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Ajouté le 20 octobre 2010 dans A suivre

Kenavo Pascal

 

Nous avons eu comme tant d'autres la douleur d'apprendre la disparition accidentelle de Pascal Boccou, une des figures culturelles de la Cornouaille et de la Bretagne d'aujourd'hui. Il nous est impossible de recourir au passé pour évoquer le parcours de Pascal comme nous l'avons si souvent fait en évoquant la disparition de personnalités bretonnes. Car la manière qu'avait Pascal d'être breton trahissait moins un héritage, qu'elle ne préfigurait une manière de vivre ce pays la plus présente qui soit.  Rares sont ceux qui parviennent comme il le faisait à conjuguer une telle largesse de vue, une ouverture d'esprit, une disponibilité à l'autre et à la différence, avec une défense intransigeante de certains fondamentaux de son identité, à commencer par la langue bretonne qu'il pratiquait sans cacher son plaisir, son ancrange douarneniste, populaire et maritime et le droit au coup de gueule et à la geule de bois,  pour peu que le tout reste sincère. D'autres ont écrit et écriront beaucoup de choses belles et vraies sur l'ami, le père, l'époux, le militant, le collègue.

ArMen peut, pour sa part, évoquer le lecteur attentif à qui l'on doit des pistes pour certains articles, des discussions intéressantes sur nos choix éditoriaux, des compléments précieux. Nous pouvons aussi parler d'un livre que nous avons publié et dont il fut l'architecte passionné, signé Fanch Le Hénaff, sur Douarnenez. Et dire à quel point il s'est montré attentif, enthousiaste, opiniâtre pour que ce travail exigeant voit le jour, ne ménageant aucun effort, aucune minute de son temps pour que paraisse cet hommage à sa ville, sans à aucun moment chercher à en tirer le moindre profit personnel. On se souvient aussi des réunions du samedi matin d'Emglev Douarnenez qui furent parmi les plus cordiales et les plus efficaces qu'il nous ait été donné de connaître dans le monde associatif breton. Et de son envie de passer le flambeau à d’autres, notamment aux jeunes et à celles et ceux qu'il aimait d'instinct sans peut-être se douter à quel point il était déjà devenu une référence pour eux. Ce n'est pas exagéré d'écrire qu'il y a aujourd'hui des gens à Douarnenez et surement au-delà, qui ont une façon de vivre leurs engagements, leur identité, leur langue, leurs fêtes, "à la manière de Pascal", car il les a inspirés pendant de nombreuses années à d'innombrables occasions. L’hommage qu’ils lui rendront, demain, place du Sémaphore à Douarnenez, à 14h30, ne saurait pourtant être le dernier. Il se répétera, à l'infini, à chaque fois que Douarnenez fera fête, fera face et  cherchera une voie vers le meilleur. Kenavo Pascal.

Yann Rivallain

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