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Ajouté le 27 mars 2010 dans Aktus web

Du rubgy au charbon

En 2007, à l’occasion de la coupe du monde de rugby qui a eu lieu en partie en France, l’équipe du pays de Galles est logée à Pornichet et prise en charge par la fédération des Pays-de-la-Loire. Le centre de recherche et de diffusion de l’identité bretonne (Credib), animé par Hubert Chemereau saisit l’occasion pour organiser une rencontre avec les responsables de l’équipe galloise et leur souhaiter la bienvenue en Bretagne. Ce dernier rappelle d’ailleurs que Gareth Jenkins, l’entraîneur des “Diable rouges”, a salué les responsables du Sporting nazairien rugby en ces termes : “On est comme chez nous ici, à Saint-Nazaire. Nous nous sentons très soutenus par les Bretons”. Le Credib en profite aussi pour monter une exposition sur l’équipe de rugby de Trignac, dont le destin est lié à celui des forges. Elle offre une occasion rêvée de rappeler que le pays de Galles et Saint-Nazaire ont longtemps eu des liens très étroits, à travers le transport du charbon gallois, utilisé par les forges locales. “La mairie de Trignac, communiste, s’est au départ méfiée de ce projet “breton”, explique Jakez Gaucher. Mais elle s’est rapidement enthousiasmée en découvrant la solidarité ouvrière et la dimension internationale et culturelle du projet.” Elle a d’ailleurs reçu, l’année suivante, l’écrivain Gareth Miles, qui a évoqué les liens unissant les deux pays et particulièrement Trignac, à la grande époque des forges entre 1880 et 1932.

De manière imprévue, cette première exposition a créé une onde de choc dans le monde des jumelages. Le côté sportif est progressivement passé au second plan et plusieurs communes de Bretagne, dont Lannion, se sont rendues compte qu’elles avaient, elles aussi, un riche passé d’échanges maritimes avec le pays de Galles. L’historien Jean-Jacques Monnier rappelle par exemple que “jusque dans les années 1950, l’usine à gaz de Lannion était alimentée avec du welsh coal et que la présence de toits de tuiles dans le Trégor est intimement liée à ces échanges, car beaucoup de ces tuiles arrivaient de Galles”. Des panneaux réalisés par Lannion et Loctudy sur le cabotage, les oignons, le bois de mine sont venus s’ajouter au fil des éléments collectés. Depuis, l’exposition ne cesse de s’étoffer et trouve aujourd’hui une déclinaison au pays de Galles, où elle est présentée, depuis le 1er mars, au musée de Pontyprydd. Les panneaux bilingues anglais-gallois sont accompagnés de résumés en breton et en français. Ce travail collectif a eu aussi des prolongements en Bretagne avec le comité de jumelage Lannion-Caerfilly, qui l’a présentée en février 2009 avec quatre panneaux spécifiques au Trégor. Pour Hubert Chémerau, “une histoire maritime et industrielle entre le pays de Galles et la Bretagne reste à écrire. Avec l’expérience trignacaise, s’ouvre un vaste chantier sur la mémoire du cabotage britto-gallois des années 1850 aux années 1950.” Enthousiasmé par l’exposition, l’ancien journaliste de la bbc Wales, Gwyn Griffiths, sensibilise actuellement le monde de l’audiovisuel gallois pour l’inviter à se pencher sur cette aventure maritime et humaine qui a uni durant près d’un siècle les Bretons et les Gallois à travers la “Route du charbon”.

A lire aussi sur le site d'ArMen, un article sur l'inauguration de cette exposition.

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