Ajouté le 8 juillet 2009 dans Dossiers, Interviews
Comment définir le caractère malouin ?
Contrairement à ce qui est parfois affirmé, je ne pense pas qu’il diffère beaucoup du caractère breton, même si nous avons une dimension maritime peut-être plus développée qu’ailleurs. Nous sommes des gens entreprenants, ouverts sur le large tout en étant fiers d’habiter un pays possédant une forte identité et un riche passé. Nous sommes un peu têtus et nous aimons prendre des initiatives… Ce qui est très breton.
Quels rapports entre Saint-Malo et la Bretagne ?
À Saint-Malo, on se sent pleinement breton et nous participons complètement à l’élan régional. J’en veux pour preuve que le pays de Saint-Malo s’est complètement investi dans le financement de la future ligne à grande vitesse bretonne. Nous allons également être très présents dans le Grenelle de la mer, qui est un enjeu important pour la Bretagne. Depuis une quinzaine d’années, ces liens se renforcent du fait du désenclavement de Saint-Malo. La ville s’est ouverte grâce à la voie express vers Rennes et à l’amélioration de la route vers la Normandie. L’aéroport s’est développé et il va bientôt être géré avec celui de Rennes. L’électrification de la ligne Saint-Malo-Rennes a permis l’arrivée du TGV et l’amélioration des TER. Enfin, alors qu’on nous disait que le tunnel sous la Manche allait faire disparaître les ferries, nous avons décidé le creusement de l’avant-port, afin d’améliorer les voies maritimes qui se sont elles aussi développées.
Quels sont les atouts de Saint-Malo en matière économique ?
Nous sommes la porte nord de la Bretagne pour les relations vers la Normandie, les îles anglos-normandes, la Grande-Bretagne et l’Europe du Nord en général. Nous sommes un territoire possédant un solide tissu de petites et moyennes entreprises. Nous avons aussi quelques grandes entreprises, comme le groupe Rouiller, qui vient de décider d’installer son siège mondial à Saint-Malo. Une “relocalisation” qui s’explique par les racines malouines du groupe, mais aussi par l’image attractive de la Bretagne.
Saint-Malo est attractive, pourtant elle a perdu des habitants au dernier recensement.
En effet, et c’est un phénomène que l’on constate dans d’autres villes côtières, du fait de la pression foncière. Beaucoup de gens s’installent désormais en périphérie. Nous travaillons donc à l’échelle du pays pour mieux organiser ce développement périphérique. En matière de transport, nous étudions ainsi la mise en place d’un réseau commun avec le pays de Dinan.
Vous avez également lancé des programmes d’urbanisme ambitieux.
Dans le cadre du plan de rénovation urbaine, près de deux cents logements du quartier de la découverte vont être reconstruits. Afin de conserver une certaine mixité sociale, sept cents logements sociaux vont être livrés dans les trois ans à Saint-Malo. Par ailleurs, nous avons décidé de développer le quartier de la nouvelle gare. Des logements et des commerces ont été construits. L’objectif est d’en faire un quatrième centre-ville aux côtés de Paramé, de Saint-Servan et de la ville close. Il possédera un premier élément structurant avec la nouvelle médiathèque. Non loin de là, au fond du bassin Duguay-Trouin et face à la ville close, nous allons édifier un grand musée d’ethnologie maritime, consacré à l’histoire et aux traditions de la Rance et du littoral malouin. Nous réfléchissons enfin à la création d’un nouveau transport en site propre, qui relierait rapidement les parkings périphériques, la gare, la médiathèque, ce nouveau musée et la ville close.
Comment voyez-vous l’avenir de Saint-Malo ?
Notre avenir est breton et nous avons de grands sujets à approfondir avec la région, notamment sur la manière de développer la façade maritime tout en préservant ses richesses, sur la façon de dynamiser les réseaux entre les villes bretonnes et entre les ports de la péninsule. Avec d’autres élus, nous partageons l’idée que l’axe Saint-Malo-Rennes qui se prolonge vers Nantes va contribuer à développer la Bretagne dans les prochaines décennies.
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