Ajouté le 24 août 2010 dans Aktus web, Reportages photo
L’aventure du Parcabout a commencé en 2008. Entièrement imaginé et réalisé par des marins de l’île de Groix, ce parc d’évolution dans les arbres a été conçu au moyen de techniques de matelotage. Version maritime de l’accrobranche, le Parcabout a déjà fait cinq petits, en Bretagne et ailleurs.
À l’origine du Parcabout, on trouve Cédric Chauvaud et Jean-Luc Blain. Le premier est un spécialiste des cordages sur les bateaux de course. Grâce à sa maîtrise des techniques de corderie, il a contribué à l’allége-ment des navires des plus grands skippers. Le second était grand reporter pour France Inter et TF1. Les deux amis voulaient rester sur l’île de Groix et y faire quelque chose de créatif. “Il manquait quelque chose pour les enfants…”, explique Jean-Luc Blain. Cédric Chauvaud avait déjà eu l’idée d’utiliser les filets pour un usage ludique, notamment à l’occasion du Festival du vent de Calvi, en Corse pour lequel il avait conçu une baleine géante en filets, accrochée dans les arbres. Il avait également mis son savoir-faire au service d’autres disciplines, comme pour le Radeau des cimes, une structure gonflable couplée à une montgolfière destinée à l’étude scientifique de la canopée des forêts tropicales ou encore les arts du cirque. “On a donc mis nos compétences bout à bout”, sourit Cédric Chauvaud. Un troisième membre est venu se greffer à l’équipage : François Desnoyer, qui a apporté le crédit financier permettant au projet de voir le jour.
Un nouvel horizon pour les marins
L’espace forestier du Grao, avec ses pins de Californie centenaires, est loué à la municipalité. Au début de l’année 2008, Cédric Chauvaud et Jean-Luc Blain commencent tous deux à défricher le terrain, avant d’engager des Groisillons pour la mise en place des filets dans les arbres. “On a créé onze emplois à Groix, précise Jean-Luc Blain. Notamment en embauchant des marins pêcheurs laissés pour compte par la crise de la pêche.” Parcabout, comme l’explique Cédric Chauvaud, “ce n’est que de la technique marine à tous les niveaux. Tout n’est que bouts.” Contrairement à l’accrobranche, le Parcabout permet aux enfants et aux adultes d’évoluer en totale liberté. Ici, point de parcours prédéfini ni de harnais auxquels s’accrocher. Chacun est totalement libre de ses mouvements. L’équipage envisage ensuite de construire des cabanes dans les arbres. L’idée vient de Cédric qui, un jour, conçoit un nid en branches dans son jardin, en imitant la mésange. Il élabore ensuite des nids en bois et en toile pour le Parcabout, les “Nid’îles”. Il utilise encore une technique maritime pour qu’ils soient totalement étanches, grâce à de la toile en taud de marine doublé. C’est ainsi que le Parcabout se pare d’une dizaine de nids suspendus entre six et huit mètres de hauteur, auxquels on accède par des filets de trampoline tendus entre les pins depuis le sol. Chaque nid peut accueillir deux personnes ou un couple avec deux petits enfants pour la nuit. Après un réveil en douceur avec les oiseaux, les hôtes peuvent descendre prendre leur petit-déjeuner au bar-restaurant.
L’art cinétique de Cédric Chauvaud
En l’espace de deux ans et demi, l’équipage a créé cinq autres Parcabouts : dans les Ardennes, à Montreuil, en Martinique, dans le parc animalier et botanique de Branféré, dans le Morbihan, où se trouve l’école Nicolas Hulot et à Fontenay-le-Comte. De parc en parc, Cédric Chauvaud évolue librement : tel un sculpteur, il installe ses filets en fonction du lieu, jouant avec les couleurs des bouts, ce qui fait qu’aucun parc n’est semblable à un autre. La création d’un parc nécessite environ deux mois et demi de travail, avec un équipage de six personnes. En conciliant les aspects écologique, économique et social, les créateurs du Parcabout ont su réaliser un parc de loisirs durable et esthétique.
Aurélie Thépaut (article paru dans ArMen n°177)
Contact : Parcabout, www.parcabout.fr
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