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Ajouté le 2 juin 2010 dans Aktus web, Art, Langue

Théâtre en breton, un festival de diversité

La Rampe Tio, troupe de théâtre en occitan qui se produira à Quimper pour le festival Teatr brezhonek


L'association C'hoariva, qui fédère les troupes de théâtre en langue bretonne, organise son deuxième festival, en Cornouaille, du 12 au 26 juin. Sa programmation étoffée qui s'adresse aux petits et aux grands reflète l'engouement que suscite aujourd'hui le théâtre en langue bretonne, chez les bretonnants et au-delà.

Le théâtre a toujours eu une importance capitale pour les langues minoritaires. Non seulement pour donner à voir les sociétés, les valeurs ou encore l'imaginaire qui s'y rattachent, mais aussi pour que ces langues restent une source de création, d'interrogation et d'interprétation du monde environnant. Le théâtre montre ce qui n'est plus guère visible aujourd'hui dans bien des cas : une langue utilisée de manière "naturelle" dans tous les domaines de la vie en société, pour rire, pleurer, s'émerveiller ou s'engueuler, par des jeunes et de moins jeunes, faisant appel aux dialectes ou à la langue d'aujourd'hui... bref une langue qui vit et qui vit bien ! C'est pour souligner le lien particulier entre théâtre et langue minoritaire, mais aussi dans un esprit d'ouverture que la tête d'affiche du festival en langue bretonne sera une comédie en langue...occitane ! Interprétée par la compagnie La Rampe Tio, Aristofanada, une pièce en occitan, sur-titrée en français, qui met en scène des textes - on l'aura deviné -  d'Aristophane, traduit du grec ancien directement vers l'occitan, sera en effet jouée sur la scène nationale du théâtre de Cornouaille le mardi 15 juin. Dans ces écrits, le poète comique grec imagine quel serait le visage de la société si les femmes prenaient le pouvoir... La venue de cette compagnie, qui donne une centaine de représentations par an et est une référence  en matière de théâtre en langue minoritaire est en soi un événement. Les connaisseurs attendent avec impatience de découvrir la mise en scène de Claude Alranq, qui est par ailleurs chercheur en "ethno-scénologie". A noter que l'ouverture du théatre en breton à d'autres univers s'était déjà traduit par la présentation d'une pièce de Rainer Müller par une troupe alsacienne, lors de la première édition.

Le programme de la deuxième édition de ce festival qui joue un peu comme vitrine du théâtre en langue bretonne est particulièrement copieux. L'entrée en matière se fera au travers d'un apéritif théâtral - ils le sont souvent ! - au pub Le Ceili, le samedi 12 juin, en compagnie de la troupe trégorroise C'hoari Las. Les 16 et 20 juin, une création réalisée spécialement pour le festival sera proposée par la troupe Strollad Tro-Didro, réunie autour de Yann-Fulub Dupuy et une quizaine d'acteurs. Elle sera donnée sur le parvis de la cathédrale de Quimper ainsi que dans les jardins de l'évêché et abordera  l'histoire de sa construction à travers de multiples anecdotes. Le jeudi 17 sera consacré aux collégiens avec la venue à Pleyben de cent vingt élèves des filières bilingues qui présenteront des extraits de leurs créations, dont certaines sont suivies par des acteurs professionnels. A noter qu'une autre journée, baptisée 'Bugaleaj Kerne", le 25 juin, sera cette fois consacrée aux enfants des écoles primaires Les soirées des  vendredi et samedi 18 et 19 permettront de découvrir les spectacles d'autres troupes, dont certaines sont de création récente, comme C'hoarivari, de Languidic ou le Strollad Ploneis, ainsi qu'une pièce des lycéens de Diwan et du vénérable Strollad Plougin (A Gouesnac'h et Poullan). La clôture du festival se fera avec la dernière pièce de Strollad ar vro bagan, Divroa, qui aborde le thème de l'émigration des Bretons et l'immigration en Bretagne et qui attire selon Bob Simon, figure historique de la troupe léonarde et président de C'hoariva, des publics nouveaux, intéressés par les questions sociales, comme l'aide aux sans-papiers par exemple.

En marge des représentations, deux moments d'échange qui s'annoncent passionnants sont organisés, l'un autour du théâtre en langue minoritaire d'après l'expérience occitane, à Ti ar vro Kemper, partenaire du festival, le 16 juin et l'autre sous forme de symposium entre les troupes de théâtre en breton, le 19 à Poullan. "Il y a bien sûr une volonté de militer pour la langue dans le théâtre en breton, souligne Bob Simon. Il s'agit notamment de donner de l'espace à la langue, de permettre aux bretonnants de se rencontrer, de faire vivre leur langue. Mais notre travail, à travers l'association et le festival consiste également à tirer  le théâtre en breton vers le haut et  promouvoir l'émergence de compagnies professionnelles".

Yann Rivallain

Divroa, par Strollad ar vro bagan sera interprétée le smaedi 26 juin à Chateauneuf-du Faou

Pour obtenir la programmation détaillée, consulter le site : www.teatr-brezhonek.org. Tel. 02 29 62 56 99

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