Ajouté le 27 mars 2010 dans Aktus web
En 2004, les relations Bretagne-pays de Galles ont été formalisées par un accord de partenariat signé entre la Région Bretagne et l’Assemblée galloise. C’est le troisième accord de ce type signé, après celui qui la lie à la province chinoise du Shandong depuis 1985 et au Land allemand de Saxe, depuis 1995. Il a été suivi d’un autre rapprochement avec la Voïvodie polonaise l’année suivante. Selon Anne-Laure Valory, chef de mission des coopérations européennes et des réseaux à la région Bretagne, “le partenariat avec le pays de Galles est celui qui montre la plus grande vitalité, tant sur le plan institutionnel qu’à travers les échanges de terrain. Cela s’explique notamment par une grande proximité géographique et culturelle.” L’accord signé prévoit une coopération “en matière culturelle et linguistique ainsi que dans les domaines du développement économique, des activités maritimes, de l’éducation et de la formation, de l’agroalimentaire, des technologies de l’information et de la communication.”
La liste des actions de coopération recensées par le conseil régional est particulièrement impressionnante sur le plan scolaire et universitaire. On compte au moins une vingtaine de lycées qui entretiennent des échanges ou montent des projets communs. Outre le Centre de recherche bretonnes et celtiques et les sections de breton des universités de Brest et de Rennes, qui échangent de nombreux élèves et enseignants avec leurs partenaires gallois, une kyrielle d’instituts et d’écoles, comme l’institut d’études politiques de Rennes, les écoles supérieures de commerce de Brest et de Rennes, l’Insa ou encore l’institut de management Europe-Asie de Quimper entretiennent des liens officiels avec le pays de Galles. Environnement (jumelage entre le parc d’Armorique et celui du Pembroke), monde agricole, sport (rubgy, football), nautisme (jeux interceltiques, fêtes maritimes), loisirs, jeunesse, agriculture, affaires sociales : dans tous ces domaines, des associations, collectivités, clubs et autres institutions coopèrent bilatéralement ou dans le cadre de programmes européens. Si l’on prend en compte la langue et la culture, les domaines qui sont, selon Anne-Laure Vallori, les plus dynamiques, la liste des coopérations entre les deux pays est réellement impressionnante. Dans le domaine linguistique, on peut par exemple citer le partenariat entre l’Office de la langue bretonne et le Welsh Language Board (échanges d’expériences, stand breton à l’Eisteddfod, etc.), des échanges sur le théâtre en breton, des voyages d’études pour regarder de près les politiques galloises, mais aussi une multitude de manifestations, concerts, expositions, festivals qui mettent en valeur le pays de Galles.
Si l’on ajoute à ces actions recensées par la région une foison d’autres initiatives, à caractère plus confidentiel, on peut avancer sans trop craindre de se tromper que les relations entre les deux pays dépassent en volume et en nature toutes les autres coopérations internationales bretonnes. Si l’accord a très bien fonctionné dans les domaines cités, par rapport aux ambitions initiales, les résultats sont moins probants en matière de recherche et développement, de coopération économique et d’innovation. “Il est vrai que c’est plus difficile de faire avancer les choses sur ce terrain, reconnaît Anne-Laure Vallori. Les entreprises raisonnent moins en termes territoriaux que les institutions, elles cherchent des opportunités. Si elles les trouvent au pays de Galles, très bien, si c’est ailleurs, c’est ailleurs”.
Yann Rivallain
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