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Ajouté le 10 juillet 2010 dans Aktus web, Economie

Finistère, des assurances à la pointe

Créé au XIXe siècle, le Finistère assurance demeure l’une des dernières sociétés régionales indépendantes. Affi chant une bonne santé économique, elle mise sur la proximité et le contact humain pour séduire ses clients, parmi lesquels on compte de nombreux musiciens bretons.

par Erwan Chartier-Le Floc'h

Deux des dirigeants de Finistère assurance, André Berhouc et Vincent Macé, au siège de l’entreprise, à Quimper

En 1874, un groupe de notables cornouaillais fonde une petite mutuelle d’assurance, baptisée le Finistère. On compte parmi les fondateurs des industriels, comme Bolloré, des commerçants ou des propriétaires. Il s’agit d’assurer des biens contre les risques de l’époque : les in-cendies, bien sûr, mais aussi les explosions de gaz ou de machines à vapeur. La compagnie traverse le début du xxe siècle sans dommages, même si la période de la Seconde Guerre mondiale est assez difficile. Elle se déve-loppe pendant les Trente Glorieuses en accompagnant les changements du monde agricole et le développe-ment de l’agroalimentaire.

“Dans les années 1970, nous n’avons pas fait l’erreur d’autres compagnies régionales, qui se sont lancées dans l’assurance-automobile où, pour être rentable, il faut disposer d’un réseau de taille très importante, car les marges sont très faibles”, explique André Berhouc, le directeur du développement. Au contraire, le Finistère assurance a mis à profit cette période pour développer son réseau et sortir de ses frontières départementales. La société a en effet fusionné avec la Morbihannaise et les mutuelles des Côtes-du-Nord. “Aujourd’hui, nous sommes présents sur seize départements, en Bretagne et dans l’ouest de la France, explique Vincent Macé, responsable de l’inspection. Nous disposons d’un réseau d’un millier de courtiers qui distribuent nos produits.”

Trente per-sonnes travaillent au siège situé à Quimper. Point donc ici de buildings à La Défense ou de budget de com-munication mirobolant. “Nous sommes restés fidèles à un certain esprit breton et à la tradition de l’assurance, indique André Berhouc. Notre but n’est pas de faire de la finance, mais de protéger les gens. Nos réserves sont ainsi essentiellement placées en obligations et non en actions. De ce fait, nous n’avons pas souffert de la crise. Nous avons d’ailleurs une marge de solvabilité de 700 %, soit sept fois le niveau légal.” Contrairement aux grands groupes français, les diri-geants de Finistère assurance revendiquent une gestion non pyramidale de la société. La direction demeure ainsi collégiale. Elle est supervisée par un conseil d’administration de douze membres, nommés par l’assemblée générale des sociétaires, qui reste souveraine. Un tel système évite ainsi la mainmise d’actionnaires hostiles. “Nous misons sur la proximité et le rapport au client, note Vincent Macé, responsable de l’inspection. En cas de sinistre, nous nous faisons un devoir de passer le plus rapidement possible chez les victimes. On comprend qu’après une catastrophe, les gens aient besoin d’un soutien rapide pour redémarrer. Notre métier est de protéger, pas de faire du profit à n’importe quel prix.”

La guitare de Dan Ar Braz

Cette proximité avec le client semble payante. Aujourd’hui, le Finistère assure plus de cent vingt-cinq mille habitations particulières, dix-sept mille com-merces et dix mille bateaux de plaisance. “Depuis le début de l’année, nous avons une centaine de nou-veaux clients par jour”, se félicite André Berhouc. Les dirigeants de Finistère assurance revendiquent aussi un fort ancrage breton et appartiennent au réseau Produit en Bretagne. “Cela renforce notre image de proximité et c’est d’ailleurs très bien vu, même dans d’autres régions”, estime Vincent Macé. Les dirigeants de Finistère assurance reconnaissent cependant un défaut de notoriété. Ils n’ont en effet pas investi dans des budgets de communication pha-ramineux ou dans le sponsoring sportif. Ce qui ne les empêche pas de mettre en avant certaines vedettes. Les guitares de Dan Ar Braz sont ainsi assurées chez eux, le musicien quimpérois faisant même partie des délégués des sociétaires. “L’idée de contrats sur mesure pour les instruments de musique est partie d’une discussion avec Dan, au pub le Ceili, se souvient André Berhouc. Nous avons aussi toujours été proches du monde des bagadoù et des festivals ; il était normal que nous leur proposions des assurances spécifiques.” À l’heure où la crise finan-cière fragilise les banques et les grandes compagnies d’assurances, le Finistère affiche un optimisme sans faille, basé sur une gestion rigoureuse, une proximité avec le client et un fort ancrage breton – montrant ainsi que sur le long terme, le local peut être un atout dans la globalisation économique.

2 Commentaires pour “Finistère, des assurances à la pointe”

  1. Ansquer dit :

    bravo le Finistère et aussi Dan Ar Bras...!

    Une cliente, assurée au finistère... et finistérienne, quiqu' "émigrée" à Rennes!!

    Comment faire pour devenir sociétaire?

    Merci,

    Anne Ansquer

  2. Girard dit :

    Peut on assurer cjez vous un voilier de 30ans tout risque ?

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