiban, que d’autres expériences plus “bretonnes” dans l’esprit et dans la lettre. Le propos de <em>l’Estran </em>ne se départit jamais d’une élégance un brin distante. Les instrumentistes qui accompagnent le pianiste savent le rejoindre sur les chemins qu’il trace, mais ne semblent pas toujours se livrer totalement. La surprise vient cependant du côté du percussionniste-vocaliste Jérôme Kérihuel qui apporte le grain de folie qui manque peut-être à une production bien léchée, comme toutes celles de Didier Squiban.</p>
<p><strong>M.T.</strong></p>
<p><strong>Didier Squiban</strong>, l’estran, cd L’Oz Productions, L’OZ 55 Diffusion Coop Breizh db 5x2</p>
<p><strong>Gwennyn : le deuxième</strong></p>
<p>Son premier album sonnait comme une promesse, et forcément le second était attendu. Dans un genre où les révélations sont rares, Gwennyn tente de se frayer un chemin bordé de poésie et de musique actuelle. L’effort est louable, car une langue ne saurait s’inventer un avenir sans passer par de telles voies. De jolies mélodies accrocheuses qui se trament à la manière de la variété, un accompagnement électrique qui n’oublie pas quelques détours d’accordéon ou de cornemuse, des arrangements aux petits oignons signés Patrice Marzin, réalisateur omniprésent : ce nouveau disque avait <em>a priori</em> toutes les cartes en main pour jouer dans la cour des grands. Hélas, la séduction qu’on espérait n’opère pas et l’essai n’est pas transformé. La voix peine à se positionner, avec même quelques défauts de justesse aux extrémités de l’ambitus. On attendait des progrès dans l’ampleur et l’assurance, on retrouve un timbre trop souvent fluet. <em>Quid</em> des textes alors ? Là aussi, la déception affleure rapidement… Les paroles du premier album laissaient aussi espérer l’avènement d’une plume bretonne, avènement qui ne se confirmera pas pour cette fois. Si des textes comme <em>Gololaï</em>, dénonciation de la condition des femmes voilées, révèlent une plume sincère, d’autres en revanche ne parviennent pas à s’élever au-dessus d’un simple exercice quasiment scolaire ; la chanson <em>Kenavo</em> en est la parfaite illustration. Avec deux albums à son actif, Gwennyn restera maintenant à être jugée sur scène, car à l’écoute de ce petit dernier, on reste malheureusement sur notre faim.</p>
<p><strong>M.T.</strong></p>
<p>Gwennyn,<strong> Mammenn</strong>, cd Keltia musique, rscd 292 m 319.</p>
<p><strong>Plantec : le son et l’image</strong></p>
<p>C’est à Yaouank 2008 que Plantec a choisi d’effectuer la captation de ce dernier cd-dvd. Concert ou fest-noz, la problématique se pose d’emblée : une partie du public danse, l’autre, minoritaire, écoute et regarde. Effectivement, il y a autant de visuel que de sonore chez ce groupe qui attire une clientèle jeune à ses prestations. Le look et l’attitude scénique n’ont d’équivalent que sur des plateaux de <em>rock’n roll</em> ou de variétés. Les tenues vestimentaires, entre Mylène Farmer et Star wars, ne laissent planer aucun doute : la forme prend une importance inédite dans le milieu des festoù-noz. Glissement esthétique ou effet passager d’une mode ? Seule la postérité sera en mesure de juger. La musique est à l’image du reste. Si les paroles ou les rythmes ramènent à la danse bretonne, il n’en va pas de même pour tout. Récurrence des thèmes gothiques dans des textes qui évoquent la nuit ou la tempête, priorité accordée à la scansion par rapport à la mélodie, façonnage du son par des effets électroniques très présents. Bref, chez Plantec, on donne parfois plus volontiers dans l’ostentatoire que dans l’essentiel. Le jeu des instrumentistes en témoigne : la bombarde se transforme en hautbois, dans le timbre comme dans le phrasé, la flûte et le biniou, soutenus par la guitare, jouent les utilités, ni plus ni moins. Restent la harpe et les machines de M-Kanik : ils apportent le liant et l’ampleur sonore souhaitable dans un discours où la mélodie passe souvent au second plan. Le chant et le <em>trip hop</em> de Maël Lhopiteau n’évitent malheureusement pas les clichés et ne soutiennent pas la comparaison avec les stars hexagonales, voire internationales du genre. Le <em>trip hop</em> breton reste un terrain quasiment vierge, le mérite de Plantec est finalement d’y avoir semé quelques graines. Attendons les futures récoltes.</p>
<p><strong>M.T.</strong></p>
<p><strong>Plantec, </strong>Live,<strong> </strong>cd-dvd Aztec Musique cm 2245 Diffusion Coop Breizh.</p>
<p><strong>Chants légendaires chrétiens de haute Bretagne</strong></p>
<p><em>La Dame blanche</em> est un spectacle conçu par Pierre Guillard et Sylvain Girault, duo de chanteurs bien connus du pays nantais, enrichi pour l’occasion par la flûte de Erwan Hamon et le <em>oud</em> de Fabien Gillé. Le quartet a puisé son répertoire dans l’abondant légendaire chrétien de haute Bretagne. Il va de soi qu’avec un chanteur de l’envergure de Sylvain Girault, le banal n’est pas de mise. Les chansons ont été soigneusement choisies tant pour les textes que pour les mélodies à partir d’enquêtes ethnographiques de différentes époques. Le résultat est somptueux. Ce répertoire est magnifié par le quartet où les voix sont ponctuellement mises en valeur par des touches discrètes d’harmonisation, et fleure bon le folk anglais des années 1970. Un sommet, “l’enfant prodigue”, longue complainte de neuf minutes - il faut oser cette longueur - met en scène un père et un fils qui se répondent, avec de courts interludes instrumentaux, pour chanter de haute voix et de longue haleine. Le mythe est chrétien certes, mais plutôt universel par tout ce qu’il peut sous-tendre. Cette <em>Dame blanche</em> nous ramène tout simplement à la part d’humanité que contiennent la plupart des chansons populaires, qu’elles soient de haute Bretagne ou d’ailleurs. Alors quand cette part d’humanité est en plus servie par de tels interprètes…</p>
<p><strong>M.T.</strong></p>
<p><strong>Girault-Guillard Quartet, la Dame Blanche, </strong>cd Autoproduction ggo 01. Diffusion Coop Breizh - db 10.</p>
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		<title>Nouveautés disques été 2009</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Jul 2009 14:28:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>yann</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L’after des Red Cardell Le Banquet de cristal, précédent album des Red Cardell, fut l’occasion d’une mémorable rencontre entre musiciens d’horizons disparates. Les belles fêtes ne sauraient se concevoir sans un after digne de ce nom ; c’est donc à ce chantier que se sont attelés Jean-Pierre Riou, Jean-Mich Moal et Manu Masko avec cette ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L’<em>after</em> des Red Cardell</strong></p>
<div id="attachment_346" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><img title="Red-cardell-louise-+-Guiche" src="http://www.armen.net/wp-content/uploads/2009/07/Red-cardell-louise-+-Guiche-300x199.jpg" alt="Red-cardell-louise-+-Guiche" width="300" height="199" /><p class="wp-caption-text">photo : © Vonnic Bulteau</p></div>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Le <em>Banquet de cristal</em>, précédent album des Red Cardell, fut l’occasion d’une mémorable rencontre entre musiciens d’horizons disparates. Les belles fêtes ne sauraient se concevoir sans un <em>after</em> digne de ce nom ; c’est donc à ce chantier que se sont attelés Jean-Pierre Riou, Jean-Mich Moal et Manu Masko avec cette <em>Fête au village</em>. Comme dans tous les <em>afters</em>, tout le monde n’est pas resté, certains invités avaient leurs activités à mener de leur côté. N’empêche, ceux qui ont participé à ce retour de noces ont encore bien donné de leur voix et de leurs instruments. Noces rock’n’roll bien sûr, avec l’énergie ô combien communicative du trio breton, mais chaque invité apporte sa gamelle et la fait aussitôt partager aux autres convives. Un p’tit goût d’accordéon et de guinguette pour Gérard Blanchard, une saveur de <em>pachpi</em> endiablé pour la rock-diva Louise Ebrel avec les frères Guichen, un zeste de bombarde ici, une bonne dose de voix et de violons ukrainiens là, d’autres voix, d’autres guitares et le concert - il s’agit d’enregistrements publics - ne laisse aucun répit à l’auditeur. Bref, cela ne déroge en rien aux bonnes habitudes des Red Cardell qui n’oublient pas toutefois de resservir les morceaux qui ont fait un succès non démenti depuis plus de quinze ans. Ils restent les mêmes tout en se renouvelant, ce qui n’est pas le moindre des exploits.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><strong>Michel Toutous</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Red Cardell, <strong>la Fête au village</strong>, CD Keltia Musique M319 KMCD510</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><strong>Cap Caval, l’année des champions</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Il était tout naturel que le bagad Cap Caval, après l’année de tous les succès, en <em>live</em> l’essentiel au public. <em>O lo lé !</em> reprend les concerts de 2008 qui les ont vus sacrés champions de Bretagne des bagadoù, ainsi que le <em>medley</em> qui les mena au titre de grade de <em>world champion</em> des <em>pipe-bands</em>. On ne bâtit pas un tel palmarès par hasard et c’est bien ce qui ressort de ce <span style="font-variant: small-caps;">cd/dvd.</span> Chaque pupitre est parfaitement en place avec des bombardes brillantes et précises, des cornemuses à la sonorité sans égal en Bretagne (ah, les superbes bourdons de Cap Caval !), des caisses claires fines et limpides et des percussions originales. Voilà les ingrédients d’une recette victorieuse à laquelle il faut ajouter la patte d’un jeune chef, Tangi Sicard, qui a su puiser aux meilleures sources chantées. Les partitions sont extrêmement bien adaptées à la danse, avec notamment une excellente <em>dañs fisel</em> qui restitue fort bien la nervosité du pas. La qualité et la quantité de l’effectif autorisent de nombreuses combinaisons instrumentales qui viennent sans cesse remodeler le son de l’ensemble, avec des arrangements parfois complexes, mais qui ne tirent jamais vers le mauvais goût. La différence de Cap Caval avec ses collègues de première catégorie réside surtout dans l’utilisation des percussions menées de main de maître par “Dom” Molard. Un mur de grosses caisses, des tambours et divers instruments exotiques, parfois utilisés de manière mélodique ornent les thèmes avec élégance. La partie écossaise illustre le niveau d’excellence atteint par le <em>pipe-band </em>Cap Caval. Le genre est certes moins inventif que ce qui se pratique dans les bagadoù. On y affiche nettement moins de fantaisie, mais les sonneurs bigoudens se tirent avec les honneurs d’un exercice où ils restent les meilleurs en Bretagne. Le <span style="font-variant: small-caps;">dvd </span>donne à voir, outre ces concours bretons et écossais, des extraits d’Ijin, fameux concert où des invités comme Yann-Gireg Le Bars (guitare), Julien Le Mentec (basse) ou Farid Aït Siameur enrichissent une palette déjà bien fournie. Cap Caval, au travers de ces diverses déclinaisons, témoigne de la haute exigence technique et artistique d’une formation aussi jeune qu’enthousiaste.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><strong>M.T.</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Bagad Cap Caval, <strong>O lo lé,</strong> CD + DVD, Cap Caval, BCC 005, distribution Coop Breizh DB3.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><strong>La viole celtique de Jordi Savall</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">À la vérité, on n’attendait pas vraiment Jordi Savall, grand spécialiste catalan de la musique baroque, sur le terrain des musiques celtiques. C’est pourtant le thème qu’il a retenu pour son dernier opus, <em>The Celtic Viol</em>. C'est un séjour à Kilkenny, il y a une trentaine d’années, qui a initialement attiré son attention sur ces musiques. Il a plus tard brièvement collaboré avec Carlos Nuñez. Le fait que certaines mélodies d’Irlande et d’Écosse - puisque ce sont là les deux seuls pays auxquels il a emprunté pour composer son programme -, présentent à ses yeux une parenté évidente avec son répertoire habituel, a sans doute été une motivation supplémentaire pour ses recherches. Naturellement, ce ne sera pas pour l’amateur du genre une mine de découvertes. Tout réside donc dans l’approche. Jordi Savall s’applique à retrouver l’esprit des pièces signées Niel Gow, James MacPherson ou encore Carolan. Cela donne l’un des enregistrements les plus originaux et les plus beaux qu’il nous ait été donné d’entendre ces derniers temps, même si l’on n’y trouve pas la touche “celtique” à laquelle on est habitué. Sans nul doute, c’est aussi le tout premier enregistrement où ces musiques sont interprétées d’un bout à l’autre sur des “dessus de viole”, qui sont autant de copies d’instruments du <span style="font-variant: small-caps;">xviii</span><sup>e</sup> siècle.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><strong>A.M.</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Jordi Savall, <strong>The Celtic Viol</strong>, AliaVox AVSA 9865.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><strong>Un bagad sexagénaire</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Le bagad Bro Kemperle fête ses soixante ans en 2009. C'est donc un des plus anciens bagad en activité. C’est dans un répertoire élaboré dans le cadre du championnat national des bagadoù que le bagad a puisé la matière de <em>Da bep lec’h</em>, des enregistrements réalisés de 2003 à 2008 tant au Quartz de Brest qu’au stade du Moustoir, à Lorient. On sait que depuis quelques années, les bagadoù utilisent de plus en plus les enregistrements en concours pour donner corps à leurs disques. Si la première épreuve impose à chaque concurrent un programme inspiré par un terroir musical breton donné, la seconde laisse libre cours à l’imagination de chacun pour s’exprimer. Ceci explique l'alternance de suites reprenant des thèmes du pays de Loudéac et du pays Pourlet avec d’autres, où s’entrecroisent pièces traditionnelles et compositions nouvelles. Pour ce qui est des suites libres, on notera une “route des peintres” où Gauguin tient le beau rôle (on n’est pas loin de Pont-Aven). Tantôt novateurs, tantôt défenseurs de la tradition, les musiciens du bagad restent fidèles aux principes qui ont toujours été ceux de l’ensemble, grâce à des partitions signées de divers arrangeurs qui tous ont joliment, et surtout sans surcharges, su mettre en valeur les mélodies.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><strong>A.M.</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Bagad Bro Kemperle, <strong>Da bep lec’h</strong>, VOC 1252, contact@bagadbrokemperle.com</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><strong>Lamour du son</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Difficile d'aborder un disque de Pascal Lamour du strict point de vue musical, car il reflète une démarche intellectuelle faisant appel à plusieurs domaines. Celui qui n’a jamais fait mystère de son adhésion au “druidisme” contemporain se définit d'ailleurs à travers le néologisme d'électro-shaman ! Il fait donc appel à des techniques de son innovantes et dit se servir d’une table de mixage comme d’un instrument à part entière. De tout cela se dégage la volonté évidente de faire faire un pas en avant à la musique bretonne. On retrouve ici ce creuset où se retrouvent les instruments de la tradition, quelques voix de l’ancienne et de la nouvelle génération, comme celles de Louise Ebrel, de Nolwenn Korbell, dont on appréciera la façon d’aborder le <em>blues</em> et celles, de Jo Le Sergent et de Marcel Jaffré. Des musiciens de bagad, de Locoal-Mendon précisément, André Le Meut en tête, apportent eux aussi leur contribution. Pascal Lamour n’est pas le premier à se lancer dans une aventure aussi ambitieuse. Pour ceux qui la découvrent, cette “musique contemporaine qui est la musique traditionnelle de demain”, peut s’avérer déroutante, voire déconcertante. Pour mieux l'appréhender, on trouve sur le <span style="font-variant: small-caps;">dvd</span> un documentaire en trois temps où le musicien explique sa démarche, propose un clip du morceau “Kornig en diaul”, ainsi que sa prestation au Celtica de Nantes de 2006.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><strong>A.M.</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Pascal Lamour, <strong>Avais-je rêvé ?</strong> BNC Productions CD 1018, distribution Coop Breizh.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><strong>Bernez Tangi, un poète “roc'h and roll”</strong></p>
<div id="attachment_348" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-348" title="bernez" src="http://www.armen.net/wp-content/uploads/2009/07/bernez-300x204.jpg" alt="bernez" width="300" height="204" /><p class="wp-caption-text"> Photo: © Olwenn Manac&#39;h</p></div>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Assez peu connu du grand public, Bernez Tangi poursuit depuis de nombreuses années un chemin singulier de poète-chanteur en évitant soigneusement les sentiers balisés. Totalement en marge des expressions artistiques habituelles, il attire l’attention par la qualité de ses textes, toujours écrits en langue bretonne. Talent aux multiples facettes, il est un des rares poètes bretons à avoir été traduit en de nombreuses langues. Cet “Oiseau de Feu”, <em>Lapous an tan</em>, son deuxième disque, vient rendre compte de son insoumission perpétuelle, hautement revendiquée. “<em>Me zo kurun ha kazarc’h/ ‘vit trec’h an dispac’h</em>”, (je suis tonnerre et grêle/ pour le triomphe de la révolution) : les mots sont jetés, avec une rythmique interne puissante, que le diseur-chanteur appuie d’une voix rauque, de celles qui ont vécu les tourments de l’existence précaire du jongleur de rimes. La femme est également l’objet des célébrations du poète, femme de chair dans des vers à l’érotisme incandescent. Si la priorité est volontiers accordée au texte, la musique n’en est pas pour autant négligée dans le propos de Bernez Tangi. Un groupe rock-blues des plus efficaces l’entoure et ajoute de l’électricité aux textes. De solides routiers du métier, Ben Créac’h (basse), Roger Bleuzen (guitare) et Abalip (batterie) se montrent très à l’aise dans ce rôle, avec quelques autres invités. Le plaisir de réentendre la fameuse “Gwerz Maro George Jackson”, qui nous ramène au temps de Storlok - Bernez Tangi était de ce voyage rock initiatique des années 1970 - s’ajoute à celui de retrouver un poète majeur de la Bretagne d’aujourd’hui. Ce plaisir eut d’ailleurs été plus grand encore avec des mélodies un peu plus riches, fut-ce au prix de laisser ce travail de composition à des mains plus expertes.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><strong>M.T.</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Bernez Tangi<strong>, Lapous an tan</strong>, CD Tarv-Ruz tr 02, distribution Coop Breizh. DB 10.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><strong>Des jeunes coiffes qui décoiffent</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Elles commencent à se tailler de jolis succès ces quatre jeunes femmes du pays de Goélo. Leurs clips iconoclastes sont très en vue sur les sites Internet <em>ad hoc</em> et leur premier album <em>Rapedondaine et beurre salé</em> les a pratiquement propulsées au rang de phénomène. Raggalendo explore un terrain encore en friches en Bretagne : le <em>hip-hop</em> couleur locale. Rien que ça ! Elles s’amusent des petits travers de la vie de nos grands-mères, des mesquineries de chemins creux, et manient avec une verve étonnante ces tournures typiques que prend la langue française quand elle est la traduction littérale du breton. Aude Le Moigne, alias <span style="font-variant: small-caps;">mc</span> Rose, la guitariste chef de meute, trousse des textes pleins d’humour, mais qui ne respirent pas la bécassinade méprisante. Cette franche rigolade n’exclut pas une certaine dose de tendresse, voire de philosophie comme en témoignent ces diverses déclinaisons de la honte vécue : de véritables tranches de vie qui s’additionnent sur un <em>tempo</em> échevelé. Nos charmantes goélettes manifestent également des préoccupations plus politiques, notamment lorsqu’elles évoquent l’état écologique de notre terre de Bretagne, salie par les sacs plastiques indestructibles. Le message passe d’autant mieux que Nolwenn Korbell vient les aider à le transmettre. Parmi les collaborations extérieures, un binioù, un bagad ou une harpiste (Dorothée Pinsard, excellente) ou encore le Breizh-rappeur Iwan <span style="font-variant: small-caps;">b</span>. apportent, chacun avec ses atouts, un supplément de personnalité musicale tout à fait bienvenu. Bref, on s’amuse beaucoup à l’écoute de ces pétillantes demoiselles, dont on apprend au détour d’une chanson qu’elles habitent chez leurs mères respectives, sauf <span style="font-variant: small-caps;">mc</span> Trouille qui, elle, habite chez sa fille… Avis aux coureurs de coiffes et de jupons.</p>
<div id="attachment_347" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-347" title="Ragalendo-defile" src="http://www.armen.net/wp-content/uploads/2009/07/Ragalendo-defile-300x245.jpg" alt="Ragalendo-defile" width="300" height="245" /><p class="wp-caption-text">photo : dr</p></div>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Raggalendo, <strong>le Fricot</strong>, CD autoproduction CDRAG 02. Distribution Coop Breizh.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><strong>Un duo délicat</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Arnaud Ciapolino et Roland Conq ont derrière eux un long parcours autour de la musique traditionnelle, entre bagad, folk celtique, fest-noz et autres fanfares. Le duo flûte-traversière-guitare qu’ils ont formé il y a sept ans sort son premier album enregistré en public. Un répertoire élargi où se croisent gavottes pourlet et <em>strathpey</em> écossais, valses irlandaises et <em>reels</em> du Cap Breton qui leur donne l’occasion de démontrer une profonde connaissance de ces styles musicaux variés. Certes, la formule instrumentale reste forcément dans un registre intimiste, il n’empêche que les deux musiciens affichent une grande complicité et des moments de virtuosité, ce qui donne un élan permanent au disque. Comme deux artisans consciencieux, les compères savent s’effacer devant le matériau traditionnel, et les phrasés tout en délicatesse, les microvariations mélodiques à la manière des sonneurs prouvent que l’esbroufe, arbre qui cache trop souvent la forêt, n’appartient pas à leur langage. Une modestie tout à l’honneur d’Arnaud Ciapolino et Roland Conq.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><strong>M.T.</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Arnaud Ciapolino et Roland Conq, <strong>En concert</strong>, CD autoproduction, CDUTTN 01 distribution Coop Breizh DB 9.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">	<div class="frame single">
		<div class="image" style="float:left;margin:0 40px 0 0;"><img src="http://www.armen.net/boutique/images/121/couv_171.jpg?95,120,4266050496" alt="original" width="95" height="118"  /></div>
		<div class="details">
			<h4 class="name">
				Armen N171			</h4>
			<div class="description">
				<ul>
<li>Les dix ans du Festival du Bout du Monde</li>
<li>Les agrocarburants, anges ou démons ?</li>
<li>Portfolio : Jean Hervoche</li>
<li>Micheau-Vernez, le peintre</li>
<li>Littoral, des plantes à déguster</li>
<li>L’épopée de Saint-Malo</li>
</ul>
			</div>		
					
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		</div>  
	</div>

</p>
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		<title>Un air à faire trembler les menhirs</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Jul 2009 14:24:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>yann</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Disques et DVD]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[louise ebrel]]></category>
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		<category><![CDATA[ramoneurs de menhir]]></category>
		<category><![CDATA[rock breton]]></category>

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		<description><![CDATA[Un guitariste chanteur emblématique de la sphère punk, un couple de sonneurs, un chanteur vannetais et une fille d’Eugénie Goadeg : il faut bien avouer a priori que cela tenait du cocktail immiscible. Seulement voilà, cette haute improbabilité s’est révélée fertile. Depuis quelques années, les Ramoneurs de menhirs enflamment les scènes, de Bretagne ou d’ailleurs. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #888888;">Un guitariste chanteur emblématique de la sphère punk, un couple de sonneurs, un chanteur vannetais et une fille d’Eugénie Goadeg : il faut bien avouer <em>a priori</em> que cela tenait du cocktail immiscible. Seulement voilà, cette haute improbabilité s’est révélée fertile. Depuis quelques années, les Ramoneurs de menhirs enflamment les scènes, de Bretagne ou d’ailleurs.</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
<div id="attachment_281" class="wp-caption alignnone" style="width: 457px"><img class="size-full wp-image-281 " title="ramoneurs-web" src="http://www.armen.net/wp-content/uploads/2009/07/ramoneurs-web.jpg" alt="Les Ramoneurs de Menhirs" width="447" height="560" /><p class="wp-caption-text">Les Ramoneurs de Menhirs</p></div>
<p>Finalement, le chanteur punk ne serait-il pas un héritier lointain des chanteurs de <em>kan ha diskan</em> qui égrènent les aventures de déserteurs ou les amours contrariées, le biniou et la bombarde ne seraient-ils pas les armes sonores des derniers anarchistes de la planète ? Il faut remonter à 1986 pour assister aux prémices. Les Bérurier Noir invitent Éric Gorce et Jean Pierre Beauvais, sonneurs de la Kevrenn Alre à jouer sur “Vive le Feu”. Il faudra quand même attendre vingt ans pour que l’aventure se prolonge, à l’occasion de l’enregistrement de l’album <em>Kerne Izel</em> du couple Gorce-Bévillon, dans la série “Apprenez les danses bretonnes”. À leur tour, ils rendent l’invitation à Loran Béru qui ne se fait pas prier, d’autant plus que Louise Ebrel et Maurice “Momo” Jouanno se joignent à la fête. Ces deux morceaux, un <em>kas a barh </em>et une gavotte d’honneur, accrochent immédiatement l’oreille et Loran Béru propose aussitôt de monter un groupe, baptisé les Ramoneurs de menhirs.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><em>Dañs an Diaoul</em> sera le premier <em>opus</em> des Ramoneurs de menhirs et rencontrera un joli succès critique et public. Les choix sont radicaux : pas de <em>gwerzioù</em>, pas de morceaux lents, rien que du binaire pur et dur. Le public est à l’image du discours : les punks “pogotent” devant la scène, les danseurs de fest-noz font leur ronde plus loin et les enfants s’installent carrément sur scène là où les oreilles craignent le moins les décibels. Plusieurs générations se retrouvent, et ce sont les bardes qui fédèrent la tribu.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
<h3 class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #888888;">L’énergie punk folk</span></strong></h3>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">“La musique traditionnelle bretonne est très rock comme toutes les musiques tribales, révolutionnaires ou revendicatives. C’est une musique d’insoumission, qui a la rage”, affirme Loran, sans ambages. Il n’hésite pas à se définir comme un chaman et c’est sans doute pour cette raison que la technique reste volontairement limitée. À côté, le couple de sonneurs et les chanteurs maintiennent un lien permanent avec la tradition orale. Les thèmes sont choisis à dessein parmi les “tubes” passés à la postérité – le but n’est pas de fouiller à Dastum pour chercher l’originalité à tout crin. Les <em>tempi</em> des danses sont poussés jusqu’à une limite haute, mais s’efforcent de rester dansables.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Avec un personnage aussi radical que Loran Béru, fils de réfugiés grecs, il était bien évident que les textes ne s’apparenteraient pas à de quelconques bluettes cathodiques. Même les textes traditionnels sont sélectionnés parmi les plus provocateurs ou les plus drôles, quand ils ne sont pas carrément détournés. La couleur bretonne, valeur ajoutée de cette revendication, vient du fait que, selon Loran Béru, “le jacobinisme s’apparente à une forme de fascisme, notamment quand il a puissamment contribué à vouloir interdire une langue minoritaire, à vouloir éradiquer les différences. C’est pour cela que l’alliance du <em>Bella Ciao, </em>traditionnel partisan italien,<em> </em>et du <em>Kan bale an <span style="font-variant: small-caps;">arb</span> </em>de Glenmor devient clairement un hymne antifasciste en l’honneur de celui qui est tombé pour la liberté. Provocateur certes, mais pour Loran Béru, “l’État a montré de quoi il est capable en matière de désinformation dans de nombreux pays en ce qui concerne les terrorismes ou supposés tels”. On l’aura compris, pas de demi-mesure !</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Avec plus de quatre-vingt concerts annuels, le temps manque forcément pour mettre en place les nouveaux projets. Malgré tout, les Ramoneurs de Menhirs ont un disque en cours de gestation, auquel il ne manque plus que deux morceaux et qui devrait sortir prochainement. Enfin, le 31 juillet prochain dans le cadre du Festival interceltique, une rencontre sera organisée entre des tribus Navajos de l’Arizona et des Bretons, avec la participation des Black Fire, musiciens amérindiens à la démarche finalement proche de celle des Ramoneurs. Pas moins de neuf dates au total pour ce projet qui devrait aboutir en 2010 à une création avec danseurs et musiciens bretons. Comme un témoignage de résistance des peuples minoritaires et de leur jeunesse face au rouleau compresseur occidental.?</p>
<h2 style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Michel Toutous</strong></span></h2>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><strong></p>
]]></content:encoded>
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