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Ajouté le 21 juillet 2009 dans Enquêtes

Le colza, une plante indispensable

La fleur de colza.

La fleur de colza.

Si dans le monde, la production de biodiesel peut faire appel à une grande variété de graines oléagineuses (colza, tourne­sol, soja, palmier à huile…), tel n’est pas le cas en Bretagne où, à l’exception de quelques terroirs favorables au tournesol (Loire-Atlantique, sud Morbihan et sud Ille-et-Vilaine), on uti­lise essentiellement du colza, dont la culture est bien adaptée au climat et aux sols. Pratiquement inconnu jusque dans les années 1980, cet oléagineux, dont le jaune étincelant illumine les paysages lors de la floraison en avril-mai, a fait une percée significative depuis trois ans : 41 000 hectares de colza ont été semés en 2008, contre 30 000 en 2005. “Les perspectives de développement des biocarburants, et le souci croissant de l’autonomie énergétique sur les exploitations ont incité davan­tage d’agriculteurs de la région à miser sur cette culture, dont l’intérêt est aussi d’allonger et de diversifier les rotations”, expli­que Jean Raimbault, du Centre technique interprofessionnel des oléagineux métropolitains (Cetiom), à Rennes. Bénéficiant d’un double débouché (huile alimentaire et carburant), les graines de colza intéressent beaucoup les coopératives et négociants régionaux qui cherchent à garantir leur approvisionnement par

la mise en place de contrats auprès des agriculteurs. La mise en route de l’usine de Montoir va en toute logique fortement stimuler l’utilisation de colza régional. Si cette culture n’est pas à proprement parler écologique (elle se fait presque toujours en agriculture convention­nelle avec engrais et pesticides), elle présente néanmoins quelques atouts environnementaux solides. D’aucuns la qualifient de “pompe à nitrates”. Implanté à la fin de l’été, le colza profite des températures douces et de l’humidité de l’automne pour se développer, “piégeant” dans ses raci­nes et son feuillage l’azote présent dans le sol, réduisant d’autant les risques de pollutions par les nitrates. Même si cette production est réputée technique et assez gourmande en temps de travail et qu’il n’est pas souhaitable d’un point de vue agronomique de la faire revenir sur une même par­celle avant quatre, voire cinq ans, elle est néanmoins appe­lée à se développer davantage dans la région, notamment, selon Jean Raimbault, “en raison de l’agrandissement des exploitations d’élevage qui va continuer à libérer des surfa­ces pour les cultures de vente, dont le colza”.

Jean-Martial Poupeau. © Jean-Martial Poupeau. ArMen 2009.

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