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Ajouté le 24 septembre 2009 dans A suivre, Aktus web, Culture

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Télévision en breton : un peu…partout

Pour démarrer sa quatrième saison, Brezhoweb, la web tv en langue bretonne créée par Lionel Buannic, augmente son offre de programmes et s'offre un nouveau visage. L'arrivée de nouvelles chaînes locales pourrait aussi changer la donne et pousser la région Bretagne à s'engager davantage dans la télévision, conformément à ses engagements pour les régionales de...2004.

brezhoweb

Le nouveau Brezhoweb

"Notre nouveau site est beaucoup plus clair, beaucoup plus proche du ressenti d'une télévision que la précédente version, explique le directeur de Lionel Buannic krouiñ, l'entreprise de communication et de production de programmes en breton qu'il a fondé à Etel. Nous nous sommes aperçus que ce que le public recherchait, ce n'était pas forcément l'interactivité ou les forums mais plutôt un accès clair et simple aux programmes, comme sur une chaîne de télévision classique". A la demande des internautes, la présence de la langue française a également été renforcée. Tout en défendant sans relâche l'idée que la télévision "à l’ancienne", diffusant des programmes en continu était un concept dépassé par l'interactivité et l'individualisation des pratiques, grâce aux progrès d'Internet, l'animateur des webnoz se rapproche de ce que proposent les chaînes dites "traditionnelles" sur le web (diffusion en "streaming" d'une partie des programmes sur Internet pendant un temps limité). On ne trouvera pas ici la possibilité de reprise des vidéos pour les diffuser sur d'autres sites (comme le permettent beaucoup de site de média estampillés web 2.0, ni de possibilités de télécharger ou de podcaster les émissions, comme sur Gwagenn TV. L'interface a cependant été entièrement relookée. Plus fluide, elle fait intervenir le très actuel carrousel de programme, qui  permet de se repérer rès facilement dans la grille de la web tv bretonne.

Avec le soutien de la région, par l'intermédiaire du FALB (Fonds d'Aide à l'expression audiovisuelle en Langue Bretonne, 500 000 euros), Brezhoweb continue donc à creuser son sillon et entend proposer cette année 60 heures de breton sur Internet, que Lionel Buhannic rapproche des 70 heures proposées par France 3– auxquelles il faudrait cependant ajouter An Toal lagad, les  actualités quotidiennes en langue bretonne. Dès le 23 septembre, une nouvelle série décalée sur l'histoire de Bretagne, Saga Brittia, coproduite par l'association Dizale et Lionel Buhannic sera visible sur le nouveau site de Brezhoweb. Ecrite par Etienne Strubel et Aziliz Bourgès, elle aborde l'histoire de l'arrivée des Bretons en Armorique, sur le mode Monthy Python et sera diffusée au rythme d'un épisode tous les quinze jours. Une vingtaine d'acteurs sur une trentaine de personnes ont été sollicités pour réaliser cette série. Soixante épisodes hebdomadaires inédits de la série déjantée Ken Tuch’ seront également proposés aux internautes. A noter qu'un épisode sera diffusé à la fin du mois sur Canal+ ! Autre nouveauté, le lancement d'une émission pour enfants animée par l'artiste Maïon (de Maïon et Wenn) au cours de laquelle seront diffusés des dessins animés doublés par Dizale, comme Black et Mortimer. Côté cinéma, le long-métrage Shortcuts de Robert Altman, doublée en breton par Dizale avec l’aide de la région sera diffusé à la Toussaint. Dizale annonce aussi la diffusion sur le web en janvier du film d’animation Brendan et le secret de Kells. Les Webnoz, ces talk-shows itinérants diffusés en live sur Internet, animés par Lionel Buhannic, entament aussi leur troisième saison avec un premier arrêt à Saint-Herblain le 28 septembre. Avec pour thème, le rapport de la commission Balladur et les perspectives de réunification de la Bretagne.

L'arrivée en 2009 de deux nouvelles chaînes locales de la TNT, Ty TV en Morbihan et Télé Bretagne Ouest sur le Finistère, selon un modèle proche de celui de TV Rennes, est susceptible de changer la donne. Ces chaînes « supra-locales » annoncent déjà leur souhait de se fédérer pour offrir des programmes communs, quitte à demander un soutien financier de la région Bretagne, qui a déjà encouragé ce type de rapprochement dans le domaine des radios en breton. L'arrivée de ces nouveaux acteurs pourrait à la fois créer une émulation pour la production de programmes régionaux - notamment en langue bretonne - qu'entrainer une surenchère pour obtenir des financements et monter des projets tous azimuts sans offre globale cohérente correspondant aux attentes des locuteurs et aux besoins d’une langue en difficulté. On a constaté ces dernières années qu'à chaque fois qu'un nouveau diffuseur a proposé des nouveaux programmes en breton, les autres acteurs ont eu à cœur de renforcer leur propre offre. Le doublage des dessins-animés par Dizale ou la réalisation de fictions assez ambitieuses comme Leurenn BZH a sans aucun doute stimulé France 3 Ouest pour le lancement des nouvelles émissions pour la jeunesse. Dès septembre, la chaîne publique a d'ailleurs présenté le pilote d'une série sur l'histoire de Bretagne, baptisé Red an Istor qui rappelle fortement l'esprit de Saga Brittia, bien qu'elle ne sera pas diffusé avant la rentrée 2010 ! Pour la réaliser, elle fera d'ailleurs appel aux mêmes réalisateurs et scénaristes que ceux de Saga Brittia. A multiplier les projets similaires, le risque est grand de disperser les moyens et les talents qui selon Lionel Buannic font pourtant cruellement défaut : « Dans bien des cas, il est moins difficile de trouver les financements que les professionnels capables de réaliser les projets, en particulier les acteurs bretonnants ».

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Visionnage de l'émission en Breton, Te ha Me, sur le site de France 3 Bretagne

France 3 Bretagne a également fait sa rentrée en langue bretonne avec ses programmes phares tels que le  Red an amzer dominical, qui innove en proposant An deklik, une série de portraits de néo-bretonnants, présentée par Corinne Ar Mero, qui se penche sur les raisons qui les ont poussés à sauter le pas et entrer dans l'univers des locuteurs de breton. On retrouve aussi l'émission musicale de Youenn Chap et Ana Quéré, Son da zont, consacrée chaque samedi à la musique, juste avant les interviews sensibles de jeunes bretonnants, proposées par Goulvena An Henaff dans Te ha me. Les enfants retrouveront aussi la jeune animatrice dans Mouchig Dall chaque mercredi. A noter que les programmes de France 3 sont diffusés sur Internet et qu’il est possible de « podcaster » certaines émissions comme le journal An Taol lagad.

Pour compléter ce tour d'horizon de la rentrée audiovisuelle en langue bretonne, il faudrait connaître les orientations des nouvelles chaînes locales en la matière. Il y a fort à parier qu'elles dépendront moins de choix éditoriaux que de l'existence d'éventuels soutiens publics, pour la production en breton et en français de fictions, d’émissions de jeunesse, de documentaires et tout type de programmes qui ne relèvent pas du "flux".  Face aux difficultés rencontrés par de nombreuses chaînes locales en France, nombreux sont ceux qui doutent de la capacité de ces nouveaux diffuseurs à produire des programmes de qualité sur ces créneaux difficiles. A commencer par les personnels de France 3 et tous les professionnels indépendants qui continuent, malgré les réductions des moyens,  à produire des programmes pour la chaîne de service public. Pas étonnant dans ces conditions qu’à l’approche des prochaines élections régionales, tous les regards se tournent vers la Région Bretagne, dont le site Internet explique après tout que son objectif est toujours de parvenir à la création "d'une vraie télévision bilingue".

Yann Rivallain

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